(Troisième partie et fin)
Par Jean-Marie Beaudouin
La Seconde Guerre mondiale:

(Troisième partie et fin)
Par Jean-Marie Beaudouin
La Seconde Guerre mondiale:
Son issue occultée (suite…)
Conclusion:
Confiscation de la vérité historique au moyen de la propagande
Tout ce qui vient d’être exposé n’est pas nouveau, sinon que la présente rubrique retrace certains faits historiques bien connus des historiennes et des historiens contemporains qui, pour les besoins de la cause, les occultent avec une savante texture littéraire destinée à la consommation de l’opinion captive. La différence est à chercher dans l’approche analytique avec laquelle votre fidèle serviteur présente les faits à partir de ses recherches comparées. Par exemple: les soutiens de toute nature des Occidentaux à la citadelle d’Hitler n’apparaissent pas dans les textes de propagande, de désinformation et d’intoxication, dont leurs auteurs sont à la porte bonifiés et immunisés de toute souillure ou imperfection par la grande presse bourgeoise comme par les éditeurs qui privilégient toujours l’appât du gain au détriment de l’intérêt scientifique. Sans lesquels [soutiens] Hitler eût été tout au plus un leader allemand qui s’occuperait des affaires internes d’Allemagne; et la boucherie hitlérienne eut été également une fiction des charcuteries modernes où l’on « depatcha » ou découpe la viande des animaux pour être commercialisée, mais jamais les unités humaines vivantes ou mortes. La morale humaine interdit de telles monstruosités.
Pourtant, le laxisme et la politique du « laisser-faire » des gouvernements d’Occident avaient permis au bourreau Hitler d’exercer son indicible cruauté et, en temps réel, de transformer le sol européen en une vaste charcuterie où l’on abattait et découpait des humains minute par minute, heure par heure, jour par jour, année par année pendant toute la durée de la guerre fasciste. Les camps d’extermination de l’Allemagne et de la Pologne en sont l’illustration physique des réalités poignantes de l’époque. Encore que cette opération d’abattage humain se serait poursuivie dans la durée si l’armée rouge n’avait pas défait les armées fascistes allemandes, car le Lebensraum, biologique d’Hitler, prévoyait l’extermination des peuples conquis et commencerait tout de suite après le processus de repeuplement par le prototype envisagé et assumé: un être géant, blond, aux yeux bleus.
Toute cette politique conspirationniste, cette boucherie grandeur nature eut lieu au nom de l’anticommunisme militant: la haine contre ce que l’on n’aime pas n’a pas de prix. On s’était laissé dire que le temps des vêpres papales lors des interminables croisades et la période des quatre siècles consécutifs de dépeçage de la race noire par le colonialisme occidental étaient révolus. Mais on s’était bêtement trompé sur la nature de la morale bourgeoise qui se définit en la richesse bien ou mal acquise, le capital et la passion féroce du lucre. De telle sorte que les critères de bonne vie et mœurs qui comprennent entre autres la vertu, la dignité, le talent, etc. ne prévalent point dans la société bourgeoise telle que vécue dans le monde moderne, dans l’ère industrielle pour ainsi dire.
Aussi étrange que cela paraisse, la modernité contemporaine apporte beaucoup plus de cadavres que les périodes antiquité & féodalité réunies; il semble même que l’humanité ne puisse se passer des crimes, des cruautés, des massacres et des génocides. Guerre classique, guerre coloniale, guerre ethnique-ethnocide, guerre de classes, guerre impérialiste sont la norme: il va sans dire que la notion de cohérence se manifeste ou s’observe uniquement dans la guerre chez la bourgeoisie dominante. (+ Les catastrophes naturelles dont l’immensité des cadavres qu’elles entraînent derrière elles est souvent causale du sous-développement dans lequel vivent les trois quarts de la population mondiale).Quand la voix des sans voix parle, la bourgeoisie a l’écume à la bouche et sa colère irrationnelle se transforme bientôt en férocité, suivie de la guerre au nom du capital. Guerre + cadavres + victimes sanitaires forment dans leur ensemble le couple le plus cohérent que la bourgeoisie ait exercé avec fidélité & résilience. Qui plus est, on ne s’en soucie guère; comme si cette horrible politique était normale.
