(Raphaël N. Jean-François) De 1986 à nos jours, nous avons beaucoup parlé comme peuple, mais nous avons erré dans le bavardage national parce que tout le monde parle et personne n'écoute. Nous sommes passés de la dictature à la débandade démocratique sans avoir essayé de comprendre notre identité de peuple, sans avoir cherché à comprendre quel système politique nous conviendrait le mieux compte tenu de nos mœurs et coutumes, et comment nous doter de ce système-là. Comme toujours, nous étions tous prêts à nous défaire de la dictature sans avoir en main la solution alternative appropriée. Tout au long de notre histoire ancienne et récente nous avons toujours été contre sans réellement été pour. Plus d'un me dirait que j'exagère et que la vie nationale est pleine d'exemples d'unité, mais à eux je dirais ce qui suit: 1. Nous avions été contre l'esclavagisme et nous nous étions entendus pour combattre les colons d'hier sans pour autant nous entendre pour la rupture du système colonialiste; l'union des Noirs et des mulâtres, peut-on argumenter, visait beaucoup plus la libération des Noirs et non leur émancipation totale. 2. Il y avait un tacite accord de lutter contre la dictature des Duvalier mais nous n'avions pas une unité pour bâtir l'après Duvalier. Nous étions contre les néo-dictateurs de la période 1991-2004, mais il n'y avait pas une entente pour le remplacement des présidents déchus de Cédras à Aristide. 3. Et plus récemment, nous étions, en grand nombre, contre les excès du régime «Tèt kale» sans pouvoir offrir une alternative de consensus pour gérer l'après Martelly. Durant cette longue transition démocratique, trois décennies qui auraient dû nous servir de période de renaissance nationale, nous avons pataugé dans la crasse et l'inertie. Si je suis enclin à donner une passe à nos ancêtres pou n'avoir pas su gérer l'après-indépendance, je ne suis pas certain de vouloir le faire pour mes contemporains parce que nous avons trop de gens avisés, trop d'acteurs capables de prendre la barque nationale en charge. Notre inertie est ce qui nous a valu la débâcle nationale à tel point que nous continuons de n'être plus maîtres de notre destin, une prérogative que nous avions officiellement et complètement perdue avec la première occupation. Les crises électorales de 1987 à nos jours, les crises politiques qui s'en suivent, la crise structurelle (de 1804 à nos jours), et, aujourd'hui, la crise sociétale dont nous parlons tous, elles sont toutes la résultante de nos inactions et d'une carence de leadership au niveau national. La nation ne pouvant pas se conduire elle-même à destination, il nous faut conclure que la destination voulue ou souhaitée ainsi que la meilleure route à prendre doivent venir d'un leader ou d'un groupe de leaders; quelqu'un ou des gens ayant les atouts, les qualifications, et le credo nécessaires pour rallier la nation. Rosalyn Carter, ancienne première dame des Etats-Unis d'Amérique, eut à dire que «un leader conduit les gens là où ils veulent se rendre, mais un grand leader conduit les gens là où ils ne veulent pas nécessairement s'y rendre, mais doivent obligatoirement y aller» («A leader takes people where they want to go. A great leader takes people where they don't necessarily want to go, but ought to go»). Le peuple haïtien dans sa quête de liberté a déjà connu de grands leaders; ce qu'il nous faut aujourd'hui c'est simplement l'émergence d'un vrai leader parce que nous avons déjà une idée de la destination idéale et nous voulons certainement y arriver. Nous voulons être une nation politiquement indépendante et autonome, économiquement suffisante, et socialement juste et équitable. Pour y arriver nous avons besoin de gens capables de nous aider dans la mise en place d'un système efficace et capables de se hisser à la hauteur pour diriger nos choix. Le choix d'un système politique haïtien A l'aube et au lendemain du 7 février 1986, les idéaux du peuple haïtien ont été clairement exprimés