A partir de ces considérations sommaires sur la situation de l’existant, nous estimons que des mesures énergiques doivent être adoptées et mises en œuvre au niveau des facultés des universités publiques et privées du pays. Nous reconnaissons alors qu’il faudrait partir d’une évaluation de chaque étudiant qui aborde le premier cycle et instaurer dans chaque faculté des programmes d’accompagnement efficace en lecture et en écriture. Il faut certes des choix énergiques et stratégiques à adopter et à mettre en œuvre au niveau de l’Université en Haïti si nous voulons l’instituer sur des bases solides et durables, tant dans ses composantes publiques que privées. Pour cela, les syllabus et les bibliographies des cours seront soumis à la direction de la bibliothèque de chaque faculté pour la mise en place d’une collection de réserve avec tous les ouvrages et ressources documentaires pour chaque cours enseigné en plusieurs exemplaires. L’étudiant disposerait alors de la possibilité de réaliser des lectures précises, thématiques, organisées et ordonnées propres à sa discipline et à son cursus académique et selon le syllabus du cours de chaque professeur. Dans la mesure où l’étudiant est appliqué dans ses études et ses lectures, il pourra alors anticiper les différentes séquences du cours du professeur et s’orienter alors vers l’excellence académique en maitrisant de plus en plus le contenu du cours. Les séances en salle de cours seront alors pour lui plus faciles à assimiler et lui serviront surtout pour approfondir la matière. La lecture est par conséquent un puissant facteur de réussite des études universitaires et un catalyseur vers la recherche, l’activité créatrice et la production intellectuelle.
Nous étudions ci – après un ensemble de propositions qui, tout en tenant compte des limitations structurelles, pourraient amener à une amélioration substantielle de l’existant. Elles demandent de la constance, de la persévérance et, surtout, une foi inébranlable dans les possibilités de la jeunesse universitaire du pays comme force de transformation et de relève du pays. Toutes ces propositions se résument à une reconsidération des programmes de licence incluant des dispositions que nous étudions ci – après.
? Pour l’organisation d’une propédeutique dans les programmes de licence
Les différents programmes de licence que nous avons visités et étudiés dans le cadre de cette étude fonctionnent avec le présupposé que l’étudiant qui vient directement du secondaire et qui a réussi le concours d’entrée à l’université possède toutes les compétences académiques et dispositions intellectuelles pour aborder convenablement et de façon efficace des études universitaires de longue portée. Ceci pourrait être est vrai dans une certaine proportion à déterminer par des enquêtes longitudinales. Cependant, en très grande partie, durant ces dernières années, il est de plus en plus constaté par les professeurs que les étudiants qui viennent d’aborder les études universitaires, tant dans le secteur public que privé, nécessitent un accompagnement académique spécial eu égard aux récentes orientations des pratiques pédagogiques du secondaire. Ceci est fondamental pour une appréciation sereine du problème. Cet accompagnement doit tenir compte de l’organisation et de la structuration de la pensée de l’étudiant, de ses capacités de conception et de réflexion, de ses compétences en lecture, en expression écrite, en recherche documentaire, en utilisation des bibliothèques traditionnelles et numériques, en utilisation rationnelle de l’internet et des bases de données pour qu’il puisse devenir un utilisateur intelligent de la technologie de l’information et de la communication. Cet accompagnement accordera une place importante aux compétences de l’étudiant en informatique, aux logiciels de traitement de textes et de dactylographie, aux diverses techniques de lecture et à l’organisation rationnelle de celle - ci, aux commentaires de textes, aux pratiques de résumés et de synthèses, aux normes de présentation des travaux académiques des manuels de style, et aux nuances de l’expression écrite et orale. Ceci tant en français qu’en langue créole. L’étudiant doit apprendre également l’histoire de la discipline scientifique qu’il étudie, tant sur le plan international que national. En termes clairs et précis, il doit être à même de concevoir, organiser, structurer, expliquer et exprimer sa pensée dans les normes et les formes requises de l’écrit universitaire. Les professeurs doivent insister sur les techniques de recherche documentaire, l’utilisation académique d’internet et des bases de données en dehors de tout plagiat, la connaissance des normes de présentation des travaux académiques, les logiciels de traitement de texte et la dactylographie. Avec la réorganisation du cursus des universités publiques et privées, des cours d’Organisation du Travail Intellectuel (OTI) d’Expression Ecrite Créole et française, d’histoire nationale et d’histoire des disciplines respectives, d’informatique, de recherche sur internet, de dactylographie et d’utilisation des bases de données avec notamment les opérateurs booléens doivent se donner en première année ou session de toutes les facultés. Il en est de même des lectures obligatoires avec rapports de lecture, exercices de résumés et de synthèse de documents pour garantir le passage de l’étudiant de la lecture aux pratiques de l’expression écrite.
