Muscadin Jean-Yves Jason, VMM
Directeur général de COTEMOH
Directeur exécutif de l’Association Citoyens Sans Frontières (CSF)
Chef du projet Observatoire de la Décentralisation et de la Gestion des Risques et Désastres en Haïti (ODGRDH)
Consultant de
Aux victimes de Matthew,
Aux inévitables héritiers de Matthew,
Aux innocents commentant Matthew,
Aux hypocrites intervenants post Matthew,
Les informations nous parvenant sur les dégâts causés par l’ouragan F4 dénommé Matthew sont graves, voire catastrophiques. Deux départements ou trois d’Haïti détruits globalement ou partiellement selon l’angle où l’on se trouve ou se place. Des centaines de morts, des milliers de victimes directs et indirects dans leurs chairs et biens dans tout le pays à des degrés divers. Je ne trouve plus mes mots pour affronter ces maux. Je compatis, suis triste, énervé, agis, tente d’attirer l’attention sur l’essentiel mais personne ne m’écoute: parce qu’il y a urgence à secourir les victimes, à se faire du fric, à se faire voir aidant des sinistrés et à gagner un électorat désespéré. Vive l’humanitarisme ! Je suis Haïti et l’Haïtien-maire de Port-au-Prince qui a vécu un pareil désastre le 12 janvier 2010, à l’occasion du tremblement de terre qui ravagea la capitale de mon pays à 75%.
Qu’est-ce qui a changé 6 ans plus tard ?
- Un gouvernement provisoire plus pro-actif, puisque le Centre d’opération d’urgence national (COUN), dirigé par le président de la République assisté du ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales et d’autres ministres, mais aussi de la directrice de la protection civile et compagnie (techniciens, communauté internationale), s’activait à nous fournir des chiffres dans le cadre d’un prépositionnement pour parer aux désastres.
- Une envie de rassurer que tout est sous contrôle malgré la « petite et timide aide » de l’international dans l’attente d’une hypothétique déclaration de l’état d’urgence, comme au bon vieux temps.
- Un besoin de solidarité citoyenne.
Rien que ça, diraient les éternels contestataires !
Quel cadre ?
- Un non-pays en pleine crise de vision de prise en charge de ses « habitants » et de sa participation dans le village planétaire.
- Le choix de la gestion de risques au lieu de la prévention des risques.
- Un peuple souffrant et hagard qui fait semblant de décider parce qu’il y aura des élections somme toute hypothétiques.
- Une communauté internationale attendant patiemment son heure pour rebondir soit par ses ambassades et consulats, soit par sa cohorte d’ONG, soit par ses bailleurs ou encore ses faiseurs d’opinions.
- Des collectivités locales et territoriales non opérationnelles visiblement évitées.
- L’absence remarquée de la Fédération nationales des maires.
- Un credo national : « On attend toujours d’être en difficulté pour re-agir. »
On dirait que le temps a suspendu son vol.
Que penser ?
En 2010, on était sous-informé, voire sous-éduqués MAIS en 2016, on était avertis (dans le vrai sens du terme) ! Six ans plus tard, les décideurs (président, ministres, sénateurs, députés, maires et autres élus locaux, structures de la société civile, medias, citoyens, individus) sont à pleurer les morts et disparus et aussi à afficher des photos plus poignantes que d’autres comme si rien ne dépendaient d’eux. L’éternelle rengaine balise notre choix de ne pas être à la hauteur et de rester à notre hauteur. Les réseaux sociaux et les émissions « lignes ouvertes », comme toujours, serviront de déversoir à notre mal-être, à nos biles contre les politicards, à nos propositions farfelues et correctes. Les collecteurs d’idées et de positions seront servis.
En 2010, que demandions-nous ? De l’aide !
En 2016, que demandons-nous ? De l’aide !
En 2010 et 2016 ? Qu’y avait-il/y a t-il à faire ? Assurer en tant qu’État!
Qui aide qui lors de ce genre de tragédie ?
En 2010, il y avait une course effrénée d’humanitaristes pour être devant les medias diplômant ceux qui sont là.
Mais qui aidait vraiment ? Pourquoi ?
