Haïti vit dans l’urgence dans tous les domaines ou presque. Qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation ou de l’environnement, tout est à faire ou à refaire. On dirait même qu’il y a extrême urgence. Chaque jour qui passe, nos problèmes s’aggravent. Ce qui devrait nous pousser à nous mettre au travail le jour comme la nuit pour espérer un jour sortir le pays du gouffre. Cette nécessité de se mettre au travail pour changer notre destin de peuple ne se fait pas encore sentir chez notre classe politique. La bataille qui a suivi les résultats du premier tour de la présidentielle prouve combien le triste sort de la population est loin d’être la préoccupation des uns et des autres. Sinon, chacun montrerait sa bonne volonté pour en finir au plus vite avec le processus électoral qui a trop duré. Le pays a réellement besoin de passer à autre chose. Il est temps que cette crise politique touche à sa fin. Le plus grand cadeau de fin d’année qu’Haïti puisse demander à sa classe politique. Toutes les énergies – temps et argent - mises à alimenter la crise pourraient ainsi être utilisées à faire fonctionner les hôpitaux publics, créer un meilleur cadre de travail dans les écoles publiques, réhabiliter notre environnement, combattre le chômage, assainir nos rues…Voici quelques-uns des défis que le pays doit relever en vue de redonner de l’espoir à la population. Faute de quoi, nos jeunes, désavoués, vont continuer à fuir le pays pour aller constituer ou augmenter, dans beaucoup de cas, des poches de pauvreté dans leur pays d’accueil. Une triste réalité qui ternit davantage notre image. La reconstruction manquée après le séisme du 12 janvier 2010 a provoqué la migration de beaucoup de jeunes en Amérique latine. En dépit de la récession au Brésil, les difficultés pour trouver un emploi au Chili, la décision des Etats-Unis de déporter les sans-papiers qui foulent leur sol, les candidats à l’immigration n’en démordent pas. Certains continuent de remuer ciel et terre pour trouver des milliers de dollars américains en vue de quitter le pays à la recherche de cieux plus cléments. Voilà une situation qui doit interpeller nos politiciens pour faire de la politique autrement. Sans la stabilité politique, il sera difficile d’aborder ces problèmes. Voilà le défi que nous devons relever comme peuple.