? Pour un renforcement et une réorganisation des cours d’OTI
Les recherches que nous avons effectuées dans le cadre de cette étude nous ont montré qu’il n’existe pas, dans de nombreux centres universitaires publics et privés, une préparation intermédiaire des étudiants pour aborder des études universitaires sérieuses de longue portée et acquérir des compétences académiques pour les réussir selon des critères d’efficacité et d’excellence. Le problème d’une formation adéquate et appropriée des étudiants n’étant point alors posé en amont, c’est - à - dire au niveau du secondaire caractérisé par la persistance d’un flou, l’on ne devrait normalement point s’étonner des problèmes que confrontent ces mêmes étudiants au cours du cycle de la licence. Les difficultés et problèmes se compliquent encore avec la rédaction de leur mémoire de sortie d’une part et les performances et compétences que l’on attend de ces jeunes dans la vie professionnelle de l’autre. Les responsables des facultés doivent adopter sérieusement des dispositions énergiques en la matière avec l’introduction des cours d’Organisation du Travail Intellectuel (OTI), d’Expression Ecrite Créole et Française et de méthodologie de la recherche dans le cursus académique de leurs institutions respectives et l’organisation de ces cours comme nous venons de le voir plus haut. Ceci contribuerait, autant que faire se peut, et dans la mesure que ces cours soient bien dispensés, à améliorer graduellement la situation et à intégrer l’étudiant dans une structure formelle d’apprentissage et de structuration de sa pensée. La tâche ne sera point pour autant aisée car, il faut honnêtement reconnaitre que les professeurs réellement qualifiés, compétents efficaces et dévoués pour ces matières hautement stratégiques ne sont pas actuellement légions en Haïti.
Nos recherches nous ont prouvé d’autre part que, dans de nombreuses facultés des universités publiques et privées du pays, ces cours existent. Dans certains cas, ils sont donnés par des professeurs valables, compétents, dévoués et réellement qualifiés. Cependant, il est des problèmes évidents et sérieux qui empêchent à ces professeurs d’atteindre complètement leurs objectifs académiques. Parmi ces problèmes, nous retenons en passant la surcharge des salles de cours. Avec toute la bonne volonté et toute la compétence académique et professionnelle du monde, un professeur ne peut pas faire un cours d’Organisation du Travail Intellectuel (OTI) et d’Expression Ecrite Française et Créole devant un auditoire de cinquante étudiants. Or, nous avons pu constater des situations ou le nombre des étudiants est encore plus élevé à ces cours. Comment assurer un suivi efficient et efficace de chaque étudiant dans de telles conditions ? Comment corriger et annoter les travaux pratiques, les résumés et rapports de lecture et autres exercices pédagogiques pour chaque étudiant ? Comment mesurer chaque semaine la progression de tous les apprenants ? Comment contrôler alors les programmes de lecture des étudiants du cours ? Il faut nécessairement réduire les effectifs pour les cours d’Organisation du Travail Intellectuel (OTI) et d’Expression Ecrite Française et Créole à vingt-cinq (25) étudiants au grand maximum. Le professeur assurera un contrôle personnalisé pour chaque étudiant qui aura, outre les cours théoriques à suivre en salle de classe, à remettre chaque semaine un travail de production intellectuelle suivant les normes de l’écrit universitaire.
