Ce lundi est le premier lundi de l’histoire récente de ce pays (depuis 1919) qui voit les transactions se faire à un taux de change de 75 gourdes pour un dollar américain. La chute de la valeur de la gourde est devenue une constante de ces derniers mois. Ce nouveau palier ne choque personne. On n’en parle même pas. On serre les dents. On accepte. On finira par s’habituer en attendant la prochaine glissade. La confusion sur les causes de cette dégringolade a raison de tout bon sens.

Moïse Jean-Charles, leader de l’opposition en chasse d’attention, a hissé le week-end écoulé un étendard noir et rouge au haut d’un mât à Vertières. Un étendard, mais pas le drapeau des Duvalier. Cela fait des mois que sporadiquement, Moïse, toujours en chemise rouge, fait flotter le noir et rouge dans des manifestations. Ces couleurs rappellent la dictature. Moïse se dit de gauche. Ce lundi, plus d’un se demande si le leader de Pitit Dessalines a fait un coup d’éclat ou posé un acte révolutionnaire. Se rapproche-t-il de Dessalines et de son drapeau noir et rouge ou fait-il allégeance au régime des Duvalier ? Moïse Jean-Charles se réclame-t-il de l’autoritarisme des présidents et monarques qui ont régné en Haïti avec le noir et le rouge ou veut-il lancer une nouvelle ère loin des passés révolus ? Moïse devra vite nous expliquer sa pensée profonde avant que la confusion n’enlève tout sens à son action.