En 2016, nos humanitaristes locaux semblent vouloir devancer les internationaux parce que l’état d’urgence n’a pas été déclaré. Chiche ! On se tourne vers les candidats qui n’attendaient que cela mais jouant au Ponce Pilate en clamant haut et fort : « Cette démarche n’est pas électorale ! »
Comment distinguer le bon grain de l’ivraie ? Est-ce important dans ce contexte puisque les secours sont importants ? « Ti wòch ap goute grès » comme en 2010. La grosse machine combinée s’organise et arrive. Sera-ce un financement de 20 milliards de dollars cette fois-ci, passant par un couloir occulte ou une aide pour sauver la face ou les élections que le statu quo appelle de tous ses vœux ? Cette assistance, dans le cas où elle prendrait forme, nous aidera t-elle à être enfin « granmoun » ? L’adolescent de 16 ans veut être accepté comme un adulte et s’active à le prouver tout en gaffant la plupart du temps. Nos tuteurs se frottent les mains.
Hier, on disait qu’il fallait mettre en veilleuse nos intérêts mesquins. Aujourd’hui, on invite tout le monde dans le cadre de ce désastre national humain et des biens à mettre de côté toute tentative de s’approprier la couverture. À en rire ! Que nous arrive-t-il ? Avons-nous décidé que nos sommes et serons toujours de mauvais acteurs ? Quels moyens dégager pour ne plus avoir à solliciter la communauté des bailleurs qui s’attend toujours à un retour sur investissement?
Que faire ?
Les catastrophes (Bhopal, Tchernobyl, World Trade Center, Katrina, Haïti, Fukushima…) et leur lot de tragédies ne cessent de se multiplier et avec elles les travaux qui, en sciences humaines et sociales, s’efforcent de comprendre ce qui peut faire sens dans leur répétition (Florent Guénard et Philippe Simay). Mais tout le monde s’accorde sur le fait que le combat pour rendre les villes résilientes est incontournable. J’ajouterais la nuance dite de leur anticipation et de la maîtrise de leurs effets. Les grandes questions de notre rapport à l’avenir et de notre capacité à prévoir en Haïti sont à questionner et à dépasser.
Dans un entretien sur les catastrophes, Sandrine Revet défend une approche ethnographique des catastrophes afin de comprendre, au-delà du strict bilan, les effets d’un désastre sur les politiques publiques, mais aussi et surtout sur les comportements et croyances des populations. Dans cet entretien, elle s’interroge sur le renouveau actuel des Disaster Studies et montre comment celles-ci se sont structurées depuis la Deuxième Guerre mondiale. En tant que reçu ès-sciences anthropologique et sociologique de la Faculté d’Ethnologie (Haïti), je m’y suis senti à mon aise parce que, moi aussi, je préconisais « l’effort de se démarquer du statut de notion « fourre-tout » pour caractériser le séisme du 12 janvier 2010 et celui de mettre en lumière sa portée heuristique ». Pour preuve, le papier de Jacques Attali relatif au tremblement de terre qui détruisit une partie d’Haïti intitulé « Ephémère éternité ». Lisons. « Comme souvent, un évènement naturel peut servir de métaphore à un phénomène social. Et, pour décrire et comprendre les crises, rien de mieux que la métaphore du tremblement de terre. Mais, puisque rien n’a été fait ou appliqué 6 ans plus tard, il faudra aller plus loin. Parce qu’avant cette catastrophe provoquée par Matthew, on a observé de l’insouciance face aux risques et un refus de prendre au sérieux les prévisions alarmistes ; on a constaté aussi un flou dans les « interventions », lesquelles sont plus médiatiques qu’autres choses; on observe d’innombrables palabres, prolongeant le chaos initial ; on assiste encore à une gestion chaotique des secours, et enfin, on s’attend à un oubli quasi immédiat, une fois l’ordre revenu, des raisons profondes du désastre.
La métaphore va plus loin encore, parce que les désastres ont un impact économique. Non seulement parce qu’ils détruisent tout, qu’ils appellent à reconstruire, et fournissent des occasions de dépenses publiques, si nécessaires, selon Keynes, à la reprise de la croissance ; mais surtout parce que vivre dans une zone à risques est un appel constant au neuf, au changement, à l’invention. Cela conduit à l’émergence d’une culture de la vigilance, du précaire, du léger, du nomade, de l’éphémère ; à une acceptation de la modernité, condition du progrès.
