Notre cher pays, la perle des Antilles autrefois, est devenu depuis plusieurs décennies ce dont on aurait plus jamais rêvé : la proie des vautours. Nous sommes devenus la risée de tous les pays de la planète. Dès qu’on dit Haïti seulement, à quelque endroit que se trouve la personne, il y a quelque chose qui retient l’attention : « LE PAYS LE PLUS PAUVRE », malgré ses multiples millionnaires, ses richesses souterraines non exploitées, c’est quand même le pays le plus sale de la région, pourtant les matériels de tous calibres donnés en don par des pays étrangers ont été vendus, au lieu d’être utiles au pays. L’insécurité est programmée : tantôt le ton monte, tantôt il baisse avec le seul objectif de faire peur aux gens de bien et de laisser le pays aux vautours assoiffés et affamés du sang, de la chair et des biens des fils et filles de la nation. C’est une belle jeune fille vierge convoitée par des jeunes gens venus de tous les horizons en raison du fait qu’elle n’a pas de parents pour la surveiller et prendre soin d’elle. Pourtant, ses parents sont là mais ils s’en foutent. Comment expliquer qu’un petit pays de 27 000 km² ait pu avoir, lors des dernières élections, 54 candidats à la présidence ? La réponse est simple, c’est le pays où règne l’impunité sur toute la ligne ; la justice est bafouée et vendue aux plus offrants, les barons de la drogue, les kidnappeurs, les dilapidateurs des caisses de l’État sont libres de tout marquage et même lorsqu’il y a une démonstration d’invitation, de convocation, ou d’arrestation, ou bien le dossier est classé sans suite ou bien le dossier est porté disparu ou bien sous l’influence politique la personne est libérée avec cette fameuse mention : « Ale pa peche ankò »; tantôt c’est l’insuffisance de preuves, tantôt c'est le corps du délit qui tout simplement a disparu . Vu le manque d'éducation civique et d'engagement citoyen de nombre de nos frères et sœurs haïtiens, ils votent sans conviction et 250 gourdes suffisent pour un vote. À un autre niveau, ce sont les chefs de gangs qui font la loi. Plus d’argent et plus d’armes à feu sont les moyens dont un candidat a besoin pour accéder au pouvoir, mais pas le meilleur programme politique. En Haïti, les hommes d’État sont libres d'accomlir leurs forfaits parce qu’ils se croient au-dessus de la loi et c’est toujours le cas. Quand la justice demande des comptes, on assimile cela aux persécutions politiques; quel pays, quelle nation ? Il y a toujours un seul discours chez tous les nouveaux chefs d’État : « Les caisses de l’État sont vides », pourtant l’on continue à percevoir des taxes sur les contribuables et, dans un laps de temps, ils deviennent plus riches que les riches des pays riches, ils entourent le cadavre pour le dévorer sans même laisser la peau aux pauvres et ceci à tous les niveaux de l’État. Aujourd’hui, c’est le constat, le charognard est sous le contrôle des vautours et les vautours sont de toutes les nationalités, de toutes les couleurs et de toutes les tendances confondues. Le Blanc dicte des ordres parce qu’en Haïti, l’homme qu’il faut n’est jamais à la place qu’il faut, on laisse le soin à des médecins de construire des maisons et à des ingénieurs de soigner les malades, et l’étranger tire profit de notre incompétence. Mais quel est le poids de l’international dans tout cela ? Depuis le départ des Duvalier, l’on s’attendait à un lendemain meilleur, à l’établissement d’un régime démocratique en compagnie de l’international que l’on croit être un bon partenaire. Ce partenaire pèse très lourd dans la balance politique haïtienne si l’on se souvient des élections de 2010 et de celles de 2015. Quelle catastrophe ? Quelle démocratie ? Encore une fois, une leçon à apprendre par cœur : « c’est que le pays devient plus pauvre avec plus de nouveaux riches, des richesses mal acquises». Quel mal avons-nous fait ? Nous avons essayé avec l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, cela n'a pas marché. Nous avons essayé avec son frère jumeau, René Préval, le résultat fut le même pour le