au cri de Vive Haïti libérée! Nous voulions d'une nation libre et démocratique! Les constituants de 1987, dans un souci d'enterrer les derniers vestiges de la dictature duvaliériste, nous ont doté d'une Constitution qui, à mon avis, n'était pas conforme à nos mœurs et coutumes. A défaut d'une autre alternative, le peuple dans sa grande majorité (moi inclus) avait voté pour l'adoption de cette Charte qui, aujourd'hui bien que amendée, continue d'être la source de nombreuses incohérences. A ce stade de notre vie de peuple, devons-nous continuer à vivre sous l'égide d'une Constitution qui soit la réplique de la Charte française? Ne devons-nous pas nous doter d'une Constitution qui soit mieux adaptée à notre réalité d'Haïtiens? Le système d'un exécutif bicéphale nous convient-il? Le régime semi-parlementaire est-il idéal? Nombreuses sont les interrogations en ce qui a trait à notre système politique actuel. Je n'ai pas la prétention d'avoir les réponses, je ne fais que susciter le débat afin que nous soyons tous conscients qu'il nous faut une Constitution toute haïtienne. Celle que nous avons maintenant et le mode de gouvernance qu'elle nous dicte, au niveau de l'exécutif, ne nous conviennent pas trop. Les querelles politiques que nous connaissons à chaque élection pour le contrôle du Parlement, ou le non-contrôle du Parlement afin que le président puisse exercer sa dominance sur les parlementaires et sur le gouvernement, sont directement liées au poste de Premier ministre. La Constitution de 1987 et celle de 1987 amendée renferment toutes deux un paradoxe qui aurait dû nous étonner. Le Premier ministre doit sortir au sein du parti politique majoritaire au parlement, et ce même Premier ministre d'un autre parti (si c'en est le cas) doit exécuter le programme politique du président. Soyons sérieux! «La Constitution de 1987 est un élément fondamental dans la crise de gouvernance de l'Etat. Le choix du Premier ministre crée toujours une situation de tension dans le pays» (Monferrier Dorval, Le Premier ministre haïtien: un souffre-douleur entre les mains du président de la République et du Parlement, Le Nouvelliste, 23 mars 2016). Si, toutes choses étant égales, le président a pu trouver la confiance du peuple afin d'être élu en fonction de son programme politique, comment expliquer qu'il ne soit pas celui directement chargé de l' exécution de ce programme? Et si le peuple a décidé de nous donner un parlement à tendance différente du président, comment demander au Premier ministre, issu du camp adverse, d'appliquer le programme politique d'un autre parti? Il faut nous défaire de ce système politique incohérent et truffé de contradictions nocives pour la vie nationale! Un retour au régime présidentiel soumis au contrôle effectif des deux chambres du parlement, avec le Sénat jouant le rôle d'approbateur de certains postes ministériels clés, ne nous suffirait-il pas? Je sais que nombre de voix s'élèveront pour défendre la Charte de 1987 sous prétexte que nous ne l'avions pas suivie à la lettre, ni chercher à l'appliquer. A vous je dirai que je ne suis pas seul dans mon assertion de la constitution de 1987. Je vous invite à lire le texte du professeur Claude Moise, « Constitution et Gouvernance (1987-2016): Un bilan désastreux », publié au Nouvelliste du 22 Mars 2016. Le professeur a conclu son texte en disant « En tout cas pour nous qui mettons en question la viabilité de la Charte de 1987, notre combat pour une réforme constitutionnelle n'a de sens que dans la mesure où il est lié à un combat pour un changement de société » (Claude Moïse, 2016). A ce point, je prends la liberté d'interpeller le professeur Moïse, Madame Myrlande Manigat et ses anciens collègues de l'Assemblée constituante de 1987 afin qu'ils reviennent à la case départ. Elle, surtout, doit pouvoir nous offrir le leadership nécessaire et nous aider à répondre à ces nombreuses questions ainsi qu'à bien d'autres: Où allons-nous? Comment y arriver? Nous avons