James McCament, directeur par intérim de l’USCIS, a conclu une lettre la semaine dernière en indiquant que les conditions en Haïti se sont suffisamment améliorées pour qu’on mette fin au TPS des Haïtiens, selon une copie de cette lettre obtenue par USA TODAY. L'administration Obama a d'abord offert le TPS aux Haïtiens à la suite du tremblement de terre dévastateur de 2010. Il a été prolongé à plusieurs reprises, la dernière prolongation expirant le 22 juillet prochain. McCament a proposé une extension pour le mois de janvier afin de permettre une «période de transition ordonnée», mais a déclaré que le programme ne devrait pas être prolongé au-delà. Une décision finale sur le sort des Haïtiens incombe au secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly. Son porte-parole, David Lapan, a déclaré jeudi 20 avril que Kelly n'avait pas encore pris sa décision. La recommandation a révolté les membres républicains et démocrates du Congrès qui ont plaidé auprès de Kelly pour qu’il étende le TPS. Le mois dernier, 10 législateurs de la Floride, où vivent de nombreux Haïtiens, ont écrit à Kerry pour lui décrire les catastrophes récentes qui ont frappé Haïti. Cela a commencé avec le tremblement de terre de 2010 qui a déplacé des centaines de milliers de sinistrés et a détruit des bâtiments gouvernementaux à travers le pays. Haïti a été frappée par l'ouragan Matthew, il y a six mois, tuant 1 000 personnes et paralysant les travaux de reconstruction en cours. Durant tout ce temps, Haïti a lutté contre la plus grave épidémie de choléra de son histoire, qui a tué 9 000 personnes et continue de peser au pays. « Haïti éprouve encore des difficultés à se remettre de deux catastrophes naturelles majeures qui ont tué plus de 200 000 personnes. Haïti est l'un des pays les plus pauvres du monde et maintenant, elle est incapable de soutenir les quelque 50 000 Haïtiens qui reçoivent actuellement un statut protégé aux États-Unis, a déclaré jeudi le sénateur démocrate de la Floride, Bill Nelson. « Les États-Unis devraient se concentrer sur l'aide à Haïti pour qu’elle se relève, au lieu de renvoyer les personnes dans un pays qu’elle ne peut les soutenir ». Le TPS est offert aux ressortissants étrangers, y compris les résidents légaux et les sans-papiers, qui ne peuvent retourner dans leur pays d'origine en raison d'un conflit armé, d'une catastrophe naturelle ou «d'autres conditions extraordinaires et temporaires». Les Etats-Unis accordent actuellement une protection aux ressortissants de 13 pays: El Salvador, Guinée, Haïti, Honduras, Libéria, Népal, Nicaragua, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Syrie et Yémen. Pénurie de logement, épidémie de choléra et accès limité aux soins médicaux, instabilité politique, risques de sécurité, insécurité alimentaire et risques environnementaux (comme en témoigne l'impact de l'ouragan Matthew en octobre 2016). Tout cela a incité l’ancien secrétaire d'État John Kerry à demander au département de la Sécurité intérieure d'étendre le TPS aux Haïtiens parce que « certaines conditions extraordinaires et temporaires liées au tremblement de terre de 2010 continuent d'exister ». Le directeur intérimaire de l'USCIS, McCament, a déclaré avoir tenté de solliciter une recommandation du secrétaire d'État Rex Tillerson mais n'a reçu aucune réponse. McCament a déclaré qu’Haïti ne s'est pas complètement rétablie du tremblement de terre, mais des progrès ont été accomplis. Il a indiqué que l'administration Obama avait commencé à envoyer des Haïtiens chez eux en 2016. Cette déclaration a été un choc pour Esther Olavarria, un conseiller principal au Département de la Sécurité territoriale des Etats-Unis (DHS) sous Obama, qui a aidé à instaurer le premier TPS pour Haïti en 2010. Elle a déclaré que si Kelly suivait la recommandation, « ce serait une parodie ». Source USA TODAY