peuple qui était fou de ces hommes, rien pour le peuple et tout pour eux, car ils sont tous deux richissismes. Il faut aussi souligner que le changement a été prôné haut et fort par le fameux candidat « TÊT KALE », Michel Joseph Martelly. Savez-vous que ce régime nous a laissé la dette la plus élevée et qu'il faudra des générations pour le remboursement ? Savez-vous que nos hommes d’État sont les plus corrompus de la région ? Regardez leur entrée au pouvoir et comment ils en sont sortis. Non seulement ils coûtent extrêmement cher au pays, mais la corruption gangrène à tous les niveaux l’appareil d’État. À l’instar des autres pays, je pense qu’il faut faire le procès de ces corrompus en vue de mettre en garde les hommes et femmes qui auront tenté d'accaparer le pouvoir de cette République. Des amateurs, affairistes se sont succédé au pouvoir de la même manière : KRAZE-BRIZE–PIYE, des naïfs qui ne savaient rien de la gestion de la cité. À chaque changement de pouvoir, est créée une nouvelle classe d’hommes et de femmes riches. Pauvre peuple haïtien la proie des vautours. Les vautours sont partout et dans tous les pouvoirs. On appelle souvent ce peuple à manifester en vue de changer de pouvoir mais jamais dans ses intérêts. Ce que le peuple a récolté après tant de batailles pour changer les pouvoirs en Haïti, c’est « la misère, le chômage, le black-out, etc ». Toutes les institutions sont banalisées, les corrupteurs et la corruption institutionnalisée font la une. L’éducation qui est le moteur du développement d’un pays est au plus bas niveau de la région malgré tant de programmes, malgré tant de discours de la plupart des responsables, un discours pour le public, une réalité pour les chefs. L’université à travers un pays c’est l’espoir d’un lendemain meilleur ? Savez-vous qu’elle aussi est très malade ? Elle fonctionne à l’instar du pays. Le Conseil de l’Université n’arrive même pas à organiser de bonnes élections pour renouveler ses dirigeants. À un autre niveau, les universitaires font de la grève à longueur de journée au lieu d’être en salle de classe pour se former, alors qu’ils sont nos futurs dirigeants. Si l’on a pu constater une telle défaillance au niveau universitaire, point n’est besoin de parler de l’éducation fondamentale et secondaire. C’est le pire, à tout point de vue. Une situation qui prouve que le pays est en voie de disparition. En plein jour, c’est la prostitution juvénile et partout sur les places publiques et même dans les salles de classe, les chefs aussi à tous les niveaux participent à cette prostitution en abusant et harcelant les jeunes soit pour un poste ou pour une miette. Quelle honte ? En tout cas, c’est la grande mode chez nous. Autrefois, l’on pouvait compter sur l’église qui était une institution morale et hautement prestigieuse. Aujourd’hui, c’est le contraire, car elle se rend coupable de tout ce qu’on reprochait à la société, elle fonctionne aussi à l’image du pays. Toutefois, une nouvelle classe d’hommes et de femmes, n’ayant pas connu la corruption, ayant été formée à l’extérieur avec le reste de la société dotée d’une certaine virginité politique, pourrait aider dans les années à venir le peuple à sortir du bourbier dans lequel il se trouve. Il faut nécessairement changer ce système. En guise de conclusion, une nouvelle classe d’hommes et de femmes intègres, crédibles et honnêtes animée d'une vision avec un projet de société pourrait assurer le relais afin de sortir le pays du bourbier dans lequel il se trouve. Il faut non seulement changer ce système, mais aussi nous aider à changer notre mentalité si vraiment l’on veut retrouver notre fierté d’autrefois. Haïti était la terre de rêve pour certains, mais aujourd’hui elle est l’enfer pour ses filles et ses fils, car les vautours ont dévoré la chair et enterré les os pour que rien ne reste à ses enfants. L’avenir est dans les nuages mais il faut quand même espérer un lendemain meilleur, car il y a un Dieu qui sait prendre la défense des malheureux. Que Dieu bénisse notre chère patrie, notre chère Haïti !