Les cours stratégiques d’Organisation du Travail Intellectuel (OTI) et d’Expression Ecrite Française et Créole, pour donner effectivement des résultats intéressants, nécessitent des infrastructures académiques essentielles et basiques comme des bibliothèques avec des collections thématiques adaptées aux disciplines enseignées dans la faculté et possédant des ressources bibliographiques à jour. Il faut des exemplaires récents des manuels de style pour la présentation des travaux académiques comme les normes APA (American Psychologist Association), AFNOR (Association Française de Normalisation), Turabian, Chicago, Vancouver ou MLA (Modern Language Association). Il faut également des laboratoires d’informatique avec des postes d’ordinateurs en quantité suffisante et branchés sur internet haut débit et des bases de données spécialisées dans les disciplines d’étude de la faculté pour des exercices pratiques de recherche sur internet et d’utilisation rationnelle d’une documentation pertinente. Ensuite, les d’Organisation du Travail Intellectuel (OTI) doivent s’harmoniser avec les cours d’Expression écrite française et créole. Les devoirs et travaux pratiques donnés aux étudiants dans ces cours doivent se porter sur des éléments théoriques et des textes de base de la discipline d’étude. Un cours d’expression écrite française pour des étudiants en Droit ne peut avoir le même contenu pour des étudiants en Communication ou en Travail social. Il en est de même pour les sciences médicales ou agronomiques. Les exercices de résumés de textes ou de synthèses de documents doivent se réaliser sur les textes de base constituant le portefeuille de lectures obligatoires pour chaque discipline académique.
Des séances d’harmonisation entre les professeurs des cours d’Organisation du Travail Intellectuel (OTI) et d’Expression écrite française et créole doivent se tenir régulièrement sous les auspices du directeur de département et du responsable académique de la faculté. Il s’agit alors de fixer les axes de complémentarité pour l’attribution de domaines théoriques bien déterminés aux travaux pratiques. Les étudiants auront à effectuer des lectures obligatoires et réaliser continuellement des exercices d’expression écrite conformément aux normes du manuel de style adopté par l’université ou la faculté. Cela contribuerait effectivement à permettre à l’étudiant de commencer l’exercice continu de la lecture à l’expression écrite et vice – versa, selon les normes de l’écrit universitaire. Il continuera avec la même démarche dans les cours de méthodologie, de séminaires de stage et d’atelier de mémoire.
Enfin, les cours d’Organisation du Travail Intellectuel (OTI) et d’Expression Ecrite Française et Créole doivent mettre l’accent sur la production écrite hebdomadaire des étudiants. Il faut introduire dans ces cours la production et la soumission de rapports de lecture hebdomadaires, nécessaires et préalables pour toute participation des étudiants à chaque séance de cours. Le professeur veillera à ce que les étudiants réalisent effectivement les fiches bibliographiques d’auteurs, de résumés et des travaux de synthèse de documents et, surtout, qu’ ils produisent des textes et des documents en commençant par appliquer les normes de l’écrit universitaire. La mise en page, la structuration des chapitres et des paragraphes, les citations, la présentation de la bibliographie doivent recevoir une attention particulière. Les responsables académiques et les directeurs des départements des facultés veilleront à ce que ces bonnes pratiques soient maintenues et régulièrement évaluées.
? Pour une réorganisation des cours d’expression écrite française et créole
Dès la fin des années 1990, les problèmes des capacités rédactionnelles des étudiants abordant le cycle des études de licence au niveau du pôle académique des sciences humaines et sociales avaient commencé sérieusement par attirer l’attention des professeurs et des responsables de faculté. Dans ce contexte, des cours d’expression écrite française et créole avaient été institués au niveau du cursus et de certaines facultés. L’objectif de ces cours n’était pas de reprendre la grammaire, mais bien, en se basant sur les aspects structuraux de la langue et les techniques d’écriture d’amener l’étudiant à la production intellectuelle et à formuler correctement ses idées dans les langues d’étude. Au début, l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), avec le support technique et logistique de l’Institut Français d’Haïti (IFH) assurait la formation des professeurs en Français comme Langue Etrangère (FLE) pour les cours dans le cadre d’un partenariat avec le Rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti (RUEH). Cependant, depuis plus d’une dizaine d’années, cette coopération n’est plus active. Pendant ce temps, les étudiants nous arrivent en scolarité de licence avec des lacunes de plus en plus déterminantes au niveau de l’expression écrite française et créole. Dans de nombreuses entités, comme par exemple la Faculté des Sciences Humaines, ces cours sont institués et des dispositions ont été arrêtées pour que l’on ait une année préparatoire à vocation de propédeutique. Par la suite, nous retrouvons des cours d’expression écrite française dans tous les pôles académiques des universités publiques et privées du pays.
