A l'invitation de la Chaire Louis-Joseph Janvier sur le Constitutionnalisme en Haïti de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Quisqueya, une conférence-débat sur le thème Constitution et gouvernance a été organisée mardi.
Pendant des heures, un public averti et sélect a écouté puis échangé avec les intervenants, membres de la Chaire, dont l’historien Claude Moïse et les juristes Monferrier Dorval, Bernard Gousse et Léon Saint-Louis.
Selon le carton d’invitation, « Par cette initiative, la Chaire Louis-Joseph-Janvier souhaite (tait) rejoindre les préoccupations de la société haïtienne en lutte depuis si longtemps pour la construction d’un État de droit démocratique, mais aujourd’hui fortement éprouvée par la répétition des crises politiques et institutionnelles et désemparée face à l’absence de réponse juridique claire dans la crise de gouvernance dans laquelle elle se débat. »
On peut dire que le souhait a été exaucé. La conférence-débat a dépassé le niveau des attentes. Comme à chaque invitation de cette chaire. Même si on a eu plus de questions que de réponses.
Les rencontres de ce niveau sont rares et confidentielles en Haïti. Heureusement que Radio Télé Caraïbes et Magik 9 ont pu permettre à leur audience de bénéficier en direct de la conférence. Il nous faut de nombreuses initiatives du genre pour sortir des ornières dans lesquelles le débat politique nous enfonce ces derniers temps.
Il faut, ne le cachons pas, irriguer l’esprit des auditoires de nos médias d’idées nouvelles et d’expériences plus riches que les abominables sires qui ne font que déblatérer pour assiéger les micros à longueur d’heure.
Mais, peut-on cacher le malaise ressenti quand a flotté sur l’assistance la brillante idée d’imposer un niveau de formation pour nos élus. L’introduction d’un cursus obligatoire pour leur permettre de mieux jouer leur rôle ou pour leur ouvrir la porte du droit à la candidature. L’idée de créer un nouveau seuil censitaire, celui de la connaissance, a même été applaudie.
De prime abord, il peut paraître noble de croire que des élus diplômés seraient meilleurs que ceux que nous avons.
Mais personne ne dit diplômés en quoi. Ni jusqu’à quel grade, pour quel poste.
On oublie vite que dans toutes nos législatures que ce sont les plus lettrés et les plus malins qui commettent les bêtises en entraînant les autres, les j’approuve.
Personne n’a non plus fait la remarque que les diplômes ne nous ont jamais épargné des dictateurs, des prévaricateurs et autres mauvais gestionnaires.
Enfin, qui a osé dire que dans la salle, ce mardi pour la conférence-débat, il y avait, dans l’assistance et sur l’estrade, des acteurs de nos pires turpitudes.
Le surréalisme constitutionnel en Haïti vient du fait que personne ne tient à la chère Cons. Chacun voudrait l’accommoder à sa sauce et manger quelques articles au dessert.
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