Tant que la plus-value sera au cœur de l’économie de marché, la pauvreté sera toujours présente au sein de la société bourgeoise. Parce que la plus-value s’accumulant fait la richesse du patronat: cependant, l’on sait que ce profit est sans doute l’œuvre de l’ouvrier qui a effectué son travail jusqu’au produit fini. Mais comment est-ce possible que le produit fini génère de considérables dividendes qui vont aux seules mains du détenteur des capitaux, et que le producteur final (l’ouvrier) n’en reçoive ou n’en perçoive que son maigre salaire ne suffisant même pas pour renouveler sa force de travail? Parce que l’exploitation est également au cœur de l’économie capitaliste, et la voix des sans voix est longtemps enchaînée dans sa propre forteresse par la propagande bourgeoise.Et la susdite économie d’exception ne reconnaît que des devoirs dans son système.
Qu’on parte de l’ancien temps, qu’on parte de la modernité actuelle, il n’existe pas d’armée qui puisse se maintenir sur plusieurs fronts de guerre et gagner en même temps. La science militaire, dans ses théories modernes, n’a pas encore prévu un tel exploit, lequel reste une quête à atteindre. Même dans une guerre qui oppose deux groupes d’armées différentes aux intérêts foncièrement divergents, la victoire n’est pas toujours acquise ni pour l’un ni pour l’autre. Il dépendra de la monture ou de la carrure qui incarne chacune des armées qui composent les deux groupes militaires hétérogènes ou opposés, + la valeur de l’architecture politique qui les coiffe. Et, en dépit de la réunion de ces facteurs cognitifs et matériels, il faut quand même tenir compte d’un éventuel retournement de la situation qui peut se traduire par une insurrection en pleine opération de guerre: comme ce fut le cas dans ce que les impérialistes appellent la « Première Guerre » où Lénine, rentré d’exil en avril 1917 dans une Russie déjà déficitaire dans la 1re Guerre mondiale (1914 – 1918), prononça le mot d’ordre historique qui allait marquer la rupture avec les modèles passéistes. « Paix immédiate, la terre aux paysans et le pouvoir aux soviets. », dixit le brillantissime avocat que fut Lénine, qui deviendra le leader emblématique de la Révolution prolétarienne russe.
On peut déjà entrevoir qu’en ce lieu de l’exercice de la pensée critique, le raisonnement logique est la meilleure denrée qui soutienne les faits avancés dans leur contexte propre et suppose forcément la mise en perspective afin d’étayer l’idée pour laquelle on souscrit. C’est-à-dire on donne au consommateur universel la possibilité de s’orienter, et même de recourir à des lectures comparatives en vue de sonder la validité du produit. Tandis que, à l’inverse, la propagande élude, dénature, caricature et déverse ses flots de boniments dans un océan de fiction de nature à dérouter la conscience de l’individu jusqu’à la capturer, comme son but ultime recherché.
Mais cela n’a pas d’importance, car les racines de la propagande sont tellement profondes et fédératrices que même les esprits les plus avertis y croient. On ne fait pas assez attention à l’idée que la notion de dogme, telle que nous la connaissons, a longtemps pris une valeur de vérité absolue qu'on ne peut ni contredire ni remettre en cause. Bien que la science contemporaine n’ait pas encore atteint ce haut niveau de perfection, il semble pourtant qu’on s’y conforme même si cette attitude pourrait s’avérer dangereuse.On dirait une scène de théâtre où victimaire et victime s’autodétruisent! Ladite notion de dogme est une invention de l’Église; elle constitue pour elle le vivrier de sa base sociale, puisque la religion d’État est essentiellement fondée sur des dogmes non prouvés. On est donc passé de dogmes religieux aux dogmes politiques et économiques. Et la propagande les relaie en boucle jusqu’à ce qu’ils deviennent la norme générale admise; mais si on les questionne, ebyen men ou, men lakwa w. Bien des disparus l’ont été pour avoir eu le courage de leurs paroles intellectuelles.
En tout cas, à l’aube du IXe siècle, Dessalines avait bien compris que son armée ne pouvait pas livrer bataille sur deux fronts simultanément face à une armée expéditionnaire techniquement et numériquement plus forte. C’eût été hasarder sa propre stratégie finale. Aussi rendit-il visite personnellement chez Pétion qui était déjà en retournement de situation, c’est-à-dire il avait tourné le dos au camp français à cause des cruautés monstrueuses commises contre la population civile par l’armée expéditionnaire napoléonienne.
Dessalines et Pétion s’entendirent pour faire l’union (Congrès de l’Arcahaie, mai 1803), et, au terme de l’entrevue, le commandant en chef l’éleva au grade de général. Ainsi, l’apaisement du Sud devint possible et la rencontre historique au camp-Gérard/Geffrard eut lieu le 5 juillet 1803. Qui ne connaît pas que le Midi de l’île était réputé pour ses tendances schismatiques/dissidentes, souvent violentes? En fin de compte, Dessalines l’a remportée, cette guerre criminelle imaginée et orchestrée par le Premier Consul Napoléon Bonaparte.