Après plus de deux décennies, quel est le bilan de ces expériences éducatives ? Sous ce rapport, nous ne disposons point d’un document d’évaluation des autorités académiques concernées. Nos propres observations nous permettent de relever que ces cours ne se réalisent point dans des conditions acceptables. Dans nombre de cas, les étudiants les réussissent sans pouvoir à l’ avenir mettre à l’épreuve des compétences rédactionnelles. Ces cours se donnent dans des salles surchargées de plus de cinquante étudiants et dans un cadre physique délétère avec notamment la chaleur, le bruit, les interférences de toute sorte, les étudiants qui parlent entre eux et qui chattent sur leurs téléphones pendant que le professeur est en chaire. De plus, il n’y a pas de supports pédagogiques comme des ouvrages de référence, des manuels d’expression écrite avec des exercices et une méthodologie de mise en œuvre. Il n’y a pas de directives émanant des responsables académiques des facultés. Chaque professeur procède à sa guise et suivant sa bonne volonté. De plus, il manque de travaux pratiques et, avec le nombre élevé des étudiants, le professeur ne peut pas assurer un suivi académique des étudiants en termes de présence, de régularité, d’application et de progrès réalisés en capacités et habilités acquises. Dans de nombreuses occasions, et il faut le souligner dans ce contexte particulier, les étudiants ne sont pas motivés pour les cours et sont plus accrochés à leur téléphone que de suivre les travaux du professeur en chaire. Ils sont venus seulement là pour « passer un cours » pour « le brûler » comme c’est dit dans le nouveau jargon actuellement en cours à l’université en Haïti. Dans de telles conditions, l’on a seulement une évaluation en fin de cours dont on peut questionner la pertinence et la fiabilité académique. Dans de nombreux cas, l’on retrouve le même cours d’expression écrite française et créole dans plusieurs facultés se donnant de la même façon. Or, il est clair qu’un tel cours ne peut se donner de la même façon en sciences administratives et en sciences juridiques. Est – ce que l’on peut continuer ainsi ? Nous pensons fermement que non. Avec courage, il faut reconsidérer ces cours si l’on veut, autant que faire se peut, arriver à une certaine amélioration de l’existant, ne serait – ce qu’en aval.
D’abord, les responsables académiques des facultés, instituts et écoles supérieures des universités publiques et privées du pays doivent bien définir les finalités de ces cours en termes d’extrants et compétences à fournir aux étudiants des disciplines respectives. Ensuite, ils doivent s’assurer que le contenu de ces cours soit harmonisé dans le cas où ils sont dispensés par des professeurs différents. Dans certaines facultés par exemple, il y a « Expression française I » et « Expression française II ». Quelle est la différence fondamentale entre ces deux cours en termes d’objectifs pédagogiques et de contenus ? Il faut bien qu’il se tienne des séances d’harmonisation entre les professeurs qui font ces deux cours sous l’égide du Responsable académique de la faculté. Ensuite, il faut bien limiter, et ceci est une exigence fondamentale, essentielle, incompressible, eu égard à la nature et la spécificité de ces cours, il faut bien disions-nous, limiter strictement la quantité d’étudiants à vingt-cinq (25) au grand maximum dans ces cours. Ce qui permettrait au professeur d’avoir un contrôle effectif et d’assurer le suivi académique de chaque étudiant à travers des exercices en salle de classe et des travaux pratiques en bibliothèque et à la maison. Il faut ici bien noter que ces cours ne sont pas similaires ou encore interchangeables d’une discipline ou d’une faculté à une autre pour être plus précis. Un cours d’expression écrite française et créole ne peut se faire de la même façon en droit, en travail social ou en sociologie. Ce cours doit s’enraciner dans la discipline d’étude de l’étudiant en lui permettant de se familiariser avec les concepts et le vocabulaire de base, la terminologie avec des exercices de résumés, de synthèses et commentaires de texte des auteurs au sein de la discipline. Le matériel de base pour que l’étudiant réalise ces tâches académiques doit être sélectionné à partir de sa discipline d’étude respective. De plus, chaque semaine, l’étudiant doit réaliser un travail académique pratique sur un texte que lui fournira le professeur. A chaque correction hebdomadaire, le professeur fera des suggestions écrites à l’étudiant sur son travail et assurera ainsi un suivi académique de l’ensemble de la classe. En salle de classe, les cours se feront en deux parties : un exposé théorique avec explication des concepts et des rondes de questions et de réponses. Ensuite, il y aura des exercices pratiques de commentaires, de résumés, et de production intellectuelle. Le professeur doit avoir un profil de la trajectoire de lecture des étudiants du cours et veiller à ce qu’ils augmentent ce potentiel en faisant l’articulation entre la lecture et l’expression écrite. D’ailleurs, pour que le professeur puisse concrétiser correctement ces objectifs pédagogiques, la bibliothèque de la faculté doit avoir sur ses rayons les principaux ouvrages de base de la discipline d’étude en plusieurs exemplaires. De plus, les laboratoires informatiques doivent être fonctionnels, avec des postes d’ordinateurs en quantité suffisante et branchés sur internet haut débit pour permettre aux étudiants de réaliser des recherches documentaires sérieuses comme support à la production intellectuelle écrite.
