Voulant apporter une réponse à la situation difficile qui sévit dans le grand Sud du pays suite au passage de l’ouragan Matthew, et constatant la détérioration des conditions environnementales, le Parlement haïtien avait pris une résolution en vue de demander au président de la République de déclarer l’état d’urgence dans tout le grand Sud du pays, et l’état d’urgence environnemental national. Cependant, ces constats ne sont que quelques-unes des conséquences néfastes du manque d’éducation de la population haïtienne. Ce qui revient à dire que, si nous voulons trouver des solutions viables et durables à ces problèmes, il faut les attaquer dès la base en abordant d’abord la question de l’éducation. Car, d’une part, nous sommes tous d’accord avec plusieurs auteurs pour dire que l’éducation est la base de tout développement durable et, d’autre part, nous sommes tous d’accord et admettons que notre système éducatif est gravement malade. Au-delà de ces constats, notre attention est particulièrement captée par l’épineuse actuelle situation des écoles publiques du pays. Après plusieurs semaines de grève générale des enseignants, jusqu’à présent aucune entente n’est encore trouvée entre le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et les enseignants grévistes. Et certains élèves, quant à eux, tandis qu’ils devraient se concentrés sur leurs examens, certains se livrent déjà à des activités qui n’ont rien à voir avec l’école, et d’autres sont en train de manifester dans les rues, voire pénétrer dans l’enceinte de certains établissements scolaires privés. Cependant, le MENFP, de sa part, réitère la date des examens officiels et de la fermeture des classes. Ce qui nous porte à nous demander : notre objectif consiste-t-il à former des citoyens autonomes utiles à eux-mêmes et à la société ou plutôt à organiser des examens. ? S’il n’y pas d’enseignement-apprentissage, qu’est-ce qu’on va évaluer, mesurer et sanctionner en organisant ces examens ? Dans ce cas, les résultats sont déjà évidents, un pourcentage élevé de redoublement scolaire, et des lacunes cumulées chez ceux qui seront sauvés de justesse. Pour ce qui concerne l’intervention des élèves des écoles publiques dans les écoles privées, réfléchissons un peu sur les éventuelles conséquences néfastes qui peuvent en découler. Imaginons une scène où les élèves des écoles privées seraient en train de vider les lieux à l’arrivée des élèves des écoles publiques. Pensons au cas des élèves qui ont des problèmes cardio-vasculaires et respiratoires. Imaginons aussi le cas où les élèves des écoles privées auraient choisi de riposter. Tout en vous faisant grâce des conséquences à long terme, nous pensons que ces quelques éventualités sont assez suffisantes pour interpeller la conscience de chacun en vue de prendre ses responsabilités. En guise de conclusion, nous aimerions recommander aux pouvoirs législatif et exécutif de prendre toutes les dispositions qui s’imposent afin d’apporter une réponse immédiate et adéquate à cette situation; demander aux enseignants grévistes de penser à la solidarité que manifestent les élèves envers eux; conseiller aux élèves de manifester pacifiquement à travers les rues sans pénétrer dans les écoles privées, et de prendre aussi un peu de temps pour travailler en organisant des groupes de travail. Car ils seront, de toute façon, les seuls perdants.