Les nouveaux signaux lancés, depuis environ deux semaines, par différents secteurs impliqués dans la réalisation des élections en Haïti, portent à croire qu’en dépit de la réticence de certains partis politiques, les préparatifs vont bon train sur le chemin électoral. La multiplication de meetings d’un nombre significatif de candidats à la présidence, un peu partout à travers le pays, et le support d’institutions démocratiques et de gouvernements de pays amis dans l’organisation de ces joutes, rendent l’institution électorale plus confortable dans la mise en place des instruments devant permettre l’organisation de ces élections. Les manifestations de rue organisées depuis la fin du mois d’août et jusqu’au milieu du mois de septembre, sollicitant la démission des membres du CEP et l’annulation des législatives du 9 août, n’ont pas produit les effets escomptés. Un mois avant ces élections, tous les regards sont en train d’être dirigés vers la tenue de ces joutes. L’institution électorale serait-elle capable de montrer sa volonté de corriger toutes les irrégularités enregistrées le 9 août et ensuite de publier les résultats définitifs du premier tour, sans aucun signe de partialité ? Rendra-t-elle publics les cas des membres de l’appareil électoral licenciés pour conduite répréhensible ? Y aura-t-il une meilleure planification des opérations électorales de manière à éviter les contestations des candidats dans les Bureaux électoraux communaux ainsi que dans les Bureaux électoraux départementaux le jour du scrutin ? Si l’octroi des mandats aux représentants des partis politiques avait constitué une faute grave commise par l’institution électorale lors du scrutin du 9 août, la question serait différente pour le 25 octobre. Combien de mandataires pourront prendre place dans un bureau de vote ? Avec 54 candidats à la présidence, il n’y a pas lieu de clouer l’institution électorale au pilori. Il s’agit d’un cas de figure qui mérite de trouver un consensus entre les partis politiques et l’organisme électoral. Les parlementaires de la 49e législature, qui avaient voté la loi sur les partis politiques, donnant la latitude à 20 citoyens de fonder un parti politique, sont les seuls responsables de cette situation catastrophique. Sur le plan sécuritaire, le gouvernement Paul a intérêt à créer les conditions pour le bon déroulement des élections le 25 octobre prochain. Lors des élections du 9 août dernier, la passivité des agents de la Police nationale d’Haïti laissait croire qu’ils avaient reçu l’ordre de ne pas réagir face aux cas de violence perpétrés par la plupart des candidats des deux partis proches du pouvoir. La passation des pouvoirs le 7 février 2016, entre Michel Martelly et le président qui sortira vainqueur de ces élections, est liée à la bonne réalisation des joutes le 25 octobre. Si le scrutin tourne au vinaigre, l’administration Martelly-Paul risque de ne pas pouvoir faciliter la passation des pouvoirs. La sécurité des élections demeure la chasse gardée des agents de la PNH conformément aux instructions reçues de la chaîne de commandement de l’institution.