Ticket Magazine, le podium des stars, a soufflé sa quinzième bougie le 26 octobre 2017. Autour de Frantz Duval, tout au long de ces quinze ans, des journalistes talentueux, des photographes, des chroniqueurs, des graphistes ont sondé nos plaisirs, raconté nos bonheurs aux carnavals, dans les bals, les festivals et autres évènements grand public et tout public. Sur une piste de danse, des corps enlacés sont passés à l’histoire grâce à un cliché. Ceux qui croquent la vie à pleines dents, en Ticket ont trouvé plus qu’un miroir, un album public-privé de leurs moments de folie. Se voir, se savoir être vu, radieux, sous ses plus beaux attraits, sont des clauses de ce pacte tacite entre Ticket et ses lecteurs souvent acteurs. « Tout kote gen fèt », Ticket s’est fait le devoir d’être là pour suivre des artistes confirmés, être le témoin et le premier projecteur braqué sur des débutants. Ticket n’a pas raté le train de la critique nécessaire.

Enfoncer la plume dans la plaie du kitch, des œuvres bâclées, des artistes pressés, des performances foireuses a suscité bien des animosités. Les palmarès de l’été, de la fin de l’année et des performances au carnaval ont déchaîné des passions. Des vivats et des avalanches d’invectives ont couvert la rédaction qui, de bon cœur, fait, dit, critique, sans se retrancher derrière l’infaillibilité du regard de ses journalistes. Tout le monde peut se tromper. Les relations fiévreuses avec le public, avec les artistes sont préférées à l’indifférence. En cela, sans avoir la grosse tête, Ticket Magazine est devenu une référence. Le journal, sans tabous, a débattu de tous les sujets. En Une, des artistes, des créateurs, ont parlé de leur art, de leur vie sans a priori, velléité inquisitrice par rapport à ce qui se passe dans leur lit. Quand, disposés, certains font leur coming-out, sortent du placard, leurs témoignages sont consignés. Comme pour le rap hier, le rabòday aujourd’hui, Ticket Magazine est un témoin de son temps et des tendances. Des stars de ses Unes ont converti, pour le meilleur ou pour le pire, leur popularité en dividende politique. De Michel Martelly à Jacques Sauveur Jean, de Garcia Delva à Nice Simon, en passant par Caleb Desrameaux ou Antonio Chéramy ( Don Kato), beaucoup ont fait le saut en politique.