La manifestation suivie d’actes de violence perpétrés à Delmas et au centre-ville de Port-au-Prince, hier mardi, par des jeunes qui contestent le vote de la loi de finances, à l’appel de Pitit Dessalines, constitue le premier mouvement d’envergure qui a perturbé les activités dans l’aire métropolitaine depuis l’accession au pouvoir de Jovenel Moïse. Créant la panique dans toutes les agglomérations urbaines de Port-au-Prince, la manifestation violente de mardi met à nu les faiblesses des actions coordonnées et planifiées de la Police nationale d’Haïti et des services de renseignements logés dans les différentes institutions susceptibles de prévenir des troubles et d'assurer la paix civile dans le pays.
Il n’est un secret pour personne que les nouvelles taxes prévues dans la loi de finances, votée par les deux chambres, ont provoqué un mouvement de réprobation au sein des couches les plus défavorisées de la population. Rien ne prouve que les manifestants sont des adeptes du parti de l’ancien sénateur, mais le combat contre les nouvelles taxes prévues dans le budget de l’exercice 2017-2018 est de nature à provoquer un mouvement aux conséquences incalculables. Le scandale des 100 millions de gourdes pour la sécurité du président, en mai dernier, et la mise à pied du ministre des Affaires sociales, Roosevelt Bellevue, pour soupçon de corruption dans l’achat de kits scolaires contribuent à jeter le discrédit sur le nouveau pouvoir qui a hérité d’un passé de dirigeants jouisseurs. Comment calmer l’ardeur des contribuables sur la nécessité d’augmenter ces taxes dans cette conjoncture de méfiance sur les grands commis de l’Etat ?





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