La crise qui sévit au sein de l’Alliance parlementaire pour Haïti (APH) est liée à une crise conjoncturelle qui met en cause le fonctionnement des deux chambres du Parlement haïtien. Les interventions, les unes plus contradictoires que les autres, émanant des membres du bloc majoritaire dans la presse électronique, justifient le malaise profond qui caractérise ce regroupement de parlementaires. Le président de ce bloc, Jean Wilson Hyppolite, n’a plus droit de cité au sein de l’APH en raison de la multiplication des interventions des députés au sujet de ce bloc. Alors qu’un groupe de députés de l’APH est favorable à la présentation de la déclaration de politique générale du Premier ministre sans aucune forme de négociation, d’autres parlementaires du groupe exigent des pourparlers avec les blocs politiques à la Chambre des députés pour le partage de postes ministériels. Une situation explosive au sein de la Chambre basse à l’occasion de l’analyse des pièces du Premier ministre nommé conformément à la Constitution en vigueur. Les autres blocs politiques minoritaires observent la décadence de l’APH avec une majorité d’une soixantaine de députés.

Selon des sources proches de ce bloc, le pactole versé au président de l’APH, à l’occasion de la séance d’interpellation du Premier ministre Jack Guy Lafontant, le 14 juillet dernier, serait à l’origine des dissensions au sein du groupe majoritaire à la Chambre basse. Accusations, contre-accusations et injures à l’endroit du président du bloc dans les médias ne contribuent pas à faciliter la tâche au Premier ministre nommé Jean Henry Céant. Le cas du groupe majoritaire qui a échappé au contrôle du parti au pouvoir constitue un précédent dans l’histoire récente du Parlement haïtien. D’autres blocs politiques, issus de différents partis politiques au cours de la 48e législature, se retrouvaient au sein de la Coalition des parlementaires progressistes (CPP), un bloc politique proche de l’administration Préval qui avait réussi à implanter à la Chambre basse un modèle de gestion de bloc politique. Cependant, l’Organisation du peuple en lutte (1995-1999) et Fanmi Lavalas (2001-2004) avaient le contrôle des blocs parlementaires issus de ces partis politiques.