Il n’est pas de coutume pour les organisations de défense des droits humains d’utiliser la marche pacifique pour exprimer leur mécontentement. A l’occasion de ce 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme qui coïncide avec le 67e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par les Nations unies, à Paris, les militants de ce secteur vont parcourir plusieurs rues pour dénoncer la violation des droits des Haïtiens. Ils vont sans doute mettre l'accent sur le principe de l’universalité qui sous-entend que les droits de l’homme appartiennent à toutes les races et à tous les peuples et le principe de l’indivisibilité selon lequel les droits humains forment un tout et, par conséquent, sont indissociables, indivisibles, solidaires les uns des autres. Le moment est révolu où l’Occident chrétien, en parlant des droits de l’homme, ne peut plus mettre l’emphase sur les droits civils et politiques en faisant fi des droits économiques et sociaux. L’effondrement du bloc de l’Est a changé bien des choses.
En désignant le siège du Conseil électoral provisoire dans leur itinéraire, les militants des organisations des droits de l’homme veulent, sans aucun doute, attirer l’attention sur le respect du droit de vote, notamment les accusations de fraudes et d’irrégularités dont les élections du 9 août et du 25 octobre derniers ont été entachées. Ce sera un nouveau coup de projecteur sur cette institution qui n’arrive pas depuis une quinzaine d’années à organiser des élections dans des conditions acceptables. Quand les membres de cette institution ne sont pas accusés d’organiser des élections pour le parti au pouvoir, ils sont quand même accusés de partialité et quittent le processus par la petite porte. Quand la discorde ne règne pas en maître au sein du Conseil, c’est la soumission totale par rapport au pouvoir exécutif.
Aucune étude n’a jusqu’à présent déterminé les causes de l’échec de la quasi-totalité des Conseils électoraux qui se sont succédé pendant ces quinze dernières années. Des personnalités connues pour leur probité, leur forte personnalité et leur intégrité ne sont pas parvenues à se démarquer de la corruption électorale, en devenant membres du Conseil. Des décisions, les unes plus incohérentes que les autres, aux yeux des observateurs, des membres de la presse et de la plupart de personnalités indépendantes, sont souvent bien perçues par les membres du Conseil. La mise en place d’un Conseil électoral permanent, tel que prévu par la Constitution, mettra-t-elle fin aux déboires de cette institution ? Un Conseil électoral permanent avec un mandat de dix ans, sous l'oeil vigilant d’un Parlement pourvu d'hommes et de femmes qui assument leurs responsabilités, susceptibles de brandir la mise en accusation de ces conseillers électoraux pour fautes graves commises lors de joutes électorales, mettra-t-il un terme à l’organisation d’élections controversées ?
Le rendez-vous doit être fixé à l’année 2016 qui doit coïncider avec une nouvelle forme de gouvernance pour ce pays qui a tant vécu avec les gouvernements rétrogrades de ces cinquante dernières années.
Lemoine Bonneau
lbonneau@lenouvelliste.com
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