Rarement des élections auront suscité autant d’interrogations que celles pour qui le Conseil électoral et l’exécutif donnent rendez-vous le 20 novembre, dans moins d’une semaine.
Les organisateurs ne rassurent pas assez sur leurs points de force ni n’expliquent pas suffisamment les limites que les circonstances laissent à leur mission.
De potentiels électeurs se disent que le premier vent, la première pluie, la moindre rumeur peuvent emporter dans l’oubli la présidentielle et le scrutin pour sénateurs et députés de ce dimanche, tant la foi en la bonne tenue de cet énième tour d’élection est assis sur un fragile échafaudage de doutes.
Il y en a même des candidats qui ont investi temps, argent, notoriété et parié sur leur propre victoire qui ont jeté le gant. On ne les voit plus. On ne les entend plus. Ils ont disparu de la circulation électorale. Leur photo et emblème sur le bulletin de vote n’y sont que par la magie de l’imprimerie, mais plus rien ne les rattache aux élections.
Il faut dire que jamais campagne électorale n’a été si longue. Rarement processus électoral n’a coûté si cher, ne fut si sinueux, si infécond. Depuis la publication du décret électoral en mars 2015, que de mois perdus, que de détours et de déceptions! Même les élus du Parlement n’ont pas pu justifier avec leur action la nécessité de leur présence.
Et pourtant… Et pourtant, il nous faut poursuivre la route et finir en beauté ce qui est commencé. Les élections de 2015, en perdition depuis des mois, doivent accoucher d’une alternative démocratique.
On ne peut plus conserver Jocelerme Privert à la présidence de la République, les juges de la Cour de cassation n’ont ni la légitimité ni la légalité requise pour lui succéder. On n’a pas non plus intérêt à nous jeter tête baissée dans une nouvelle transition sans balise.
Dimanche, les vainqueurs sortis des urnes, même dans des élections imparfaites, ce que nous pouvons espérer de mieux vu les circonstances, il nous faudra les accepter comme les plus petits dénominateurs communs de réussite.
Nous sommes en train de nous enliser dans les sables mouvants de la non-représentation démocratique, toute perche que les électeurs voudront prendre et tendront au pays, devra être acceptée comme un grand acquis tant les abysses menacent de nous engloutir.
Lucidement, sans peur, il nous faudra tous, vraiment tous, grands perdants et petits gagnants, avancer et finir en beauté avec les élections de 2015. D’autres combats nous attendent.
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