De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer du Conseil électoral provisoire la formation d’une commission de vérification des procès-verbaux de la présidentielle du 25 octobre dernier. Lors d’une rencontre hier, au siège de l’institution électorale, huit candidats à la présidence ont réitéré leur demande de mise sur pied de cette commission indépendante de vérification des procès-verbaux au Centre de tabulation. Selon toute vraisemblance, la formation d’une commission de ce genre ne devrait pas constituer un handicap, vu que celle-ci devrait permettre aux candidats et à la population d’être mieux informés des accusations de bourrage d’urnes dont on accuse le candidat à la présidence du parti au pouvoir. De la fermeture du scrutin du 25 octobre à aujourd’hui, les organismes de supervision des élections ainsi que les partis politiques de l’opposition ont pu établir les cas de bourrage d’urnes de la façon suivante : les cas des mandataires qui ont voté plusieurs fois, certains bureaux où les votes des mandataires sont supérieurs à ceux des électeurs et certains centres de vote où des agents de la PNH avaient forcé des journalistes et mandataires de partis politiques à vider les lieux au moment du dépouillement.
Si le Conseil électoral provisoire doit donner suite à la demande des partis politiques, il ne peut pas le faire au moment où les organes contentieux de l’institution sont saisis par deux candidats à la présidence qui contestent les résultats de la présidentielle. Maryse Narcisse de Fanmi Lavalas et Vilaire Cluny Duroseau du MEKSEPA ont introduit chacun une action en contestation devant le Bureau du contentieux électoral départemental. Hier, lors d’une conférence de presse, le Parti Fanmi Lavalas a annoncé qu’il va saisir le Bureau du contentieux électoral national (BCEN), s’il n’a pas obtenu gain de cause au BCED. En raison de ces actions, la commission de vérification des procès-verbaux ne peut voir le jour et commencer ses opérations qu’après le verdict du BCEN sur ces deux cas de contestation.
Du début des protestations à aujourd’hui, aucun parti politique n’a contesté les résultats des législatives réalisées également le 25 octobre dernier. Il va sans dire que les accusations de fraudes sont imputées uniquement à la présidentielle. Mis à part quelques candidats à la députation qui ont saisi les BCED, deux candidats au Sénat dans les départements du Sud et du Nord-Ouest ont introduit leur action devant ces organes contentieux du Conseil électoral provisoire. Ce qui laisse croire qu’il n’y avait pas de cas de bourrage d’urnes ni aucune autre irrégularité au niveau des législatives le 25 octobre.
Dans un sens comme dans l’autre, les élections du 21 mai 2000, du 28 novembre 2010, du 9 août et du 25 octobre 2015 font ressortir la nécessité que la boucle des scrutins frauduleux contrôlés par le parti au pouvoir et approuvés par le Conseil électoral provisoire soit enfin bouclée. La société haïtienne ne peut plus continuer à tergiverser tous les cinq ans sur cette question d’élections frauduleuses à répétition.
Quand est-ce que de nouvelles figures prendront les rênes de l’Etat pour mettre fin à ce cycle infernal de mauvaise gouvernance et lancer le pays sur la voie de la modernité ? Et ce sera pour le bien être de la collectivité.
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