Pas étonnant si, parmi les zones les plus créatives de l’humanité, on trouve au premier rang des zones sismiquement très actives : la Grèce, l’Italie, la Flandre, la Californie, le Japon, ont tous, chacun à leur tour, vécu la menace du tremblement de terre comme une incitation au changement, comme un appel à ce que les Grecs nommaient « la tyrannie du neuf ». Et Haïti a su, mieux que nul autre au monde, faire preuve de la seule créativité qui lui était financièrement accessible, la créativité culturelle ; celle qui permet de tout relativiser, dans une constante recherche du dépassement et du beau.
Il serait sage de tirer cette leçon de la tragédie d’aujourd’hui que j’ai nommé Matthew16*. La richesse de l’humanité vient de sa capacité à imaginer les changements et à les vivre aux mieux ; et pour cela à admettre que ne peuvent survivre que ceux qui sont capables de donner du sens à la destruction du passé ; et à comprendre que la richesse vient toujours de la « destruction créatrice » dont parlait l’un des plus grands économistes du XXe siècle, Joseph Schumpeter, bien plus clairvoyant que John Maynard Keynes .
Au moins, que cette épouvantable tragédie serve à cela. Et que l’on construise Haïti (qui oserait parler de « reconstruire » quand il s’agit de la plupart des cas de taudis ?). Pour que les Haïtiens puissent enfin faire de leur art non plus un refuge dans leur misère mais un moyen de vivre dignement leur éblouissante contribution à l’Histoire.» Remarques d’un élève de Milton Friedman qui affirmait en 1982 que : «Seule une crise – réelle ou supposée – peut produire des changements. Lorsqu’elle se produit, les mesures à prendre dépendent des idées en vigueur dans le contexte. Telle est, me semble-t-il, notre véritable fonction : trouver des solutions de rechange aux politiques existantes et les entretenir jusqu’à ce que le politiquement impossible devienne politiquement inévitable ».
Pour revenir à Attali. Les enjeux épistémologiques, méthodologiques et politiques que soulève son texte sus-cité nous permettent de faire le pont entre le percept (le vécu, l’émotion, le factuel) et le concept (le pensé, l’idée, le potentiel) [Gaëlle Clavandier]. Pour me justifier, je me réfère encore à Revet : « Étudier une catastrophe telle que nous l’avons définie implique de quitter cette posture experte et de procéder en partie par analogie. Il convient alors de poser la catastrophe comme point de départ et d’ancrage, tout en considérant qu’elle n’est pas réductible à un événement localisé et daté, encore moins le fait d’une conjonction de phénomènes empiriques qui seraient totalement déconnectés d’une interprétation. Construit social élaboré par différents publics selon des temporalités qui se superposent, la catastrophe détient une part fictionnelle signifiante (2007).
Il est indispensable de s’atteler à sauver des vies humaines et les biens qui peuvent l’être. Les propositions postséisme 2010 sont encore sur la table, laquelle n’a pas été « emportée » par l’ouragan. À noter que si elles ont été jetées aux oubliettes parce que nous avons un mauvais rapport avec notre mémoire, elles peuvent être récupérées parce qu’actuelles.
La fin des années 1990 a mis en évidence nos errements en matière de prévention des catastrophes par les dégâts causés dans nos villes et campagnes par les cyclones, ondes tropicales, tempêtes, glissements de terrain, inondations et crises politiques – le début des années 2000 avec le tremblement de terre du 12 janvier 2010 et l’Epidémie de choléra en octobre 2010, nous avait aussi montré que le défi est là, devant nous, arrogant et tenace : la définition d’une nouvelle gouvernance des crises, d’une nouvelle gouvernance des risques et désastres existants et émergents dans ce pays. J’ai bien dit une nouvelle gouvernance parce qu’il faut le reconnaître, des efforts énormes ont été consentis par des acteurs sur le terrain (certains services compétents du pouvoir central et des institutions internationales accréditées en Haïti).
