Mise en contexte : Plus d’un quart de siècle après 1986, tout a été dit ou presque, sur ce que nous identifions comme la crise haïtienne : ce pays n’est Pas en crise, il EST une crise. Et devant l’ampleur exceptionnelle de cette situation de désastre national aux multiples répercussions socioéconomiques, sociopolitiques, socioculturelles, sociomorales et/ou spirituelles, il convient absolument de choisir des vérités difficiles mais salvatrices pour la transformation du présent et pour le triomphe de l’avenir.
La très longue prospérité de la langue de bois et du mensonge urbi et orbi, le faire-semblant primant sur toutes les nouvelles modes, l’extrême fécondité de l’industrie du mensonge, le suivisme cher aux colonialistes modernes… nous ont valu d’innombrables déboires dont nous prendrons cinquante ans à guérir.
Editorialiste-écrivain formé autant par des professeurs de sciences sociales de gros calibre que par des apôtres du sens critique (Docteur Hubert de Ronceray, Maître Max Benoît, Maître Joseph Désir et Jean Claude Exulien, entre autres), j’ai cru devoir affirmer haut et fort l’URGENCE DES CHOIX NATIONAUX ET PATRIOTIQUES. Pour que l’AYITI DE TOUJOURS réémerge et triomphe de toutes les indécences et de l’inconscience crasse, les plus lucides et les plus inspirés se doivent de hisser au zénith le drapeau de la fidélité à nos valeurs traditionnelles les plus sûres : le courage éthique, le combat moral, l’héroïsme de 1803.
La misère de la routine, il faut en sortir au plus vite !
Il n’y a pas de pouvoir à prendre
En AYITI, il n’y a pas de pouvoir à prendre: il y a un ETAT à REFONDER, un PEUPLE à EDUQUER, un PAYS à FAIRE PROSPERER. Plus médiatiquement, nous dirions qu’il n’y a pas de pouvoir à voler, mais un pouvoir à mériter (à gagner !), un pouvoir à bien gérer dans l’intérêt commun. Ces paroles résument l’ultime affaire nationale qui devrait devenir bientôt la chose la mieux partagée au sein de la population haïtienne. Vu la situation de déchéance avancée du corps social, ce que nous appelons improprement ‘’les élections’’ représente le pire chemin pour trouver la solution à nos problèmes les plus cruciaux. Il revient donc aux élites conscientes et conséquentes (l’infime minorité non démissionnaire) de faire valoir leur droit à trouver la solution salvatrice nationale, synonyme de pacification, d’ordre public, d’espoir solide, de développement prospère et d’avenir ensoleillé.
La manifestation du courage invincible…
Pour refonder l’État, il faut la manifestation, au plus haut degré, du courage invincible chez nos plus grands hommes de valeur et de moralité ; l’énergie morale transcendante jouera le rôle de catalyseur pour vendre l’essence, l’image, l’esprit des attributs primordiaux de l’Etat. Parce qu’aucune ‘’superstructure’’ de ce genre n’a d’avenir si une promotion tous azimuts n’arrive à en faire partager l’idée avec la majorité de la population. Ensuite, refonder l’Etat va de pair avec la reconstruction, le remembrement moral de la ‘’société’’ dégénérée. Ce qui, réalisé comme cela se doit, signifie la multiplication fulgurante du nombre de citoyens haïtiens, autrement dit, des nationaux bien imbus de leurs droits et de leurs devoirs civiques. En même temps qu’ils travailleront à la prospérité de l’Etat, ils défendront celui-ci comme d’authentiques soldats.
Aucune élection pendant dix ans, deux gouvernements de salut public
Pour que cette refondation soit viable à long terme, il FAUDRA qu’il n’y ait AUCUNE ELECTION PENDANT DIX ANS environ. Deux gouvernements de salut public seront nécessaires : l’ordre public aura été bien rétabli, l’état civil réorganisé, l’administration publique véritablement assainie et débarrassée de la machine infernale de la corruption, les principales Institutions bien drapées dans leurs rôle et pouvoir, les Forces Armées d’Haïti raisonnablement reconstituées et bien ordonnées…, enfin, l’image d’un Etat, ayant recouvré son prestige et son rayonnement, redonnera à notre patrie longtemps trainée dans la boue son rang historique et sa gloire.
Quid, maintenant, du rapport entre la pauvreté et la démocratisation chantée sur tous les tons par tant de faux apôtres ?
Les progrès socioéconomiques d’abord
La presse tout comme la société dite ‘’civile’’, le fantôme de la vraie société civile, se sont jetées tête baissée dans une pseudo démarche que nous appelons ‘’la démocratie en courant’’. Les secteurs vitaux de la nation en veilleuse (entre autres, la jeunesse, la paysannerie, les grands producteurs, la masse ouvrière et les chômeurs) devraient être éduqués, orientés pour devenir conscients que les progrès socio-économiques sont censés précéder ‘’l’éclosion véritable de la démocratie’’. En ce sens, concevoir le plus vite possible une ambitieuse politique de l’emploi et s’ingénier à trouver les moyens d’exploiter les immenses ressources du sous-sol haïtien, se révèlent clairement des priorités à combler à moyen ou à long terme si nous voulons réellement changer le visage hideux d’Ayiti en beauté spectaculaire… d’ici la fin de la prochaine décennie.
Le salut du peuple au-dessus de la Constitution
Dans le même ordre d’idée, il serait tout à fait indiqué qu’une action civique bien comprise enseigne au petit peuple et aux jeunes que les élections et un système démocratique dans un espace infesté de nombreuses misères, sont une farce, une chimère et une tromperie innommable. Et qu’on ne sauve pas un pays défait en dépensant des dizaines de millions de dollars dans des opérations électorales, soi-disant pour renouveler le personnel politique. Enfin, une leçon capitale à inscrire en lettres de feu au tableau de la conscience nationale : « Le salut du peuple au-dessus de la Constitution ! ».
Voilà qui traduit parfaitement la nécessité d’une révolution qui porte très bien son nom ! Les grands sages des cinq régions consacrées du pays profond vous diront tous — et avec la dernière certitude —que dans ce contexte sociopolitique d’extrême dégénérescence, il n’y a pas de place du tout pour des hésitations. Pour la terre haïtienne et la République désespérément malade, nous n’avons qu’un seul choix : un remède totalement révolutionnaire, celui de la vérité, de la puissance de la volonté et de la conscience pleinement imbue de notre devoir national.
Magister Jean Claude D. CHERY
Mi-décembre 2015
Bibliothèque Socrate-Firmin
Jccherysambo9@gmail.com
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