Le rapatriement d’Haïtiens en situation irrégulière en République dominicaine se poursuit. Avec moins d’effet médiatique. En silence. Le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) fait état de 48 088 personnes expédiées en Haïti entre janvier et août de cette année. Que sont-elles devenues ? On ne détient pas de réponses précises. Certains de ces expulsés ont probablement retrouvé leurs parents, leurs proches ou des familles d’accueil pour affronter non sans punch le quotidien d’Haïti ; d’autres se préparent à partir à nouveau, se trouver une nouvelle terre d’accueil. Pourquoi pas ? Car la philosophie pour beaucoup est ‘’partir à tout prix’’.
Une longue file a été remarquée vendredi devant le consulat du Surinam à Delmas. Ils sont de tout âge et visent un même objectif: vivre une vie meilleure. A défaut d’atteindre le Chili, le Brésil ou encore les Etats-Unis, ces Haïtiens convoitent ce pays de l’Amérique du Sud qui, selon le Jamaica Observer, a rendu obligatoire le visa pour les Haïtiens depuis le 26 août dernier. Une façon de diminuer le flux de migrants.
L’année 2016 aurait pu être baptisée l’année de la migration tant ce phénomène a explosé. Les causes sont multiples. Les Syriens fuient pour échapper aux bombes qui détruisent des villes de leur pays. Les Soudanais partent pour fuir la guerre civile. Entre autres. Dans l’un ou l’autre cas, les causes des départs sont les conséquences de la mauvaise gouvernance.
Ici, à chaque administration, on rate l’occasion de poser les vrais problèmes en versant plutôt dans le populisme. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment avons-nous atteint cette défaillance des structures de l’Etat ? Parce que les dirigeants ont fui leurs responsabilités. Parce que les dirigés n’ont pas non plus rempli leurs devoirs.
Avec une inflation galopante et une carence d’infrastructures, de services et d’équipements, la situation actuelle (ces dernières décennies) pouvait-elle être autrement ? Comme le disent les spécialistes, il n’y a pas adéquation entre croissance démographique et croissance économique.
A force de passer du temps à s’occuper du conjoncturel au lieu du structurel, l’on s’embourbe dans des labyrinthes. Et on mettra des décennies à s’en sortir. A côté de la migration incontrôlée, la décote de la gourde est une bombe à retardement.
De 2012 à nos jours, le Brésil a accueilli 90 000 migrants haïtiens. On ne saurait coller ce problème de la migration à l’administration Privert-Jean-Charles. On ne peut pas non plus omettre le laxisme de certains membres du gouvernement dans la gestion de ce dossier. Des ministres, fuyant constamment la presse, ne sont jamais au courant de rien. Mais ils ne cessent de rappeler leur rôle : organiser des élections.
Combien de fois les décisions ont-elles été prises en tenant compte réellement de la taille de la population ? Combien de fois nous sommes-nous fixé des objectifs bien précis sur le long terme en prenant des mesures concrètes pour les atteindre ? On gère les urgences au quotidien. Ou rien du tout. Les plus braves (ceux qui le peuvent) partent. A tout prix.
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