Mardi dernier, en début d’après-midi, après être venu à bout d’un embouteillage monstre sur la route menant à l’aéroport, arrivé à hauteur du parking, d’un simple coup d’œil en face, on voit la saignée. Mieux que tout ce qui se dit sur les réseaux sociaux ces derniers jours ou tous les articles qui ont été écrits sur le sujet. Il fallait le voir pour se rendre compte à quel point le pays est en train de se vider. Il ne s’agit pas de gens qui profitent de ce jour férié pour faire une escapade à Miami ni de la diaspora haïtienne qui repart après avoir bouclé ses vacances au pays. Rien de tout cela. Les Haïtiens partent, tout simplement. Massivement. Hommes, femmes, jeunes et vieux prennent un aller simple pour le Brésil ou le Chili.

Dans la salle d’enregistrement, les comptoirs de deux compagnies aériennes en particulier débordent. Au fond à gauche, en entrant, la ligne de passagers, immensément longue, avance à pas de tortue, tant au comptoir de Copa Airlines, compagnie réputée et récompensée à plusieurs reprises pour sa ponctualité, qu’à celui de Latin America Wings (LAW). Résignés, ils prennent leur mal en patience. Sans émettre aucune plainte ni récrimination, conscients qu’ils ne sont qu’à un pas de quitter définitivement Haïti.