(Deuxième partie )
Par Jean-Marie Beaudouin
La Seconde Guerre mondiale:

(Deuxième partie )
Par Jean-Marie Beaudouin
La Seconde Guerre mondiale:
Son issue occultée (Suite…)
Avec les utiles soutiens dont Adolf Hitler fut l’objet avant son accession et pendant l'exercice de son pouvoir, il put en effet s’imposer à toute l’Europe dans sa marche ascensionnelle vers le destin qu’il porta pour le peuple allemand. En quoi consiste-il, ce destin ? Réponse : faire de l’Allemagne un superempire colonial dont les colonies seraient essentiellement formées de territoires et de peuples slaves se trouvant à l’est, au sud et au centre de l’Europe. On peut donc déduire que s’il advenait que ce projet grandissime se réalise tel qu’imaginé par son auteur, l’Allemagne deviendrait alors la capitale de l’Empire avec plus de 18 000 000 kilomètres carrés sous sa juridiction. Hitler n’en était pas loin de l’affaire; son échec n’est pas non plus causal d’une quelconque faute de la part de ses soutiens au rang desquels arrivent en tête les États-Unis, l’Angleterre, la France, le Vatican et consorts.
Voici quelques évènements, pas des moindres, qui corroborent la présente thèse. Sous l’administration fasciste du IIIe Reich, l’Allemagne se désengage de tous les accords et traités que les gouvernements d’avant avaient signés. Le monarque-chancelier-président voulait avoir les mains libres pour pouvoir agir à son tempérament de chef de guerre ; et sans surprise, il s’impose au reste du monde. Retrait de l’Allemagne nazie du traité de Versailles (France, création: 28 juin 1919, qui tient l’Allemagne responsable de la Première Guerre mondiale impérialiste), retrait de l’Allemagne nazie de la Société des nations/SDN (Genève-Suisse, création: 10 janvier 1920), dénonciation et retrait de l’Allemagne nazie des accords de Locarno (Suisse, création: 16 octobre 1925) et remilitarisation de la Rhénanie (7 mars 1936), annexion de l’Autriche (Anschluss 12 mars 1938), crise des Sudètes allemands et l’invasion de la Tchécoslovaquie (29 – 30 septembre 1938), réclamation illégitime du couloir/corridor de Dantzig dans le but de réapproprier les anciens territoires de la Prusse orientale et invasion de la Pologne (1er septembre 1939) sont ici des attaques et des agressions légalement et démocratiquement condamnables, mais que les puissances occidentales considéraient comme faisant partie de la stratégie globale contre l’Union soviétique.
À bien y regarder, le soutien des Occidentaux à la cause nazie a été beaucoup plus puissant que les puissances réunies de l’Axe. Outre la bourgeoisie possédante américaine qui collabora sans sourciller avec l’État fasciste hitlérien, la presse américaine, dominée à l’époque par William Randolph Hearst dont les critiques fielleuses contre le communisme soviétique sont reprises par la faction anticommuniste contemporaine, a été pendant longtemps le prolongement de la propagande nazie à l’extérieur. Le Führer allemand garde en permanence la photo d’Henry Ford dans son bureau, celui-ci lui a été d’un apport financier et matériel très considérable à travers la multinationale Ford Company, géant constructeur automobile américain dont il est le propriétaire. Pas plus que la General Motor/GM qui était peut-être le plus grand contributeur dans cette gigantesque conspiration qui en préparait la guerre elle-même. La conviction fasciste était si forte aux États-Unis que les gros bonnets de l’industrie et les banquiers basculaient dans le camp d’Hitler: « Hitler est dans le vrai, et je ne ferai rien qui puisse le contrarier », disait James D. Mooney en 1940, un membre de la hiérarchie-GM. « Au début de cette année, nous nous engageons à tout faire pour la victoire finale », affirmait le journal d’entreprise Ford à Berlin. En 1934, William Randolph Hearst fut reçu en Allemagne par Hitler qu'il qualifie d’ « ami personnel ».
(Voir aussi le journaliste et historien britannique Charles Higham dans son livre révélateur de la collaboration des industriels américains avec l’Allemagne d’Hitler, qu’il intitule d’ailleurs Trading with the Ennemy de l’anglais ''Commerce avec l’ennemi'' (1933 – 1949), paru 1983 et réédité en 1998 et 2007).