besoin d'une Constitution qui soit le « poto mitan » du changement de notre système politique, administratif et judiciaire. Une Constitution non décalquée que nous nous engagerons à ne pas amender pendant les 50 premières années, et que nous considérerons à amender qu'après un débat serein sur l'urgence et la nécessité de le faire et sur la recommandation d'une cour constitutionnelle ou de la Cour de cassation, à défaut de la première. Le choix d'un système économique haïtien Dans un antécédent article, «Quand La Nation Nous Interpelle», publié par Le Nouvelliste le 26 Décembre 2013, j'ai eu à citer Vastey, secrétaire de Henri Christophe qui eut à dire: «Une nation doit être capable de suppléer elle-même à tous ses besoins principaux. Si elle dépend pour sa subsistance de marchés étrangers, elle n'a plus dans ses mains le contrôle de son indépendance». Mes chers concitoyens, la prophétie de Vastey s'est bien accomplie. Nous avions déjà tendu le contrôle de notre indépendance à nos petits et grands voisins. Comment allons nous le reprendre? Allons-nous continuer avec le commerce anémique du bord de mer? Devons-nous aller vers l'industrie? La sous-traitance est-elle la solution comme on semble encore le croire avec la construction du parc industriel de Caracol? L'agro-industrie est-elle la meilleure formule? L'agriculture tout simplement est-elle encore viable? La politique économique en application dans le pays depuis 1986 et ses effets, tels que la libéralisation à outrance des tarifs douaniers, la dévaluation de la monnaie nationale, le désengagement de l’État dans les entreprises de production, et l'importation non contrôlée ne sont pas des solutions appropriées à la taille de notre économie. S'agit-il de notre incapacité à bénéficier des bienfaits d'une telle politique? Ou bien le système, tel que appliqué, ne nous convient pas? Nous ne pouvons pas nous éloigner, certes, du système capitaliste occidental, mais pouvons-nous nous rapprocher du système capitaliste qui a fait le bonheur de la Chine Populaire, des autres pays asiatiques comme l'Inde, et de l’Asie du Sud-Est comme la Malaisie? Au moment où Cuba s'ouvre à l'Occident et ses capitaux, pouvons-nous nous permettre de leur tourner le dos? Ce qu'il nous faut dans ce domaine c'est une politique économique et financière, une vision économique nationale devant nous dicter les paramètres d'un rehaussement de l'économie nationale sans restrictions idéologiques aucunes. A ce point, j'interpelle certains de mes anciens professeurs à l'INAGHEI: Claude Vixamar, Kesner (Roro) Pharel, Yves Romain Bastien, des économistes de gauche comme Camille Chalmers. Messieurs, la nation vous saurait tous reconnaissante si vous nous montreriez le chemin à emprunter! J'interpelle également les héritiers du capital colonial, ceux du capital oriental, et ceux des mercantilistes européens qui occupaient toute l'activité économique de jadis, tous ceux qui se disent de «l'élite» économique du pays. Mesdames et Messieurs, vous avez un rôle primordial à jouer; vous devriez, en tant qu' Haïtiens d'aujourd'hui, vous engager dans l'élaboration de la formule économique haïtienne. Le choix d'un système éducatif haïtien «Tant vaut l'école, tant vaut la nation!» Un simple coup d’œil sur le dépérissement de la nation nous dit tout sur l'état de l'école haïtienne et confirme la véracité de ce dicton. Considérant qu'en plein XXIe siècle nous avons encore des centaines de milliers de nos petits compatriotes qui reçoivent le pain de l'instruction dans des conditions exécrables, à l'instar des écoliers de l’École Nationale Catherine Flon de Labissainthe, petit village de la section communale de Sanyago dans la commune de Saint-Raphaël (département du Nord), qui, tout âge confondus, de la maternelle à la 6e année, sont obligés de s'entasser comme des sardines sous une tente ou à l'ombre d'un arbuste, nous n'aurions pas dû nous interroger sur les causes de la disparition de la citoyenneté et du