Il y a juste un an, soit le 25 octobre 2016, les Haïtiens étaient aux urnes pour choisir le successeur de Michel Martelly. Des citoyens qui croyaient que les choses pouvaient encore changer ici répondaient à l’appel du CEP. La montagne avait cependant accouché d’une souris. De l’argent, de l’énergie, des ressources humaines et matérielles étaient mobilisés pour faire de ce jour une réussite. Un nouvel échec pour ceux qui ont la foi en une Haïti où la politique se fait autrement. Un an après, le processus électoral n’est toujours pas encore bouclé. Le pire, on ne sait même pas encore quand ledit processus touchera à sa fin. Le calendrier électoral présenté par le CEP de Léopold Berlanger n’arrange pas les choses. Il tue tout espoir de voir un président prêter serment le 7 février 2017. Cette fois-ci, personne n’est responsable, sinon Matthew. Tous ceux qui ne faisaient pas le travail pour lequel ils étaient payés trouveront un bon allié en Matthew. Entre-temps, tous les pays de la région et même ceux à l’autre bout du monde qui avaient lancé un processus électoral au même moment que nous, voire après nous, sont déjà passés à autre chose. Ces pays-là se donnent du temps pour penser l’avenir alors qu’ici nous faisons du surplace, nous gaspillons du temps. Un luxe qu’un pays comme le nôtre avec des ressources très limitées ne devrait pas se permettre. Les élections du 25 octobre 2015 sont l’un parmi nos gâchis qui nous mettent à genoux aujourd’hui. Nous avons dû trouver des dizaines de millions de dollars pour reprendre des élections annulées pour fraude. Pourtant, nous peinons à assister les victimes du cyclone Matthew. Quelque 22 jours après la catastrophe, les débats portent encore sur la stratégie à mettre en place pour apporter de l’eau et de la nourriture aux sinistrés. Notre incapacité à venir en aide efficacement à ces derniers n’est pas seulement une question d’argent, elle est aussi liée à la faiblesse de nos institutions. Avant Matthew, l’Etat haïtien était faible. Il le devient davantage après Matthew au point que nous ne pouvons même pas acheminer l’aide aux victimes. C’est dans ce contexte que le pays doit organiser les élections que nous devions organiser l’année dernière. Le CEP et les candidats vont devoir trouver la bonne formule pour porter les citoyens des régions des départements dévastés à s’intéresser au processus électoral. D’abord, il faut fournir l’assistance nécessaire aux sinistrés, rouvrir les salles de classe et créer les conditions matérielles pour que les élections se tiennent. Voilà ce à quoi les autorités haïtiennes sont tenues avant le 20 novembre 2016.