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Opinions

On ne joue pas d’un peuple de la sorte

JK
Jean Kensle Figaro jeankenslefigaro@gmail.com

January 14, 2019 · Lecture : 3 min

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De nos jours, le peuple haïtien ne fait qu’élire des dirigeants qui avec le temps deviennent de plus en plus, audacieux, astucieux dans l’usage à leurs profits des biens et des fonds de l’Etat. Ils connaissent les rouages et en créent davantage. Ils se créent un cercle et tout se fait par et pour ce dernier. Les mésententes, les querelles, les désunions, ne sont que des faux semblants. Tandis que le peuple ne fait que succomber et subir.

Le pays regorge de difficultés, de problèmes, non à cause du climat ou de sa situation géographique, mais à cause de nos choix, de nos dirigeants et de les leurs. Notre succès, notre fierté, notre orgueil remontent à 1804. Qu’avons-nous fait depuis ? Nous ne faisons que ternir l’image du pays et les notres. Nos compatriotes ne nous prennent pas au sérieux ; la communauté internationale encore moins. L’hypocrisie y est, se sait et se meut.

Chers dirigeants et impliqués, on ne joue pas d’un peuple de la sorte. Ayez conscience.

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Vous jouez de notre misère. Tant de plans de développement, tant de visions, tant d’acteurs. Haïti, pays émergent d’ici 2030. Les objectifs de développement durable. Où en sommes-nous ? Vous attisez les plus faibles avec vos propagandes, vos soi-disant programmes sociaux. De “bay misye yon moto”, à Ti maman cheri”, passant par “Kore etidyan”, pour finir à “Kredi atè plat”. Tandis que nos problèmes structurels, vous les ignorez. Et vous vous enrichissez.

Vous usez de l’indifférence de ceux qui savent et qui peuvent. Avec le temps, nos parlementaires ont émergé en puissance et en propagande. Il n’est plus question d’entendre parler principalement du président et du premier ministre comme du temps des anciens présidents Aristide, et Boniface ou du Premier ministre Latortue. De nos jours, nos parlementaires sont au cœur des actions. Ils s’engueulent, se dénigrent et s’enrichissent. Ils jouent le rôle de l’Exécutif en promettant routes, écoles et autres... Rien ne peut se faire dans certaines communautés sans l’implication d’un député ou d’un sénateur. Ils négocient des postes de l’Exécutif, on entend leurs noms quand on parle d’insécurité, de crimes. Ils sont partout. Ils sont maîtres et seigneurs ces temps-ci. Il n’y a personne pour les contrôler, car ils contrôlent “tout le monde”.

On ne joue pas d’un peuple de la sorte. Le plus dur dans tout cela, vous jouez de nos espérances, de nos ambitions.

Vous ne nous offrez rien. Certains d’entre nous se rendent sous des cieux plus cléments, d’autres décident de rester et d’affronter. Hélas, vous jouez de nous. On se bat pour sortir de la tradition, on espère, on se ment également. Mais le plus important est qu’on essaie d’avancer. Le fameux mot “entrepreneuriat” incubateur startup fait son chemin, en dépit et malgré tout, et vous emboitez le pas. La technologie se mêle, “Le concept incubateur technologique” prend naissance en Haïti, et vous emboitez le pas.

Vous riez de nous, vous vous immiscez et vous essayez de jouer de nos espoirs et de nos ambitions. Il ne s’agit pas pour vous de bien faire, de nous aider à nous émanciper. Vous faites presque tout à tout-bout-de champ, et on a l’impression que vous ne faites qu’improviser.

Vous nous promettez de l’électricité dans tout le pays, de l’internet gratuit sur le Champ de Mars, vous nous offrez un “incubateur’, vous invitez des gens de haut calibre pour nous donner des conférences. Mais à quelle fin ? La part de l’éducation dans le budget national ne fait que diminuer, celle des ministères, du commerce, des finances combinées ne dépasse pas 10%. Ne parlons pas du climat des affaires, de la concurrence sur les marchés et sur les lois qui devraient exister.

Vous jouez de nous. Le pire, de nos jours vous jouez même de nos ambitions et de nos espoirs.

Le temps s’en va, hélas vous demeurez encore et vous existerez toujours. Mais souvenez-vous qu’on ne peut tuer le rêve d’un peuple. Et que tout animal traqué mord.

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