Au chapitre interminable des soutiens que le Parti national-socialiste/Nazi et son leader reçurent avec facilité plutôt désirable, il y eut aussi le traité naval germano-britannique signé entre Joachim von Ribbentrop pour l’Allemagne fasciste et Samuel Hoare pour le Royaume-Uni, à Londres le 18 juin 1935 dans lequel toutes les demandes allemandes furent acceptées et respectées au pied de la lettre par Londres. Vinrent ensuite les accords de Munich (30 septembre 1938) entre l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie et la France, dont les signataires respectifs furent Adolf Hitler, Arthur Naville Chamberlain, Benito Mussolini et Édouard Daladier. Certes, lesdits accords portèrent en germe l’altérité de la Raison universelle, c’est-à-dire un véritable scandale diplomatique, mais ils ne constituaient pas moins la phase finale de la matérialisation physique de l’objet tant désiré et recherché : l’écrasement ou l’effacement ou l’écroulement de l’expérience communiste en Union soviétique. Puisque la Pologne figure parmi les territoires que les démocraties occidentales venaient d’offrir au caporalisme hitlérien, et elle est la porte d’entrée de la Russie avec laquelle elle partage 206 kilomètres carrés de frontière que n’importe quelle tortue peut atteindre facilement. En plus des autres contentieux territoriaux existant entre les deux pays.
Hitler reçut également le soutien inconditionnel de l’Église, que l’on peut considérer comme la plus importante adhésion qu’un chef d’État puisse recueillir dans le cadre de son hégémonie. Alors que le Führer fasciste briguait la domination et l’exerçait déjà à l’orée de son règne pour lequel il avait prévu mille ans. Lui, Hitler, n’est plus; mais son idéologie s’ancre durablement dans la culture occidentale. L’Église entière d’Allemagne était sans conteste dévolue à la cause nazie et de son dépositaire, dont le brevet est encore d’actualité. Pour le pape Pie XI, Hitler est un être rarissime que le Dieu Tout-Puissant a lui-même suscité pour être le guide du monde: « Pie XI, dans son allocution en 1933, se félicite de trouver en Hitler le premier et le seul homme d’État à avoir condamné et combattu le communisme. », lisant un article dans AGORAVOX paru le l6 février 2016, intitulé Source de l’antisémitisme nazi. Pie XII, qui fut son ambassadeur à Munich et qui lui succède après sa mort le 10 février 1939, s’entretint, négocia et signa avec Hitler l’accord concordataire du 20 juillet 1933.
On s’aperçoit ici que tout le feu était mis aux poudres pour en finir une fois pour toutes avec la question du pouvoir des prolétaires, de la paysannerie pauvre, des chômeurs et des masses laborieuses qui croupissent depuis la nuit des temps sous le joug du capitalisme. Selon la science bourgeoise, il est bien inconcevable qu’une masse de racailles puisse se hisser au pouvoir d’État et le garder à la face du monde civilisé. Oh non! Lénine a eu tort d’abroger les conventions bourgeoises; Staline n’a pas fait mieux, sinon qu’il a fait durer les nouvelles lois du prolétariat en tant que classe dominante à l’époque soviétique. Il était donc temps que Dieu naisse Hitler pour venir mettre de l’ordre dans la grande Maison en faisant régner l’ordre bourgeois sans rival et pour la vie.
Dans son énoncé de la loi du mouvement, le physicien-mathématicien-philosophe anglais Isaac Newton affirme : « Toute action déclenche une réaction. L’action est toujours égale à la réaction, c’est-à-dire que les actions de deux corps l’un sur l’autre sont toujours égales et de sens contraires.» (Voir « Principes mathématiques de la philosophie naturelle en 1867) ». Ne serait-ce que pour redécouvrir les connaissances acquises de jeunesse.
Ni Hitler ni ses sectateurs capitalistes ne croyaient pas que l’armée rouge résisterait aux assauts meurtriers de la Wehrmacht. Ils ont tous cru que l’armée fasciste allemande était invincible, et c’est l’une des raisons pour lesquelles ils avaient refusé d’ouvrir un front à l’Ouest, perspective qu’Hitler et ses généraux redoutaient parce qu’ils ne voulaient pas s’aventurer dans une guerre de longue durée. Pourtant, Staline insista auprès de l’Angleterre et la France pour qu’elles entrebâillassent au moins une porte qui serait gardée par une brigade aguerrie; ce qui ferait réfléchir Hitler, mais aussi procurerait un certain répit au front de l’Est. Lequel est engagé dans la guerre depuis l’invasion de la Tchécoslovaquie en mars 1939 par l’armée allemande (crise des Sudètes).
