Depuis le dimanche 20 novembre, tous les débats tournent autour des élections présidentielle et sénatoriales. Quels que soient les résultats du scrutin, ils provoqueront des grognes. Des déçus, il y en aura. Il y en avait, il y en aura toujours. La boucle de ce long processus électoral doit être enfin bouclée d’ici février pour fermer ce chapitre et passer à autre chose. Quoi qu’il advienne. Peu importe les mises en garde ou les menaces à peine voilées, le pays doit avancer. On souhaite bien entendu que toutes les règles du jeu soient respectées à tous les niveaux.
Il est évident que le scrutin n’a pas suscité l’intérêt de la majorité de la population. Même si le Conseil électoral provisoire n’est pas encore en mesure de donner le taux de participation, les électeurs se comptaient sur les doigts de la main dans certains bureaux de vote. Des gens admettent que des élections libres, crédibles et honnêtes contribuent à renforcer la démocratie que nous apprenons difficilement. D’autres, se basant sur le bilan de ceux qui ont mené la barque du pays ces dernières décennies, sont convaincus que les élections ne changeront pas grand-chose.
Ces élections ont éclipsé nos maux ces derniers jours. On oublie que des centaines d’écoles ont été endommagées ou détruites dans les régions qui ont été frappées par Matthew. On oublie que beaucoup de ces écoles ne sont pas encore réparées et que celles qui n’ont pas été endommagées sont utilisées comme abris provisoires pour les personnes déplacées. On oublie que des milliers d’élèves risquent de perdre l’année scolaire. De sérieux problèmes sont jetés aux oubliettes. On se focalise sur les élections dont on ne saurait minimiser l’importance.
On oublie que plusieurs milliers de victimes de Matthew vivent dans des conditions infrahumaines. Fatigués de rester chez eux, des centaines d’écoliers à Jérémie ont gagné les rues jeudi pour appeler à la responsabilité des autorités afin qu'elles rouvrent leurs écoles occupées par des (sinistrés ?) de Matthew.
A Port-au-Prince ou ailleurs, ils ne gagnent pas les rues, mais ils sont nombreux les élèves des écoles nationales à suivre leurs cours dans des conditions difficiles. Le focus est ailleurs. Depuis plus d’un an, nous dépensons beaucoup d’argent pour des élections, qui aurait pu servir à construire des écoles et des hôpitaux. Quels que soient les résultats, ces élections auront un impact sur l’avenir du pays. A un niveau ou à un autre. Il est temps de définir les priorités.
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