civisme en Haïti. Nous ne formons plus des hommes pour ce pays! L'école ne peut pas être assimilée aux meubles et immobiliers scolaires, mais il faut toutefois admettre leur importance dans la création d'un environnement propice à l'instruction. Les citoyens qu'il nous faut pour bâtir notre nation doivent être fournis par l'école haïtienne. Nous sommes l'un des rares pays qui continuent à enseigner nos progénitures dans une langue non maternelle. Nou pale kreyòl, nou panse an kreyòl, men nou kontinye fè lekòl an fransè, nou kontinye fè biznis an fransè, nou pale fransè nan biwo Leta ak labank, tout dokiman nou an fransè. Kilè nap koupe fache ak lang sa pou nou adopte lang manman nou? Avec seulement 1% de notre budget national alloué à l'éducation, la rupture n'est pas pour bientôt. Et dans ce cas, nous continuerons à avoir deux nations dans la nation (Hérold Jean-Francois, Haiti, autrement, 2012). L'intégration de tous les haïtiens dans la vie nationale n'est pas possible quand nous continuons à exiger que nos employés sachent s'exprimer en français pour obtenir un emploi. Ce cas est encore plus paradoxal quand il s'agit d'un emploi dans le secteur public haïtien. A quand l'enseignement du français comme langue étrangère à côté de l'anglais et de l'espagnol? Ce jour arrivera quand nous aurions décidé d'être haïtiens. A un moment où l'Université est en pleine crise, je me demande s'il faut interpeller les universitaires ou s'il faut s’adresser aux membres de l'académie créole au secours du secteur éducatif. Quelle école et quelle université? Quel type de formation et pour quel pays? Comment la prodiguer? Suis-je fou de pouvoir penser à un enseignement 100% (manuels et langue d'enseignement) en créole en Haïti? Que doit être notre politique scolaire et notre vision de l'éducation? Je pourrais continuer à énumérer d'autres choix tout aussi importants que ceux que je vienne de citer, mais je vais m'arrêter sur ces trois-là. Nan peyizanri an nou itilize twa wòch dife pou nou monte chodyè, m rete kwè ke nou ka kòmanse monte chodyè peyi a sou twa chwa sa yo. Pour arriver à la transformation de la nation, nous devons rétablir notre identité de peuple et réconcilier la nation avec elle-même. Cette réconciliation passera par la reconnaissance de notre religion populaire tout comme nous enchérissons la musique nationale, la valorisation de notre langue maternelle tout comme nous choyons le griot et le «Jovenel peze». Mais comme en Haïti la politique obstrue tout, nous devons commencer par nous doter d'un système politique propre à nos valeurs, us et coutumes. La crise électorale de 2015-2016, dans toute sa laideur, nous offre une opportunité qu'il ne faut absolument pas rater bien que les premiers signaux qui nous viennent de la classe politique et du Parlement ne sont pas rassurants. Aujourd'hui, en plus des défis d'ordre économique et social, la nation fait face à un plus grand défi, yon malè pandye! Suite à l'avortement souhaité du deuxième tour des élections de 2015 et l'incapacité de nos femmes et hommes politiques à offrir à la nation une solution de sortie de crise, nous avons assisté à ce que je n'aurais jamais pensé pouvoir être témoin dans l'Haïti du XXIe siècle: Une élection présidentielle au second degré. Nous l'avons eue et nous avons aussi hérité d'un accord inédit, l'accord du 6 février 2016, qui aurait dû servir de plan de sortie de crise. Nous avons aussi assisté aux tergiversations de certains sénateurs et députés mal élus, des parlementaires bruyants qui, dans l'enceinte d'un Parlement rempli de bandits de grand chemin et d'autres mal élus, se jettent en croix sur la route d'un Premier ministre nommé paske kasav yo pat gen aran sou li. Que faut-il faire pour changer les donnes politiques? Faut-il passer l'éponge et tout oublier? Ou, faut-il prendre les taureaux par les cornes et renvoyer tout le monde, président et parlementaires? En ma qualité de simple citoyen observant, je ne peux m'enorgueillir d'avoir