Pierre Jacques CHÉRY Le 19 juin 2016 ramène le 151e anniversaire de la proclamation de la fin de l’esclavage aux États-Unis. Suite à la publication par le président américain Abraham Lincoln de l’acte d’abolition de l’esclavage, « The Emancipation Act », en vertu du décret présidentiel émis le 22 septembre 1862, la libération générale des esclaves devait prendre effet le 1er janvier 1863, en commémoration du 59ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Haïti, le 1er janvier 1804. Cette décision historique ne plut pas aux propriétaires d’esclaves qui provoquèrent la guerre civile, appelée « guerre de sécession. Le président Abraham Lincoln assisté de ses vaillantes troupes combattit ceux qui voulaient diviser la nation américaine et gagna la guerre sauvant ainsi l’union américaine. Malgré sa victoire militaire, le président Lincoln fut, par la suite, lâchement assassiné et sa disparition porta un grand coup à la cause de la liberté des esclaves. Le processus d’émancipation prit du retard et semblait menacé d’arrêt, jusqu’à la date historique spéciale du 19 juin 1865. L’évènement clé et déterminant eut lieu dans la ville de Galveston au Texas et allait lancer la longue marche du peuple noir américain vers la reconnaissance intégrale de ses droits fondamentaux, tant civils et politiques. 143 ans plus tard, le 28 janvier de l'année de grâce 2008, l’ex-président américain George W. Bush, dans une proclamation officielle, consacrait le mois de février 2008, comme «National African American History Month ». Il rendait ainsi hommage à l'éminente et évidente participation des Noirs américains à la construction d'une « Amérique plus forte, plus proche de l'idéal des pères fondateurs, de leurs promesses d'égalité » et aussi de la « grande vérité que tous les enfants de Dieu sont créés et naissent égaux » en droit. Il disait « célébrer les divers contributions et apports des Noirs à la nation et rappeler leur courage dans le combat pour changer les cœurs et les esprits de nos concitoyens, tout en renversant les barrières des préjugés de couleur ». Beaucoup de progrès et d'avancées ont été accomplis, mais, disait le président Bush, « nous devons continuer à travailler ensemble pour réaliser la promesse et la vision de notre grande nation ». C’était plus d’un siècle depuis qu’en date du 19 Juin 1865, au Texas, État d'origine du président Bush, il fut décrété et proclamé que tous les esclaves étaient libres et égaux en droit. En vertu de l' « Acte d' Émancipation » de septembre 1862, du président Abraham Lincoln, publié et effectif depuis le 1er Janvier 1863, l’esclavage était aboli sur tout le territoire de l’union. Mais, dans la réalité, bien des propriétaires d’esclaves continuaient d’exploiter honteusement leurs sœurs et frères de couleur. Il a fallu l’intervention décisive du général Gordon Granger et de sa troupe de 2,000 soldats pour porter les récalcitrants à respecter et appliquer l’ « ordre exécutif fédéral #3 » de libérer les esclaves tout en leur reconnaissant les mêmes droits que les anciens maîtres. La date du 19 Juin devint, depuis lors au Texas, le « JUNETEENTH », et les célébrations officielles de ce jour, appelé aussi « Freedom Day » « Liberty Day » ou « Emancipation Day », commencèrent dès l'année suivante, à travers les États-Unis. En 2016, Juneteenth est à sa 151ème journée de commémoration des 153 années d’abolition générale de l’esclavage aux Etats-Unis. Juneteenth est reconnu comme « state holiday » ou jour de réflexion dans la majorité des États américains, mais n’est pas encore classée fête fédérale, bien que le district of Columbia où se trouve la capitale Washington observe la date. Aujourd’hui, « Juneteenth » est une fête officielle au Texas et dans 44 autres Etats américains tels que l'Arkansas, New York, le Connecticut, l'Alaska, la Californie. Le « Liberty Day » s'étend aussi à la Floride et est reconnu par l’État du Massachusetts, d’où est originaire Mr Peter Mulrean, actuel ambassadeur américain en Haïti. Premier État américain à avoir aboli l’esclavage, 7 ans après l’indépendance de 1776, le Massachusetts, État d’origine du Président John Fitzgerald Kennedy, des sénateurs Robert et Edward Kennedy, ainsi que du Secrétaire d’État John Kerry, a travaillé dur pour arriver à faire que Juneteenth soit proclamé jour férié fédéral, par l’administration du