Le Premier ministre Jack Guy Lafontant avait convié la presse mardi pour une première prise de contact. Comme cela est de coutume chez nos chefs, quand enfin le PM s’est présenté, entouré des membres du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN), le point de presse a pu débuter après quatre-vingt-dix minutes de retard.
À la veille de l’anniversaire des trente ans de la Constitution (29 mars 1987-29 mars 2017) - qu’il n’a pas juré de respecter (ce n’est pas prévu dans nos us et coutumes) -, on a cru que le premier ministre allait faire une déclaration solennelle sur la loi mère alors qu’on parle de nouvelle Constitution ou d’amendement du dernier texte. Ce ne fut pas le cas.
La demande d’exclure le Venezuela de l’OEA au nom de la charte démocratique était aussi à l’ordre du jour mardi. On a cru que le Premier ministre Lafontant avait invité la presse pour présenter la position d’Haïti vis-à-vis de cet ami généreux. Ce ne fut pas le cas.
Pour sa première sortie depuis le siège de la Primature, le PM a fait des déclarations. Il a annoncé avoir eu sa première réunion de travail avec les autres membres du CSPN auxquels s’était joint le ministre de la Défense.
La PNH est prête à prendre la relève au départ de la MINUSTAH en octobre, si l’on en croit le premier ministre. Aucune annonce n’a été faite sur la mission transitoire que l’ONU nous prépare.
Cette première rencontre avec la presse a été l’occasion pour le Dr Lafontant de déclarer qu’«il y a un plan de sécurité ». Mais, comme tout bon plan de sécurité, il n’a pas été dévoilé. Ni en gros ni en détail.
Le premier ministre a donné mardi la garantie que « la propriété privée sera respectée pour ne pas pénaliser les investissements ». La direction générale et l’inspection générale de la police appliqueront un train de mesures pour qu’il y ait le respect de la propriété privée, a poursuivi le chef du gouvernement.
Sous la présidence de Jocelerme Privert, c’est la police et la justice qui accompagnaient les spoliateurs. Le premier ministre n’a pas dit ce qui va concrètement changer.
Le «phénomène dans nos prisons» où beaucoup de prisonniers meurent ces derniers temps, est aussi dans le collimateur de Jack Guy Lafontant. Il dit attendre les recommandations de la commission présidentielle créée sur la question.
Pour ce qu’il est de la future base des sapeurs-pompiers, «je vais discuter avec mon staff afin de prendre des mesures administratives et voir où sera établie cette base pour le corps des pompiers de la zone métropolitaine», a confié Jack Guy Lafontant.
Pour ceux qui suivent l’actualité haïtienne, cette première conférence de presse a paru précipitée.
Pour les experts en communication, ceux qui savent décoder les nouvelles manières, le premier ministre Jack Guy Lafontant a réussi son premier examen.
Le PM a compris la technique du ventilateur… dès que les palmes tournent, on brasse de l’air et c’est déjà le changement qui est en marche.
L’écran de vent frais de mardi a permis de ne pas aborder les points chauds comme les échos de famine dans la Grand’Anse, l’arrestation de kidnappeurs présumés en République dominicaine, le renvoi par Haïti de l’expert pour les droits de l’homme, Gustavo Gallon, la ligne de conduite de la diplomatie haïtienne, la décote de la gourde, la nécessité d’un budget rectificatif, la loi sur la diffamation en débat au Parlement… et autres sujets d’intérêt. Le premier ministre n’a d’ailleurs accepté aucune question des journalistes.
On est resté dans le vague, espérons que la Primature, située près de la mer, transformera les vagues en puissance marémotrice un jour pour produire des actions…
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