En dépit des incidents graves qui avaient émaillé les législatives du 9 août dernier, ce dimanche 25 octobre s’ouvrira une nouvelle journée électorale. Les candidats à la présidence, aux législatives et aux mairies sont mobilisés à travers le pays à la recherche des suffrages des électeurs. Le gouvernement, la direction générale de l’unique force publique du pays et l’institution électorale donnent toutes les garanties possibles que cette journée sera une réussite. Contrairement à la journée du 9 août dernier, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) promet son appui à l’occasion de ces joutes. Depuis l’implantation de la mission onusienne en Haïti, en juin 2004, elle est très impliquée dans l’organisation des élections en Haïti. Qu’il s’agisse de la logistique, du contrôle du Centre de tabulation et d’autres opérations électorales, la Minustah joue un rôle prépondérant dans ces joutes en 2006, 2010 et 2011. Avant la publication des résultats du premier tour des législatives et de la présidentielle du 28 novembre 2010, le chef civil de la mission à l’époque, Edmond Mulet, avait clairement dit aux membres du Conseil électoral provisoire lors d’une réunion que la communauté internationale n’était pas prête à accepter Jude Célestin comme président d’Haïti. Le soir de la publication de ces résultats qui proclamaient la victoire de Jude Célestin, l’ambassade américaine, par un communiqué de presse, allait les désapprouver. Washington avait fait payer à Jude Célestin ses griefs contre René Préval durant son deuxième mandat. Fonctionnant sous la dictée de Washington, Edmond Mulet n’a jamais pardonné à Jude Célestin d'avoir décliné un diner-débat en sa résidence, avant la date du premier tour où il devait s’entretenir avec les diplomates occidentaux en poste à Port-au-Prince. En visite à Port-au-Prince en mars 2011, à l’occasion du second tour des élections, Hillary Clinton, secrétaire d’Etat à l’époque, avait jeté son dévolu sur Michel Martelly qui affrontait Mirlande Manigat à la présidentielle. Cette année, Jude Célestin, Moïse Jean-Charles et d’autres candidats à la présidence, en pôle position, se sont déjà entretenus avec les ambassadeurs occidentaux en poste à Port-au-Prince. Les recommandations sous forme de souhait formulées par les diplomates sont prises en considération par les uns et les autres qui veulent briguer la présidence. Avec la présence de la Minustah et en finançant les élections pendant la transition, sous la présidence de René Préval et encore actuellement sous Michel Martelly, les ambassades occidentales n’ont aucune barrière pour décider du sort des élections en Haïti quand la nécessité se fait sentir. Contrairement à 2010, ces diplomates ont évité le va-et-vient au Conseil électoral provisoire ainsi qu’au Centre de tabulation. Cependant, les directives à travers le Pnud qui détient les cordons de la bourse pour l’institution électorale seront toujours monnaie courante. Qui pourra mettre fin à cette honte nationale qui continue à nous avilir à chaque période électorale ? Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com