président Barack Obama, qui d’ailleurs avait prêté serment sur la Bible du président Abraham Lincoln, libérateur des esclaves et connu comme étant le « Sauveur de la nation ». Avec une proclamation fédérale de Washington, cette fête de la liberté et des droits humains serait ainsi observée et honorée par tous les États américains incluant Hawaï, l’État d’origine de l’actuel premier président noir américain, mais qui, à date, ne célèbre pas encore le très historique et symbolique « Freedom Day » Les festivités liées au 19 juin, à ce jour, incluent : parades, foires, camping, concours, jeux d'esprit, parties de baseball, basket-ball, de football et d’autres sports. Des repas copieux et bien arrosés sont servis, en plein air, en groupe, dans des « barbecue parties », avec distribution de gâteaux richement décorés et colorés, de tartes, crêpes, de crème glacée et la présence remarquée de grosses tranches de melon et du « big red soda » boisson populaire dans cette fête. En cette année 2016, le Juneteenth sera célébré avec une nouvelle avancée, une victoire du peuple américain, dans sa quête constante de liberté, de fraternité, de justice, d'égalité et d'équité. Il s’agit de la présence à la maison blanche d’un président afro-américain, le tout premier de l’histoire de la première puissance du monde. Soixante-huit ans après la « Déclaration universelle des droits de l'Homme », de l’ONU, cinquante deux ans après le passage du « Civil Right Act » de 1964, puis du « Voting Right Act » de 1965 qui confirmaient et renforçaient les droits des Noirs américains dans des domaines-clés de la vie tels que le droit à la liberté et au vote, les deux mandats du président Obama, confirment que la société américaine a fait siens les mots de la méga star Michael Jackson, à savoir que « la valeur d'un être humain ne saurait être indexée, uniquement, en fonction de la couleur de sa peau ». La présence récente, à la tête de la diplomatie américaine de la Secrétaire d'État Condolezza Rice, après le passage au même poste du général inter-armes Colin Powell, montre à quel point des améliorations significatives et positives ont été réalisées dans l'Amérique d’Angela Davis qui visitait Haïti, ce mois-ci. Le pays de Martin Luther King, de Rosa Parks, de Carter G. Woodson, de Frederick Douglass, de Web B. Dubois, de Nat King Cole, de Billie Holiday, d'Arthur Ashe, d'Alvin Ailey, de Katherine Dunham et du « greatest » Muhammad Ali, avance vers une « proclamation présidentielle » généralisant l’ « observance » nationale de Juneteenth, en hommage à l’abolition de l’esclavage aux USA. En 2008, « Juneteenth », du 19 juin, précédait de peu la fin des primaires démocrates du 27 Juin. Déjà, dans les colonnes du prestigieux quotidien « Le Nouvelliste », nous prédisions la victoire du Sénateur Obama tant aux primaires de juillet qu’ aux élections présidentielles de novembre qui, à notre avis allaient, nous citons, « ouvrir les portes du White House au sénateur Barack Obama, le prochain président américain, si le scrutin souverain du peuple américain, le 4 novembre 2008, se révèle être un « Fair White House –Yes Open Vote, qui le consacre comme président élu », fin de citation . Lors, trois candidats étaient en lice, sénateur Clinton the female one, sénateur Mc. Caïn, the white one and sénateur Obama, the black one. Pour nous, le meilleur, the best one (b.o), ne pouvait être que Barack Obama (B.O.) qui, selon toute évidence, représentait le candidat béni « the blessed one » (b.o.) à qui le peuple américain allait souverainement confier les destinées de son pays. Juneteenth 2008 annonçait, en quelque sorte, la victoire nationale du premier président noir américain. Qui sait si, dans un proche avenir, cette grande fête n'accédera pas au statut mérité de « National Observed Holiday ». En attendant que cette étape soit franchie, nous saluons ce grand événement, cette fête de la justice pour tous, de l’unité, de l’équité, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Du fond du cœur, en ce dimanche 19 juin du « Fathers Day », nous souhaitons « Bonne Fête » à tous les pères ainsi qu’un vibrant et solennel « HAPPY JUNETEENTH » à tout le peuple américain, à la communauté américaine d'Haïti, ainsi qu’à l’ambassadeur Peter F. Mulrean. HAPPY JUNETEENTH 2016. Bonne Fête America! Pierre Jacques Chéry - Jacqueschery@reveiled.net -