D’un coup de génie, le général en chef de l’armée indigène fit frayer un passage à travers les lianes enchevêtrées, les cactus et les rosiers armés d’épines ainsi que les roches sédimentaires escarpées. Ce passage inventif débouche à l’arrière du fort Vertières dans le voisinage du Cap-Haïtien, ci-devant Cap-Français: Nonobstant l’héroïsme des soldats indigènes, l’effet de surprise a été déterminant dans la défaite des Français sous le soleil tropical de Dessalines. De quel droit l’Haïtien doit-il accepter le traitement innommable dont Dessalines est l’objet dans la littérature haïtienne, alors qu’il a lui-même forgé Haïti et donné la qualité de citoyen à son peuple?
Nous avons voulu dire qu’Adolf Hitler n’était pas seul dans sa politique d’expansion germanique, comme dans sa politique de l’Est où se trouve la cible principale: la Russie soviétique, le bastion de la révolution prolétarienne. La guerre fasciste était parfaitement évitable, mais l’Occident capitaliste l’avait plutôt rendue inévitable par son addiction au lucre et son anticommunisme bien primaire.Quoique provenant d’un anticommuniste d’âme et d’esprit,Winston Churchill lâcha cette phrase suivante comme pour fouetter l’orgueil de ses collègues occidentaux qui venaient de parapher les funestes Accords de Munich: « Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre», dixit Churchill le 21 novembre 1938 dans une intervention rapportée par la presse de l’époque. Il sera nommé Premier ministre le 10 mai 1940.
Sa prophétie va bientôt se réaliser:notamment la France qui tombe le 22 juin 1940 comme une feuille morte, avec la complicité du couple fasciste Pétain-Laval.Elle reste sous les bottes allemandes jusqu’en été 1944. Les États-Unis, de leur côté, avaient subi de lourdes pertes au niveau de sa marine marchande, dont des centaines de bateaux furent coulés dans les eaux américaines par les U-Boots (sous-marins allemands). Cet épisode de la guerre était bien tu dans l’opinion publique étasunienne, alors qu’on passait en boucle dans les radios et télés l’attaque de Pearl Harbor. Les Britanniques avaient également reçu leurs bombes hitlériennes, mais ils s’étaient défendu bec et ongles par rapport aux voisins français qui restèrent bien minorés et timorés.
Voyons maintenant la valeur historique de l’idée générale selon laquelle le débarquement des Alliés le 6 juin 1944 en Normandie marqua un tournant décisif dans la guerre.Une affirmation sans pertinence. Si nous partons de l’idée que la guerre fut la guerre du fasciste Hitler, que les invasions et occupations à l’Ouest de l’Europe le furent pour assurer ses arrières en caoutchouc, en pétrole, en fioul, et autres. Et, dans ses desseins politiques comme dans ses plans de guerre, la Russie soviétique est l’ennemi à abattre coûte que coûte. Il convient donc d’admettre que, pour Hitler, la guerre commence réellement quand l’ennemi commun sera attaqué sur son propre sol.Le 22 juin 1941, l’« Opération Barbarossa » est opérationnelle et a pour théâtre les territoires sensibles et stratégiques du pays de la Révolution bolchévique, notamment Moscou, Léningrad, Stalingrad, etc.
Depuis cette date charnière de la guerre contre le communisme prolétarien, la Russie est en mode « defalka »oubyen« dekonstonbre »pou rive jis nan mwadesanm, où elle commence à affirmer sa capacité défensive et offensive.S’ouvre ainsi la période cruciale des grandes batailles au cours desquelles va se jouer l’avenir de la civilisation slave potentiellement menacée de génocide-ethnocide. (Jean-Paul II dont la sainte lutte anticommuniste eût été une fiction si Hitler avait gagné; il aurait été tout au plus esclave aux champs. Le Führer avait prévu une armée de réserve de cent millions de Slaves qu’il rendrait esclaves dans les nouvelles colonies allemandes. (C’est-à-dire la guerre d’extermination des Slaves devait épargner une portion pour les besoins de la cause fasciste-nazie). Notamment la bataille de Moscou qui vit l’armée fasciste allemande stopper pour ne plus y revenir; la bataille de Stalingrad qui s’est soldée par la défaite massive de la Wehrmacht, et la bataille de Berlin qui achève la guerre fasciste-anticommuniste par la reddition sans condition signée entre Wilhelm Keitel en sa qualité de commandant suprême des forces armées allemandes et Gueorgui Joukov, commandant suprême de l’armée rouge. Ce fait d’armes eut lieu le 9 mai 1945 à 01h01, heure de Moscou d’après les archives d’époque. Date retenue par le pays de la Révolution qu’il baptise « Jour de la victoire » opposée à celle des Alliés: 8 mai 1945.