L’Angleterre et la France avaient rejeté ladite demande d’un revers de main, croyant qu’elles ne devraient pas laisser passer cette chance : celle de broyer le communisme prolétarien par l’armée fasciste allemande. Guerre éclair et victoire éclair étaient les évangiles d’Hitler, auxquels l’Occident capitaliste-impérialiste forma son intime conviction quant à la destruction totale du communisme et de l’internationalisme prolétarien. En allemand : Blitzkrieg et Blitzsiege sont les deux concepts de la guerre hitlérienne, avec lesquels le chef nazi-fasciste allait défier la vitesse de la lumière. Voici le propos de l’historien Carl Jacob Burckhardt (1891 – 1974) qui rapporte la perception d’Hitler vis-à-vis de l’Occident à cette époque, il était alors Haut-commissaire de la Société des nations (SDN) dans la ville libre de Dantzig (de 1937 à 1945) :
« Tout ce qu’il entreprenait était tourné contre la Russie. Si l’Occident [c’est-à-dire les Français et les Britanniques] était trop stupide et aveugle pour le comprendre, il serait forcé d’en arriver à un compromis avec les Russes, de se tourner vers l’Occident et de le vaincre, puis de faire demi-tour avec toutes ses forces armées pour asséner un coup à l’Union soviétique. »
(Voir le site: solidaire.org ou legrandsoir.info dans un article paru les 5 et 8 mai 2015, sous la plume de l’historien belgo-canadien Jacques R. Pauwels). Il est produit à l’occasion du 70e anniversaire de la victoire de 1945.
Entièrement motorisée en terre conquise, la Wehrmacht et la Luftwaffe allemandes remportèrent des victoires les unes plus spectaculaires que les autres : Tchécoslovaquie (mars 1939), Pologne (septembre 1939), Danemark (avril 1940), Norvège (avril 1940), Belgique (mai 1940), Pays-Bas (mai 1940), Luxembourg (mai 1940), France (mai 1940), Yougoslavie (avril 1941), Grèce (avril 1941). L’Angleterre, elle, n’a pas été vaincue ; elle échappa au triste sort hitlérien réservé à ses homologues grâce à l’Empire du Japon tout à fait irrationnel qui mit en danger la stratégie de guerre d’Hitler, lorsqu’il se hasarda d’attaquer Hawaii/Pearl Harbor le 7 décembre 1941, un territoire américain dans le Pacifique. En tant que puissance de l’axe fasciste, le Japon par son geste irraisonné força l’Amérique à entrer en guerre le 11 décembre de la même année alors qu’elle se confina jusque-là dans une sorte de neutralité suspecte. C’est ainsi que la Grande-Bretagne pouvait respirer : en bon créole « Pami diri ti wòch goute grès ». Telle était la nature phénoménale des plans d’Hitler, dans le cadre sa guerre anticommuniste.
Mais alors, en relation à la dynamique newtonienne action-réaction à la proportionnelle, il s’est passé quelque chose dans la plaine de Russie à quelques encablures de Moscou le 5 décembre 1941, qui laissa un goût âcre dans la fine bouche de l’Occident réuni et uni derrière le sauveur fasciste, le Führer Adolf Hitler. C’est-à-dire la guerre éclair fut contrainte de reculer aux portes même de Moscou par un acte défensif sublime d’héroïsme de la part de l’armée rouge, malgré les pertes cataclysmiques qu’elle a subies pendant les premiers 6 mois de l’invasion allemande. Suivirent subséquemment les contre-attaques soviétiques sur toutes les lignes de front jusqu’à la grande bataille de Stalingrad (septembre 1942 – février 1943) qui scella irréversiblement la défaite de la Wehrmacht. (L’auteur allait dire que le reste est connu, mais c’est plutôt la propagande qui est connue; pas forcément la représentation exacte du dénouement du conflit, ou les conditions dans lesquelles l’issue de la guerre a été rendue possible. Dont la marée anticommuniste connaît mieux quiconque, mais les ont tués dans sa production).
Dans la troisième partie qui referme la présente série, nos conclusions porteront sur le système de pensée dogmatique qui sert de sève vivifiante pour la propagande en tant que telle. Clergé catholique et clergé protestant, créateurs (poésie, lettres, art, philosophie, littérature, etc.), intellectuels pro-capitalistes, hagiographes ou historiens partiaux et scientifiques discursifs sont tous des âmes ingénieuses dont les œuvres sont essentiellement produites dans le but ultime d’asseoir et de perpétuer l’idéologie dominante, ou le discours bourgeois dominant.
À suivre…
Jean-Marie Beaudouin ; Janvier 2019 ; coifopcha@yahoo.fr




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