En s’adressant par lettre aux représentants de quatre institutions de la société civile, leur demandant de désigner de nouveaux membres au sein du Conseil électoral provisoire, afin de combler la vacance créée par la démission de quatre anciens conseillers, le président Michel Martelly croit pouvoir jouer un nouveau rôle dans cette conjoncture marquée par l’incertitude au niveau de la gestion du pays au-delà du 7 février prochain. Après la débâcle du Conseil électoral provisoire renvoyant à une date ultérieure les élections du 24 janvier dernier, il est peu probable que les secteurs qui coordonnent la désignation de leur représentant au sein de l’organisme électoral répondent favorablement à la demande de Martelly. L’appel sans arrêt de la communauté internationale à la poursuite du processus électoral avant le dénouement de la crise née du report du scrutin du 24 janvier pourrait être l’occasion saisie par le président haïtien pour entreprendre cette démarche.
La contestation grandissante des partis politiques et des organisations de base sous forme de manifestation de rue et autres formes de pression est de nature à dissuader Michel Martelly à vouloir jouer un rôle dans la recherche d’une solution consensuelle sur l’après-7 février. Les forces politiques de l’opposition et les deux assemblées législatives sont, quant à présent, les maillons déterminants dans le dénouement de la crise postélectorale. En sa qualité de président en exercice, jusqu’au 7 février prochain, Michel Martelly est encore en fonction et ne doit pas être considéré comme un maillon négligeable. Mais il ne saurait prétendre détenir des leviers au point de solliciter la désignation de nouveaux membres pour relancer le processus électoral. Le blocage de la Chambre des députés par le Sénat peu après les élections réalisées dans les bureaux des deux chambres montre à quel point le groupe majoritaire au Sénat veut écarter toute possibilité pour Michel Martelly d’être partie prenante de la solution à la crise.
Il est certain que l’avenir du processus électoral dépendra du dénouement de la situation politique au 7 février prochain. Les opinions des uns et des autres au sein de la classe politique risquent de compliquer la situation en lieu et place d’un dénouement. La plupart des partis politiques sont favorables à la poursuite du processus avec les deux candidats admis au second tour de la présidentielle et neuf nouveaux membres du Conseil électoral provisoire. Un deuxième groupe est pour la mise sur pied d’une nouvelle commission susceptible de faire la lumière sur le scrutin du 25 octobre 2015. Un troisième groupe privilégie la reprise totale du processus électoral au niveau présidentiel, législatif et municipal. Dans les trois cas de figure, les membres restants de l’organisme électoral devront tirer la révérence. A ce sujet, le secteur privé des affaires n’a pas tardé à réclamer la démission de l’homme par qui le scandale est arrivé. Pierre-Louis Opont ne devait pas attendre qu’on lui demande de donner sa démission. Depuis l’échec du scrutin du 24 janvier dernier, il aurait dû tirer sa révérence.
Les quatre femmes restantes au Conseil vont-elles attendre que le sort d’Opont soit scellé pour rendre le tablier ?
.comSi vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Connectez-vousPas encore de compte ? Inscrivez-vous
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.