Du 22 juin 1941 au 9 mai 1945, les peuples de l’Union soviétique restèrent debout dans la guerre impérialiste instrumentalisée et dirigée contre eux pendant mille quatre cent trente-trois jours (1433j) de combats jour et nuit. Joseph Staline dirigea les débats à l’interne et les domina au niveau mondial, dont le talent et la perspicacité restent sans égal dans l’histoire contemporaine. Du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, les Alliés ont guerroyé pendant trois cent trente-six (336j). Bilan: la guerre fasciste enleva à l’Union soviétique plus de 25 millions de ses enfants. L’Allemagne en perdit aux alentours de 7 millions. La Yougoslavie, 1 million. En France, 650 000 Françaises et Français y ont péri. Angleterre, 450 000 de ses concitoyens ont été tués. Et les États-Unis, 300 000. Et le bilan global de la guerre criminelle s’élève à plus de 60 millions de victimes, selon des sources occidentales.
Il est de notoriété publique bourgeoise que l’Occident est la seule civilisation qui produise les meilleurs talents dans tous les domaines de la vie humaine, que les autres entités ethniques contributrices ne sont ni consistantes ni crédibles. Il arrive même que certains éléments de la Corporation occidentale qui écrivent indépendamment et différemment de l’affirmation universelle soient tout simplement désapprouvés et marginalisés par la propagande médiatique, qui est une constante assumée dans la société bourgeoise moderne. En quoi consiste-t-elle [propagande] et quel est véritablement son but? Réponse: séduction & réduction, dénaturation & falsification de la vérité que l’on croit être conforme à la réalité, aux récits et aux faits. Le but de la propagande bourgeoise vise à inoculer des mensonges et des fables comme un vaccin dans la conscience du genre humain, lequel aurait alors besoin de beaucoup de recul avant de se détromper des fortes manipulations dont il a été victime. Et l’effet aurait déjà fait ses incroyables ravages. Dogmes et axiomes, présentés sous forme de vulgate, sont incroyablement plus efficaces que la science dans ses progrès réunis. Incroyable mais vrai dans la civilisation actuelle.
Si, dans la présente série d’articles, l’auteur a tenté de replacer la Guerre mondiale (Seconde) dans son contexte historique propre et présenté les hauts faits d’armes qui l’ont marquée, il n’en demeure pas moins que la vulgate affirme que la bataille d’El Alamein/Égypte est considérée comme le point culminant, voire le dénouement de la guerre elle-même. Cette bataille se déroula sur le théâtre désertique libyen voisin d’Égypte et elle opposa les Alliés à l’Afrika Korps, armée expéditionnaire allemande commandée par le général Erwin Rommel (15 novembre 1891 – 14 octobre 1944). Elle dura 11 jours, du 23 octobre au 4 novembre 1942. Le général britannique Bernard Montgomery (17 novembre 1887 – 24 mars 1976) vainquit son adversaire du moment, le Renard du désert.Pourtant, la bataille de Stalingrad, dont la plupart des chercheurs indépendants considèrent comme la clef de voûte du conflit mondial, dura 200 jours et nuits (du 17 juillet 1942 au 4 février 1943). Et les pertes soviétiques et allemandes avoisinent les 800 000 victimes, alors qu’à El-Alamein elles sont dans l’ordre de 50 000.
Il ne reste donc à votre fidèle serviteur qu’à suggérer à la jeunesse haïtienne de toute catégorie sociale de prêter une grande attention à ce qu’elle lit et entend, car la faction des historiens officiels-partiaux est également présente en Haïti depuis le coup d’État du 17 octobre 1806. Tous les indicateurs littéraires et intellectuels montrent que ladite faction n’était pas satisfaite de l’assassinat physique de Dessalines, qu’il fallait aussi le continuer sur le plan moral afin qu’il soit complet. Aucune rupture avec la littérature traditionnelle n’est observée jusqu’à présent.
Jean-Marie Beaudouin
Janvier 2019;coifopcha@yahoo.fr




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