Pour le futur président, les sénateurs et les députés qui auront à siéger bientôt, la campagne électorale est ouverte. Pour 45 jours. Jusqu’au 7 octobre. Le 9 octobre, tous les candidats seront devant la sanction des électeurs si le Conseil électoral conduit à bon port le processus électoral.
Les candidats ont lancé la machine ce mardi sans grand enthousiasme. Une conférence de presse par-ci, une nouvelle affiche par-là, une déclaration dans les médias ou une réunion entre proches, tels ont été les points forts de ce premier jour de campagne.
Surprise de la journée, le Sénat s’est réuni. Avec un quorum conséquent. Dix-neuf sénateurs ont répondu présent à l’ouverture de la séance. Un ordre du jour long comme un jour sans pain et une résolution votée à l’unanimité pour condamner l’augmentation du prix de l’essence ont marqué ce moment rare de la vie démocratique de notre République.
Entre spéculations et sondages commandités, les boules puantes contre certains candidats continuent d’exploser ou d’être désamorcées.
Le rapport Latortue, du nom du sénateur qui a conduit l’enquête pour débusquer les malversations dans les projets financés par les fonds PetroCaribe, n’a pas reçu l’aval du Sénat.
Il faudra approfondir les recherches et présenter de nouvelles évidences par-devant les sénateurs. Il n’en demeure pas moins que certains resteront marqués par les suspicions soulevées par cette version du rapport Latortue.
Un rapport inattendu de l’Unité de lutte contre la corruption (UCREF) est tombé dans l’actualité ce mardi. La conclusion du texte recommande des poursuites contre Jovenel Moïse directement pour des faits qui remontent à la période d’avant sa vie d’homme politique. A l’abri, en vertu du décret régissant la campagne électorale, Jovenel Moïse n’a pas à s’inquiéter des suites que recommande l’UCREF, mais les questions se bousculent.
La copie d’un mandat d’amener décerné contre le candidat au Sénat pour la Grand’Anse, Guy Philippe, a fait son apparition sur les réseaux sociaux comme par enchantement le jour de l’ouverture de la campagne. L’affaire, qui requiert la présence de l’ex-militaire et de l'ancien commissaire de la Police nationale d’Haïti devant un juge, concerne l’attaque d’un poste de police aux Cayes.
Comme Jovenel Moïse ou les candidats cités dans le rapport au destin inachevé de Latortue, Guy Philippe a pour lui le décret électoral et la période de campagne ouverte ce mardi. Les juges attendront.
Ces trois cas sont-ils des épisodes isolés ou le signe que la campagne électorale qui s’ouvre sera plus animée qu’on ne le croit ou plus animée qu’on ne le craint...?
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