une réponse exacte. Mais si les Dominicains, après des années de luttes internes et une crise électorale qui aurait pu être fatale à leur patrie, ont su comment se ressaisir pour mettre en place un système propice à la pacification politique de leur pays, et du même coup propulser cette nation sur la voie du développement, pourquoi pas nous autres Haïtiens? Sommes-nous si incapables du dépassement de soi? Sommes-nous si bornés au point de ne pas pouvoir prendre l'initiative nous-mêmes? Allons-nous attendre que l'internationale vienne nous dicter la solution à coups de bottes? A ce point, j'interpelle le professeur Sauveur Pierre Etienne, Madame Myrlande Manigat encore, mon ami Junot Félix. Vous n'avez pas le choix! Si vous avez la capacité d'être leader, il faut que vous preniez les rênes de ce leadership dont nous, le peuple et le reste de la classe politique, avons tant besoin à ce niveau. J'interpelle également les chefs de file de la société civile et religieuse ainsi que les patrons de presse (Lilianne Pierre-Paul, Marvel Dandin, Yves-Marie Charnel, Venel Remarais, Hérold Jean-Francois, Léopold Berlanger) pour accompagner nos femmes et hommes politiques, leur forcer la main afin qu'ils s'asseyent ensemble pour discuter et ratifier un plan de sauvetage national. An nou sispann mete bandaj twal blan sou maleng, se trete pou nou trete maleng lan ak vitriyòl! Nous arriverons là où nos leaders (tous secteurs confondus) sont capables de nous emmener. Il nous faut un pacte de bonne gouvernance entre les différents secteurs politiques, un accord basé sur des politiques publiques bien agencées, telle que la politique de l'eau, de l'énergie, de l'éducation, de la relance économique, de justice sociale, des transports; la politique agricole, commerciale et industrielle, la politique de santé publique et communautaire...tout cela englobé dans un accord que les partis politiques s'engagent à appliquer tour à tour à leur arrivée au pouvoir (Député Jerry Tardieu, « Invité du Jour », Radio Vision 2000, 24 mars 2016). Les stratégies et tactiques d'application de nos politiques publiques peuvent être différentes tout autant que nous restons dans le cadre formel discuté et adopté. Ainsi, la bataille pour l'accaparement et le contrôle du pouvoir pourra se faire sur une base de vision collective en lieu et place des déchirements claniques. Le secteur privé peut se mettre utile pour assister le secteur public en forgeant des partenariats public-privé, nouvelle façon de faire dans la gouvernance des choses publiques. L’État faible que nous avons aujourd'hui a besoin d'une béquille, le forum du secteur privé haïtien peut en fournir plusieurs et offrir le leadership nécessaire. La construction des écoles, des hôpitaux, des centres commerciaux et de marché publics, des routes, des barrages d'irrigation et électrique, des mutuelles de crédit et d'assurance, tout le sang qu'il faut transfuser à l'administration publique peuvent se faire dans un cadre de partenariat où l’État bénéficiera du capital et des expertises du secteur privé, et celui-ci bénéficiera en retour des passations de contrats faites de manière juste et équitable sans pots-de-vin ni «kout ba». Le secteur privé pourra aussi jouir des prérogatives de rentabiliser son investissement sur de longues années de baille en administrant profitablement les nouveaux centres ou ouvrages. Il nous faut rêver d'une « Haïti autrement » (Hérold Jean-Francois, 2012) pour croire dans la « Nouvelle Haïti » prônée par Valéry Numa et Taylor Rigaud, pour ne citer que ces deux. Pour une fois nous devons nous unir pour et non contre quelque chose. Si nous laissons nos bagages dans les «closets» nous arriverons certainement à continuer l'idéal de nos pères fondateurs et donner à chaque citoyen l'opportunité de réaliser son rêve personnel de se bien loger, bien nourrir, bien s'éduquer pour servir la patrie, et réaliser en même temps le rêve haïtien ki se viv lib egal ego nan fòs tèt ansanm.