Le sénateur élu de la Grand’Anse, Guy Philippe, arrêté par les agents du Bureau de lutte contre le trafic de stupéfiants et transféré aux Etats-Unis le jeudi 5 janvier dernier, a comparu hier vendredi pour une deuxième fois devant un juge à Miami et a plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés. L’ancien homme fort de la rébellion anti-Aristide en 2004 bénéficie du soutien de la population de plusieurs villes de la Grand’Anse, du Sud et d’autres agglomérations du pays. Plusieurs dizaines de manifestants ont réalisé un sit-in hier vendredi devant l’ambassade américaine à Port-au-Prince pour dénoncer son arrestation. Probablement dans quinze jours, Guy Philippe sera informé de la date de son procès pour son implication dans le trafic de stupéfiants, selon ses avocats.
Depuis l’accord signé le 17 octobre 1997, entre le ministre haïtien des Affaires Etrangères, Fritz Longchamp, et la secrétaire d’Etat américain, Madeleine Albright, portant sur la coopération en vue de mettre fin au trafic illicite par mer de la drogue, et ratifié le 19 décembre 2000 par le Parlement haïtien, publié dans le journal Le Moniteur le 25 juillet 2002, plusieurs citoyens ont été arrêtés et transférés aux Etats-Unis pour trafic de drogue. Le cas de Guy Philippe, sénateur élu, est le premier à susciter autant de débats et de manifestations de colère. Tous les cas de transfert de citoyens haïtiens, arrêtés par les agents du BLTS pour trafic de drogue, et transférés aux Etats-Unis, ont été réalisés suivant une procédure établie par les autorités des deux pays.
Tout individu résidant en Haïti, soupçonné de trafic de drogue par la DEA (Drug Enforcement Administration), peut être l’objet d’une enquête des agents de cette cellule afin de rassembler les éléments nécessaires pour soumettre un dossier devant un juge aux Etats-Unis. Le juge, après avoir analysé les éléments constitutifs du dossier, peut décider d’accuser ce résident haïtien et d’émettre un mandat à son encontre pour crime transnational. La drogue, le blanchiment des avoirs et le terrorisme sont classés suivant plusieurs conventions internationales comme crimes transnationaux.
La coopération entre les Etats liés par ces conventions a permis les agissements de la Police internationale, connue sous le nom d’Interpol, dans le cadre de ces crimes. Ce mandat est transmis à la section de la police internationale aux Etats-Unis, qui, de son côté, l’achemine à la section haïtienne de ce service. Une fois arrivé en Haïti, l’Interpol soumet le mandat à la diligence de la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ). Cette Direction ne tarde pas à demander au Bureau de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS) de donner suite à ce mandat. Sur le terrain, le BLTS va utiliser toutes les données disponibles sur l’individu en question afin de procéder à son arrestation. Lorsque l’objectif est atteint, le BLTS remet à la DCPJ le prévenu. C’est à ce moment que commence la procédure administrative pour le transfert du prévenu aux Etats-Unis. La DCPJ soumet le dossier au directeur général de la Police nationale d’Haïti, qui, de son côté, le transmet au ministre de la Justice. Lorsqu’il a été décidé entre le ministre de la Justice, le Premier ministre et le président de la République qu’il y a lieu de remettre le prévenu à la DEA, l’autorisation est transmise au directeur général de la PNH à travers le ministre de la Justice. La DCPJ, qui reçoit cet ordre, remet le prévenu à la DEA pour son transfert aux Etats-Unis.
Voici la procédure établie entre les gouvernements haïtien et américain pour le transfert des Haïtiens, personnes résidant en Haïti, des étrangers se trouvant sur le territoire national soupçonnés du trafic de stupéfiants.
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