Une enquête conduite par le Forum économique mondial sur le capital humain, publiée cette semaine, place Cuba au 36e rang sur 130 pays. En se basant sur la formation et l’emploi, le rapport a mis l’emphase sur cinq groupes d’âge de la population pour chaque pays. Parmi les pays de la région, Haïti 111e mondial, dispose d’un capital humain plus élevé au sein des nouvelles générations. Selon le rapport, ce capital humain de notre pays souffre d’un double déficit de formation et d’emploi. En conséquence, notre pays occupe la dernière place dans la région. Si la qualité de l’éducation primaire, secondaire, universitaire et professionnelle a été jugée au- dessus de la moyenne, elle n’est pas suffisante pour permettre à notre pays de s’attaquer aux aspects fondamentaux pour surmonter ces obstacles. Ce rapport est publié cette semaine au moment où les députés et les sénateurs, qui devraient statuer sur la fin du mandat du président Privert, sont à couteaux tirés sur le partage des postes au niveau de l’Etat. Alors que ce rapport devrait être un sujet de préoccupation pour le gouvernement et le Parlement, notamment à travers les ministères de l’Education nationale, de l’Economie et des Finances ainsi que les commissions Education et Finances des deux chambres, il n’en est pas ainsi. Les députés et les sénateurs ne vont pas perdre leur temps sur un rapport de ce genre, vu que le moment est aux négociations entre les blocs politiques pour obtenir des postes dans les ministères régaliens. Le spectacle que les parlementaires ont offert mardi dernier pendant plusieurs heures, ne devrait étonner personne. Il s’agit de la répétition de la mauvaise gouvernance du pays à travers le pouvoir législatif. La perception haïtienne de la mauvaise gouvernance a toujours été dirigée sur le pouvoir exécutif. Avec le constat de ces différentes législatures qui se sont succédé pendant ces vingt-cinq dernières années, on ne peut guère attribuer la mauvaise gouvernance uniquement au pouvoir exécutif. Depuis une vingtaine d’années, dans tous les rapports conduits par des firmes internationales pour établir le niveau de développement des peuples, notre pays est le plus mauvais élève de la région. Que ce soit en matière de santé, d’éducation, d’environnement, d’emploi, de création de richesses ou d’indice de corruption, toutes les études placent Haïti dans une position humiliante. Tenant compte des progrès accomplis par beaucoup de pays dans la zone pour atteindre un niveau de vie appréciable, considérant que notre pays est le seul PMA de l’Amérique, il est opportun de tirer la sonnette d’alarme à l'occasion des prochaines compétitions électorales sur le profil de ce candidat qui sortira des urnes. Les pratiques de la mauvaise gouvernance des administrations précédentes seront-elles bannies ? Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com