La démocratie étymologiquement, ce terme venu du grec comme la plupart des notions qui gouvernent notre passage culturel et idéologique, signifie gouvernement ou gouvernement du peuple. La démocratie, notion politique, régime chez les Grecs : En quoi la démocratie est-elle toujours à conquérir, en tous temps et en tous lieux ? C’est vers la terre grecque qu’il faut se tourner, pour mieux répondre à cette question. La démocratie, en effet, naît en Grèce, foyer d’une liberté inédite. Le pouvoir à Athènes émane du peuple, car l’assemblée ou Ecclésia s’affirme, se forme et se consolide, tout particulièrement avec Périclès, un état de démocratie directe, c’est-à-dire à la fin du XVIe siècle et durant la seconde moitié du siècle suivant que le pouvoir démocratique étend le statut de Citoyen à tous les habitants nés athéniens et leur assure l’égalité devant la loi et l’accès à la magistrature, la souveraineté est bel et bien exercée par le peuple. Le terme démocratie, démos : peuple, kratos : puissance. D’une manière générale, la démocratie se forme dès le départ, sur une base limitée, tous ne participent pas à son fonctionnement. C’est en ce sens qu’elle relève d’une appropriation permanente, sans cesse réitérée, d’une action destinée à maîtriser et dépasser ses imperfections. La démocratie antique ne prendra une forme accomplie que lorsque les membres répudiés du groupe seront réintègrés dans la communauté politique. Long travail de culture et de marche en avant historique, éthique et politique. Cette démocratie n’est-elle pas le plus parfait régime ? En quoi cet exemple peut-il nous montrer que la démocratie est toujours à conquérir, en tous temps et en tous lieux ? Les citoyens ne décident-ils pas du destin de leur communauté ? En quoi la démocratie est-elle une conquête ?que nous montre l’exemple d’Athènes, cette cité démocratique ? que la démocratie en son aurore, n’est pas une donnée, mais une conquête, qu’elle relève ses manques et ses imperfections. Non, le régime du peuple n’est pas celui de tout le peuple, mais la démocratie peut s’inverser en tyrannie, si remarquable qu’elle soit, elle n’est jamais une chose donnée, mais une conquête, une idée morale à perfectionner. Ne faut-il pas garantir à tous l’accès à la citoyenneté ? La démocratie n’est pas. Elle se fait et se conquiert progressivement. Comme nous le montre l’exemple de la démocratie moderne, elle désigne un acte, non point une institution figée. La démocratie moderne, conquête s’originant dans les fondements fragiles. La démocratie moderne, distincte de cette démocratie antique, se fonde en partie sur les acquis de la révolution française, Rousseau nous fournit les principes, avec du contrat social qui a mis en relief la nature du pacte démocratique. Qu’est-ce qu’un état légitime ? Aux yeux de Rousseau, celui qui exprime la volonté générale et trouve en elle sa légitimité : Le peuple délègue, en effet, ses pouvoirs à un corps élu. La démocratie représentative donne le pouvoir aux représentants. Ainsi, la démocratie antique est directe et limitée, la démocratie moderne est à la fois illimitée et indirecte. Par voie de conséquence, la démocratie n’est jamais une donnée mais une conquête, n’est jamais un fait, mais une volonté, n’est jamais une réalité, mais une création contre tous les dangers et tous les périls. La démocratie économique, conquête pour la garantie des droits sociaux. En quoi, enfin, la démocratie désigne-t-elle une conquête permanente tout particulièrement dans nos sociétés ? A côté de la démocratie politique, il existe une démocratie économique, sociale destinée à apporter à tous les droits sociaux, tel le droit au travail. Or cette idée d’un processus d’égalisation des chances d’accès à des biens ou liberté à des positions économiques au sein d’une société donnée. L’État providence est un devoir et la démocratie un impératif catégorique. Dans une acception sociologique, la démocratie haïtienne s’inscrit dans une perspective globalisante et totalisante. Cela implique donc nécessairement qu’elle soit révélée autorégulatrice et paradoxale. La mise en perspective dualiste entre les notions fins et moyens constituent le pivot autour duquel se greffe le fondement du pouvoir démocratique haïtien. La démocratie n’est jamais une donnée, mais une volonté et une conquête. Enfin, la démocratie est par essence une conquête, non point une situation, mais un choix éthique, non point un fait. C’est un combat permanent. La démocratie est un pari éthique, difficile à gagner, elle est par nature toujours en défaut ou en crise. D’une manière générale, il n’existe pas de démocratie effective sans un choix moral, mais aussi sans un travail collectif de construction d’idéaux capables de mobiliser les volontés.