Sortir du centralisme et de la centralisation pour faire de vraies places aux structures les plus près des populations devrait être une conviction aujourd’hui. Car tous ces événements rendent encore plus aiguë la prise de conscience de la nécessité qui s’impose pour les responsables et les populations de s’entourer de toutes les garanties propres à prévenir le risque ou à mieux gérer le désastre de manière à essayer de limiter l’ampleur de ses conséquences. Quelles seraient, par exemple, les conséquences d’un séisme dans la situation idéale où les constructions étaient toutes parasismiques et où les populations avaient une culture de sécurité telle qu’elles connaîtraient les consignes de sécurité et sauraient les appliquer en situation d’urgence ? À coup sûr, infiniment moins graves que ce que nous constatons actuellement.
En 2013, en lançant l’Observatoire de la décentralisation, de la gestion des risques et désastres en Haïti (ODGRDH), j’avais attiré l’attention sur le fait que les décideurs nationaux devront choisir de faire l'Histoire en acceptant, en tant qu’acteurs du système, d’ouvrir un nouveau temps en faisant une place réelle dans leurs politiques aux élus locaux et territoriaux. En effet, nous n'avons pas d'autre choix que d'inventer le monde que nous voulons tout en prenant les décisions pour corriger et écarter les excès et les erreurs du passé.
Arme de combat, la Constitution de 1987 nous dit qu’Haïti sera décentralisée ou ne sera plus. Matthew 16* est le moment de nous engager dans des transitions : transition d’approche, transition organisationnelle, transition écologique, transition dans le savoir-faire et le savoir être aussi. L'enjeu est ni plus, ni moins de s'insérer pleinement dans la dynamique de modifier le dispositif existant. Car, face à ces risques divers dits « majeurs », aux conséquences juridiques souvent mal connues, en raison, justement, de la multitude des textes à laquelle s’ajoute le caractère quelquefois mal défini de la répartition des compétences entre l’État et les collectivités locales et territoriales, la situation demeure difficile. C’est pour cela que la prévention des risques doit devenir une priorité locale fondée sur un engagement politique clair, basé essentiellement sur la mobilisation des différentes institutions nationales concernées, doit faire preuve d’une bonne gouvernance, et être intégrée dans la planification des politiques publiques et dans tout projet de développement socio-économique.
Dans ce cadre, des réflexions devront être menées pour trouver un moyen efficace de sensibiliser les élus locaux et territoriaux sur les problèmes de prévention des risques et sur la manière la plus utile de leur fournir tous les éléments qui ne leur sont pas forcément familiers sur la nature des risques, les moyens de les prévenir, leurs obligations et leurs responsabilités en la matière, ainsi que sur les consignes de sécurité à diffuser auprès de leurs administrés. Les gestionnaires de nos communes et sections communales d’Haïti devraient être destinataires d’un document, voulu le plus exhaustif et le plus précis possible sur le rôle des élus locaux et territoriaux en matière de prévention des risques et désastres.
La loi résout le problème du QUI FAIT QUOI, donc que nous reste-t-il à faire ? Comprendre que les activités liées à la réduction des risques et des catastrophes « naturels » couvrent par ailleurs un champ extrêmement large allant des activités de détection et de prévision à la construction d’ouvrages techniques, des mesures législatives aux activités d'information et aux campagnes de sensibilisation. Donc, elles sont liées au renforcement des collectivités locales et territoriales. Une démarche devant :
1) Repenser les outils juridiques de gestion des aléas naturels dans une société faible pour nous sortir des sentiers battus par une meilleure coordination pour une meilleure prévention.
