Ce portail contient des données budgétaires présentées sous formes interactives et graphiques de 2007 à nos jours. Développé avec l’appui de la Banque mondiale, ce portail permettra à tous les citoyens d’accéder directement à l’information sur les dépenses publiques du pays, afin de rendre plus transparent le processus budgétaire et faciliter la participation des citoyens dans la formulation des politiques et l’allocation des ressources. Selon le ministre Yves Romain Bastien, le lancement de ce portail s’inscrit dans le cadre de la réforme des finances publiques initiée par le gouvernement haïtien. Ce dernier présente le BOOST comme étant un point d’accès unique favorisant le partage des données, non seulement entre les diverses entités gouvernementales, mais aussi avec le Parlement, les partenaires internationaux, les médias et la société civile dans son ensemble. « Le portail du budget ouvert offre donc à tout un chacun un accès facile aux données relatives aux dépenses publiques ; ce qui marque une nouvelle étape dans notre politique de transparence budgétaire», a poursuivi le grand argentier de la République. « Il faut beaucoup plus de transparence sur le processus budgétaire, sur la façon dont les ressources sont utilisées », réclame Mary Barton-Dock, l’envoyée spéciale de la Banque mondiale en Haïti, dans ses propos d’ouverture. Le président de la commission des Finances à la Chambre des députés, Yvon Geste, a surenchéri en soutenant que le MEF doit faire un peu plus d’effort pour alimenter la transparence autour de l’exécution du budget. « Un effort pour fournir des données mensuelles à jour […] Les données annuelles arrivent fort tard, ce qui ne facilite pas le contrôle », a souligné le parlementaire. Cet effort de transparence – le lancement du portail – s’inscrit dans le processus de modernisation de la gestion des finances publiques, notamment les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Compte unique du trésor (CUT) qui permet de mieux suivre et contrôler les ressources publiques. Le portail constitue un levier important de transparence, de reddition des comptes et de confiance. Suite aux milliards de gourdes en pertes et dommages causés par Matthew et au déclin de l’aide internationale, Mary Barton-Dock estime que la transparence budgétaire en Haïti est essentielle pour une gestion efficace des ressources, indispensable dans un contexte de contraintes budgétaires plus strictes. L'envoyée spéciale de la Banque mondiale mise sur BOOST pour améliorer la transparence budgétaire. « Pour les citoyens haïtiens, c’est l’occasion de s’impliquer davantage dans la gestion des dépenses publiques », a précisé Mary Barton-Dock. L’expert en finances de la Banque mondiale, Ibrahim Elghandour, suite aux allocutions circonstancielles, a effectué une démonstration rapide du portail BOOST. Mardi 31 janvier dernier, il a animé un atelier de formation sur l’utilisation du portail à l’intention d’une douzaine de journalistes haïtiens spécialisés dans le traitement des dossiers économiques et financiers. Cette même formation a été offerte à la société civile, aux parlementaires, et à la Cour des comptes afin de faciliter l’analyse du budget national et un dialogue informé avec les citoyens. Le maintien et l’actualisation de la base de données seront assurés par la direction des études économiques du ministère de l’Economie et des Finances. En marge du lancement de BOOST, l’envoyée spéciale de la Banque mondiale en Haïti en a profité pour annoncer, lors d’un point de presse donné aux côtés du ministre Bastien, peu après la cérémonie d’ouverture, la décision de son institution d’augmenter de 100 millions de dollars son portefeuille en Haïti dans les 6 prochains mois. Ce montant constitue donc la réponse du groupe de la Banque mondiale aux efforts de reconstruction post-Matthew et sera réparti dans les quatre secteurs suivants : agriculture, santé, transport et eau. Le portefeuille de la Banque mondiale en Haïti comprend 13 projets, pour un engagement total de 718 millions de dollars, selon des chiffres datant d’août 2016. De plus, elle revendique la canalisation de l’ensemble de ces financements par l’intermédiaire des pouvoirs publics, que plus de 75% des projets qu’elle finance soient attribués à des entreprises haïtiennes.