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Opinions

Haro sur Haïti

HY
Hubert Yves BARREAU Léogâne 17 août 2018

September 3, 2018 · Lecture : 2 min

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La mauvaise situation sociopolitique du pays interpelle la conscience et le patriotisme de tous les dignes fils d’Haïti. Depuis plus de trente ans, d’une part, on a voté une Constitution qui n’est pas tout à fait applicable et adaptée à la réalité et on fait l’expérience d’une démocratie qui n’attérit pas. Les vieux démons de division, de haine atavique, de jouissances personnelles ne cessent d’accaparer nos esprits et ne permettent pas à la grande majorité de la population d’espérer un minimum de mieux-être et de vie décente, car nos dirigeants passés et actuels n’ont jamais rêvé ni eu le souci du progrès et de la prospérité de ce coin de terre. Ils se comportent presque comme des passagers en transit ou comme des loups affamés dans une bergerie. Il faut que cette pratique change; il est temps que les choses se fassent autrement et que la bonne gouvernance serve d’outil pour faire avancer le pays sur la voie de l’harmonie, de la concorde, du vivre-ensemble, en rétablissant l’autorité de l’État et un climat de confiance.

Les événements des 6, 7 et 8 juillet 2018, de même que le séisme catastrophique du 12 janvier 2010 semblent ne rien apporter de leçons à nos élites qui continuent à agir et à vivre comme si rien ne s’était passé avant. Que d’insensés au sein de cette catégorie sociale!

300 × 250

Plus d’un mois après la démission de M. Jack Guy Lafontant et plus d’une semaine après la nomination officielle du Premier ministre Jean-Henry Céant, on a l’impression d’être dans un navire livré aux caprices des vents et des flots sans matelots et sans gouvernail. On dirait des gens assis autour d’une table de poker-coquins ou enfermés dans un marché de dupes où tous les coups sont permis; que l’intérêt national ne vaut pas grand’chose et que chacun lutte pour tirer le drap de son côté. Ce jeu macabre et sans grandeur doit cesser pour prendre le pays au sérieux et lui offrir une autre orientation.

Les jeunes de ma génération souffrent considérablement de cette déliquescence et se sentent très mal dans leur peau; c’est pourquoi d’ailleurs ils quittent le pays et on les voit comme errants partout sur la planète. Ils sont tellement abusés et mystifiés qu’ils ont perdu confiance dans le destin de la patrie. Même dans le sport ( football), ils se réclament brésiliens, argentins,... et se montrent convaincus de la nouvelle et émotionnelle citoyenneté.

Face à cette escapade d’identité et de personnalité constatée chez bon nombre de congénères, j’invite les dirigeants à se ressaisir pour que, par leur égoïsme, leur cupidité et leur rivalité de chapelle, ils n’exposent pas et ne mettent pas en péril ce morceau de terre légué par nos ancêtres au prix du sang et de grands sacrifices: car l’histoire enseigne la disparition de plusieurs peuples et de civilisations.

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