2) Aider à :
-l’insertion du sous-budget de la prévention, de la gestion des risques et désastres dans le budget de la commune et de la section communale ;
-la création de Comités pour l’information sur les risques dans les villes et communes d’Haïti en particulier en milieu scolaire, voire une rrigade municipale de la prévention et de la gestion des risques et désastres;
-la rédaction des lois y relatives et veiller à leur application par exemple :
-la conception et la vulgarisation des Schéma de cohérence territoriale (SCOT), Plan d’occupation de sol (POS), Plan directeur territorial (PDT), Plan local d’urbanisme (PLU), Schéma réglementaire d’information préventive (SRIP), Plan de sauvegarde communal (PCS) etc;
-l’introduction d’un Système d’alerte précoce (SAP) en Haïti plus dynamique comme le recommande le cadre d’action de Hyogo 2005-2015, intitulé «Renforcement de la résilience des nations et des communautés face aux catastrophes», devant aider à mieux cerner « la réalité du terrain et des pratiques locales ». On mettrait l’accent sur des critères technologiques mais développerait une vision orientée vers les « usagers », en prenant en compte les connaissances locales ou en s'appuyant sur les réseaux sociaux « non formels ».
Il faut former, informer, impliquer les concernés mais aussi apprendre d'eux
Je pense qu’il serait moins onéreux d’investir dans des opérations visant à prévenir les événements ou du moins à diminuer leurs conséquences, que de devoir financer des opérations de secours et de reconstruction. Le parti pris pour la décentralisation nous fournira les outils aidant à remettre en question les schémas de développement, à souligner les « causes profondes » des catastrophes et à faire nôtres les bonnes pratiques. Donc, il faudra aider les communes à se doter d’un centre-ressource sur la prévention des risques technologiques majeurs, qu’il s’agisse d’informations techniques ou juridiques, qui proposera de mettre ses moyens au service des acteurs principaux (les Elus locaux et territoriaux) pour cette guerre destinée à sauver des vies.
Permettez que j’insiste sur quelques incontournables de toute action de quête de résilience:
-le plaidoyer pour la préparation d’une stratégie globale et intégrée pour la prévention, la gestion et la réduction des risques;
-la recherche incessante de l’implication de l’université d’État;
-la mise en perspective de la pertinence de l’intercommunalité dans la gestion des risques et désastres;
-le travail de modélisation devant permettre de développer les cartes des risques de chaque commune, de simuler des catastrophes et de déterminer, avec assez de précision, le degré d’exposition des secteurs. Il permettra aussi d’élaborer des scénarii de prévention, leur coût et leur retour sur investissement. C’est donc vers un ensemble de tâches et de pistes non exploités qu’il faudra se diriger pour éviter toute duplication et toute tension.
“Investir pour des lendemains plus sûrs. Plus d'investissements dans l'action locale” était le titre de la troisième session de la plateforme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe et de la Conférence mondiale pour la reconstruction tenue à Genève, Suisse du 8 au 13 mai 2011. Lors de son discours inaugural, le secrétaire général des Nations unies appelait à “élargir la coalition en faveur de l'action pour la prévention des catastrophes. En effet, celle-ci est l'affaire de tous.” Plus loin, il dit que : “ La présence sans précédent, ici, à cette plateforme, de maires et autres dirigeants locaux, de parlementaires, de représentants de la société civile et du secteur privé, et de responsables politiques me conforte dans cette idée.” Pour conclure, il nous demanda de: “ Travailler ensemble pour créer des collectivités résilientes “. Il est incontournable d’y souscrire parce que c'est l’une des bases solides sur laquelle nous pouvons bâtir mais surtout demander aux Nations unies d’aider sérieusement à les réaliser.
Voilà. Je sais que ma démarche pour aider à préparer la transition, de passer d'un monde à l'autre, d'être des intermédiaires, des liens entre les individus, les territoires, les générations et même les catégories sociales, ne fera pas l’unanimité ou aidera à la prise de décision. Je dirais : « tant mieux ! ». Je serais heureux, si elle se constitue « ESPACE » pour partager nos expériences et apprendre les uns des autres, mais aussi pour convenir de la manière dont nous devons travailler ensemble plus efficacement pour répondre aux besoins grandissants en matière de réduction des risques et de développement d'un cadre pour la reconstruction d’Haïti et le relèvement après les désastres.
Les seules questions qui vaillent sont de savoir comment nous pouvons agir ensemble ? Qu'est-ce qui a manqué aux acteurs de la résilience en Haïti? Un cadre de travail adéquat ? Sans doute, mais surtout une nouvelle doctrine pour maîtriser le destin collectif : la décentralisation.
NB. Aux fins de publication dans les médias, je n’ai ajouté qu’une note bibliographique.
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