7 février 2017 marquera l’ascension de Jovenel Moïse au pouvoir. Le nouveau président affrontera une réalité colorée par la misère chronique, le chômage, la corruption, une production nationale moribonde, la division, un environnement dilapidé, une jeunesse époustouflée et un État incapable de collecter même les taxes nécessaires pour satisfaire les besoins préliminaires des citoyens.
L’équipe de Jovenel Moïse devra exécuter une mission titanesque, celle d’illuminer la vie des déshérités, de raffermir le destin de la classe moyenne, de créer les conditions appropriées pour la croissance économique et de faire scintiller l’espoir dans un horizon si accablant et dévorant.
Au début, il devrait commencer par adopter la transparence comme le credo et la fondation de son administration.
La transparence est assise sur des principes tels que la vulgarisation du nombre de fonctionnaires de l’État, de leur salaire et de leurs responsabilités, des projets gouvernementaux et de leurs coûts, du budget de chaque ministère et de leurs objectifs, des sources de revenus de l’État, des dépenses publiques, des prêts de l’État et des intérêts versés sur ces prêts et du plan de développement économique et social du gouvernement.
Un gouvernement transparent inspire la confiance dans les institutions publiques, applique les lois et s’évertue à sécuriser le bien-être des gouvernés à travers des politiques publiques rationnelles.
Selon Brookings Institute, la transparence sert à améliorer les services publics, à publier les procédures permettant d’obtenir ces services, à réduire le gaspillage des fonds publics et à établir un gouvernement participatif et inclusif. Elle est aussi l’un des piliers de la bonne gouvernance.
La transparence est aussi liée à la décentralisation des décisions politiques, administratives et fiscales, au budget axé sur le résultat et à la réforme des institutions publiques.
Selon Transparency International (Rapport 2015), sur un total de 168 pays, Haïti occupe la 158e place dans le classement des pays corrompus dans le monde. Donc, créer un gouvernement transparent sera une œuvre navrante surtout dans un environnement turbulent comme Haïti. Cependant, on peut, premièrement, commencer par formuler les normes et standards qui guideront le comportement des membres du gouvernement et des fonctionnaires publics.
La deuxième étape enjoindra au Parlement d’adopter une loi imposant la transparence dans toutes les transactions et activités impliquant l’État haïtien, aussi bien que les juridictions locales. Cette législation devra établir un bureau autonome chargé d’investiguer les actions malicieuses des employés de l’État.
Le budget singulier du Palais national englobe une bonne partie du budget national. La transparence sommerait M. Moïse à mettre à jour la liste des employés affectés au Palais national, leurs fonctions, leur salaire et la valeur de leurs contributions à l’amélioration de la vie des citoyens. Ici, il convient d’établir les relations entre les responsabilités de ces employés et leurs impacts sur la population.
La transparence fera injonction au gouvernement de promouvoir des institutions honnêtes, compétentes, démocratiques et productives. Elle exigera un gouvernement soucieux de l’impartialité et de l’efficacité du système judiciaire et du progrès économique et social.
Si M. Jovenel Moïse veut faire bon usage des connaissances acquises du secteur privé pour innover le secteur public et drainer le marais de la corruption, il lui sera sage de privilégier la transparence.
Est-ce que M. Moïse aura le courage d’affronter ce système dépravé pour refaire l’image des institutions publiques haïtiennes et conduire le pays vers le développement durable et l’autosuffisance?
Le verdict de l’histoire prononcera le dernier mot.
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