Port-au-Prince s’excite depuis une semaine sur d'hypothétiques milliards de dollars d’investissements que des Chinois vont faire pleuvoir sur le pays dans les prochains jours. Il a suffi de la visite d’une délégation d’hommes d’affaires de la République populaire de Chine dans les bureaux du maire de la capitale pour que, comme Pierrette, des âmes bien nées se mettent à transformer un petit pot de lait en milliers de vaches. Dans les faits, aucun contrat n’a été signé entre le premier citoyen de Port-au-Prince, Youri Chevry, et les investisseurs chinois. Un communiqué de la mairie laisse entrevoir une collaboration future, rien de plus pour le moment. Pour une source proche des pourparlers, « il y a du potentiel. Pas plus. Pour le moment. »

Dans d’autres bureaux, d’autres Chinois sont dans nos murs. Toujours de la République populaire de Chine. Cette fois, ils sont là à la demande du président de la République. Les techniciens chinois évaluent les besoins, cherchent à comprendre les préoccupations du chef de l’État qui veut doter le pays d’infrastructures marquantes pendant son mandat : routes, aéroports, voies ferrées, téléphériques, centrales électriques, réseau national de transport électrique, ports... Jovenel Moïse veut tout et le plus vite possible.