La pression s’accentue sur le président Jovenel Moïse quarante-huit heures avant l’interpellation du Premier ministre Jack Guy Lafontant à la Chambre des députés. Contrairement aux garanties données au secteur privé et à une partie de la classe politique sur la démission du Premier ministre, en raison de la mauvaise gestion du dossier de l’augmentation des prix des produits pétroliers, le président de la République fait encore durer le suspense sur ce dossier brûlant de l’actualité. Des discussions entre les parlementaires de différents blocs politiques à la Chambre des députés pour créer les conditions nécessaires à la réalisation de la séance du samedi laissent certains députés perplexes. Les 16 députés de l’opposition et la plupart de leurs collègues du bloc majoritaire se sont mis d’accord pour sauver l’honneur de la 50e législature.

Il n’est un secret pour personne que la mauvaise gestion de l’augmentation des prix des produits pétroliers était visible à l’œil nu. Qu’il s’agisse des essais du gouvernement sur l’augmentation des prix et la décision effective de l’augmentation par conférence de presse le vendredi 6 juillet en cours, nombreux sont les observateurs qui avaient clairement expliqué aux différents membres du gouvernement que ce serait une catastrophe. Il n’est pas dans la culture des hommes d’Etat de notre pays de tirer leur révérence à la suite de l’échec d’une décision inappropriée. Quel que soit le rapport qui lie le président Jovenel Moïse au Premier ministre Jack Guy Lafontant, celui-ci devrait reconnaître ses errements et remettre sa démission au plus tard vingt-quatre heures après les violences. Pourquoi doit-il attendre le vote de censure d’une assemblée législative alors que l’entourage du président de la République n’a raté aucune occasion pour clouer au pilori le Premier ministre à cause de son incapacité ?