Le procureur général a mis Ángel Rondón, « partenaire stratégique » de la branche du Canal de Isabel II en République dominicaine, sous enquête pour corruption. L’entreprise de construction brésilienne Odebrecht a remis à Rondón durant plusieurs années 92 millions de dollars qui auraient servi à corrompre des fonctionnaires dominicains pour remporter des contrats. La succession de scandales impliquant des filiales latino-américaines de l'entreprise publique de Madrid a poussé le gouvernement régional à fermer une douzaine de ses filiales.
Le directeur d’Odebrecht en République dominicaine, Marcelo Hofke, a reconnu avoir donné de l'argent à Ángel Róndon. Ce dernier a admis à son tour avoir reçu un montant de l'ordre de 92 millions de dollars entre 2001 et 2014, mais a nié qu'il était destiné à être versé en pots-de-vin, mais qu’il servait à payer ses services en tant que représentant commercial, comme il l’a affirmé lors de l'interrogatoire du 11 janvier dernier que lui a fait subir le procureur général dominicain, Jean Rodríguez. Ainsi, Rondón aurait reçu une rémunération moyenne d’environ 6,5 millions d'euros par an pour ses contrats de représentant.
Une marche pour dénoncer la corruption et l'impunité entourant l’affaire Odebrecht et les $92 millions US en pots-de-vin versés par l’entreprise de construction brésilienne à des officiels dominicains contre l’octroi de juteux contrats a été organisée dans la matinée du dimanche 22 janvier 2017 à Santo Domingo.
Le quotidien dominicain Díario Libre, sur son site Internet, a titré qu’aucune poursuite formelle n’a été engagée contre quiconque après trois semaines d’investigation.
Par ailleurs, l'ingénieur Antonio Almonte, ancien directeur de la Commission nationale de l'énergie (CNE), a dénoncé la surévaluation du contrat entre l'État dominicain et l'entreprise brésilienne Odebrecht pour la construction d'usines à Punta Catalina qui s’élève à environ 600 millions de dollars. Des coûts supérieurs de 62,6% à ce que coûterait la construction de pareilles usines aux États-Unis.
Pour Almonte, il est choquant de constater que le coût du contrat de construction d’Odebrecht à Punta Catalina est outrageusement supérieur à celui de toute autre plante similaire de charbon aux États-Unis. Le technicien qui a comparé une étude détaillée des coûts de construction d'une centrale au charbon aux États-Unis s’est rendu compte que le prix par mégawatt (MW) du contrat de construction est de $1.74 million aux États-Unis tandis que l’usine de Punta Catalina coûte $2,83 millions par MW.
Sources combinées
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