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Le cri de détresse de Jacques

JB
Jean-Claude Boyer Vendredi 1er décembre 2017

December 1, 2017 · Lecture : 3 min

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En route pour Vallue La Montagne le mercredi 25 octobre, je n’ai pas pu suivre « Di m m a di w » de Radio Kiskeya où Marvel Dandin recevait Jacques Sampeur, pionnier de la libre tribune. Dans l’histoire de la radio haïtienne, ce fait est toujours à signaler comme un record. Marvel a présenté Jacques comme son ex-patron, le directeur de Radio-Télé Kiskeya ayant fait ses débuts à Radio Port-au-Prince, dirigée lors par M. Sampeur. Le 25 octobre, il était reçu à Kiskeya comme un confrère. Un confrère en difficulté. De plus, l’animateur de « Di m m a di w » ne rata pas l’occasion pour le présenter non seulement comme le père de la libre tribune, mais aussi comme ancien dirigeant de l’ANMH (Association nationale des médias haïtiens).

Personnellement à la gestation de l’association, je n’en voyais pas l’utilité. Je le percevais – ce syndicat de patrons de presse – comme un cheveu sur la soupe. Mais à l’arrivée, force est de reconnaître son utilité puisque voilà qu’elle se mobilise pour « sauver le soldat Ryan », pour reprendre le titre du film de Steven Spielberg. Cette manifestation de solidarité est exemplaire.

300 × 250

Le nœud du problème : depuis avril 2017, le local de la Radio-Télé Antilles, au haut de la rue Métellus, plus précisément au bas de Montagne Noire, est sous contrôle judiciaire à la requête du FDI (Fonds de développement industriel). Comment ai-je appris la nouvelle ? Parce que des confrères ont mis leurs installations à la disposition du P.D.G. de « Antilles International ». Aussi ai-je pu capter en chemin le mercredi 29 novembre et en intégralité le jeudi 30 novembre l’interview accordée à Marvel. En effet, les deux fréquences, le 96.9 FM et le 93.3 FM (Canal du Christ), émettent toujours.

Jacques déplore que le matériel, sous l’effet de l’humidité, se détériore avec la saisie opérée par le FDI. L’histoire est que de 2008 jusqu’à 2013, Jacques – malgré les dégâts causés par le séisme du 12 janvier 2010 – honorait ses engagements. Ont été mis sur pied un fonds de garantie puis un fonds de reconstruction. Ces instruments financiers, Jacques n’a pu en bénéficier. A l’arrivée, « Antilles International » est en péril. Malgré les démarches entreprises en haut lieu, Jacques ne voit pas le bout du tunnel. Je ne m’attarderai pas sur son dépit, à savoir qu’à ses débuts – la radio sise lors à la rue du Centre – a bénéficié du support de personnalités du monde commercial et bancaire, notamment Fritz Brandt et Raymond Thomas et voilà qu’aujourd’hui il reçoit un traitement sans ménagement de membres de la classe moyenne. Ce genre de remarque risque de reposer « le problème des classes ». Je préfère retenir le mouvement de solidarité qui s’est dessiné à l’ouverture des ondes aux auditeurs (speakerphone). D’ailleurs, Liliane Pierre-Paul rappela avec justesse l’initiative de Radio Antilles d’organiser un marathon en 1986 pour le retour sur les ondes de Radio Haïti Inter. Marvel de souligner le risque pris lors par M. Sampeur puisque les tenants du régime déchu n’étaient pas tout à fait affaiblis.

Alors, tous ceux et toutes celles qui ont apprécié le travail de Jacques Sampeur pour la libre opinion, la libre expression doivent s’associer d’une manière ou d’une autre pour la sortie des eaux de Radio-Télé Antilles, un patrimoine médiatique à préserver. « Il faut sauver le soldat Ryan ». Un impératif.

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