? Pour des Ateliers de lecture et d’écriture
Toujours en appui aux cours d’organisation du Travail Intellectuel (OTI) et d’Expression écrite, les dirigeants des facultés des universités publiques et privées peuvent appuyer la mise en place et le fonctionnement des ateliers de lecture et d’écriture dans les pôles des sciences humaines et sociales. Il pourrait alors se tenir des ateliers thématiques suivant les disciplines académiques, les matières de ces facultés et les grands problèmes de la société : enfance difficile, toxicomanie, migration, droits de la personne, genre, éducation, santé, logement, emploi, politique économique, structure agraire, intégration régionale, adoption, filiation, obligations et contrats, succession, administration publique, économie sociale, entreprenariat … il y aura par exemple des groupes thématiques de trois étudiants qui auront alors à effectuer une recherche documentaire sur la question, à formuler un sujet au sein de la thématique. Ils auront aussi à identifier les ouvrages et documents se rapportant au sujet, à faire des fiches bibliographiques, à lire cette documentation et à effectuer des résumés de ces textes qu’ils auront à lire en salles de cours lors des séances de restitution, de partage et d’ échanges en salle avec leurs collègues. Un professeur animera ces débats tout en veillant à ce que les lectures ont été effectuées par tous les membres du groupe et les résumés correctement rédigés. Des séances de lectures commentées peuvent également être organisées en salle de classe. Enfin, le processus culminera avec la production d’un petit texte écrit par le groupe de travail thématique en suivant scrupuleusement les normes de l’écrit universitaire. Il peut se tenir alors, à la fin de la session académique, une matinée spéciale où tous les groupes auront à présenter leurs réalisations devant le grand public. Le professeur – animateur de l’atelier assurera la modération des débats.
Il est à noter que le professeur Hérold Toussaint, actuel Vice-Recteur aux Affaires académiques de l’Université d’Etat d’Haïti, organise des ateliers de lecture et d’écriture thématique avec des groupes d’étudiants depuis près d’une dizaine d’années. Les productions des étudiants sont réunies en ouvrages présentés régulièrement à la foire du livre haïtien « livres en folies ». Le professeur Jn. Anil Louis Juste, avant son assassinat le 12 janvier 2010, animait des ateliers de lecture sur l’œuvre de Paolo Freire. Le professeur Jean Rénol Elie anime actuellement des ateliers sur l’économie sociale avec des lectures obligatoires. Le professeur Webert Lahens réalisait des séminaires sur la lecture et l’écriture des documents administratifs. Le professeur Marc Exavier, dans le cadre de l’Association pour la Promotion de la Lecture (APROLECT), met en œuvre tout un programme d’accompagnement en lecture et en écriture à l’intention des jeunes écoliers et universitaires. Il convient de renforcer ces initiatives et de les systématiser. Il faut également encourager la création de journaux ou publications des étudiants en format électronique ou en imprimé pour la diffusion de leurs premiers travaux. Il s’instituerait alors une dynamique de lectures, de synthèse et de production écrite du savoir au sein même des études universitaires. Ce qui renforcerait les capacités et compétences académiques de l’étudiant au niveau de l’organisation de la pensée et de l’expression écrite et l’habiliterait à mieux préparer son mémoire de sortie et intégrer la vie professionnelle.
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