19 heures. Une petite foule qui fréquente souvent les locaux de l’IFH s’amène pour l’exposition « Fanm » de Pascale Faublas, qui est une artiste haïtienne qui travaille et vit en Haïti. Des œuvres éclairantes présentées ici à titre indicatif sur la vie de nos aïeules. Une exposition qui a pour ambition de magnifier des figures féminines célèbres ou anonymes à travers le regard de l’art contemporain. Le travail de l’artiste, qui se situe généralement à mi-chemin entre l’artisanat et la création plastique contemporaine, est la première partie d’une série consacrée à la féminité. Sa peinture vivante et en action attire le regard et nous plonge dans une démarche artistique où se mêlent l’imagination et la fidélité aux éléments fournis par la réalité extérieure. Un questionnement sur le statut de la créatrice depuis la simple maîtrise de la technique picturale jusqu’à la femme artiste.

L’esprit créateur de la peintre, qui avait déjà réalisé une première exposition individuelle en 1992, explore un sujet de plus en plus d’actualité dans les discussions. Une analyse de l’histoire féminine à travers le prisme de plusieurs archétypes de femmes. Pour celle qui a tourné dans le film Ayiti mon amour de Getty Félin en 2016, cette série de créations aborde des attributs féminins ancrés dans notre culture. « Parler de la problématique de Fanm me semble infinie », a affirmé Pascale Faublas, avant de souligner que cette exposition se nourrit dans des dictons et des proverbes haïtiens qui font mention de la femme. Il s’agit non seulement de donner la parole à ces femmes de l’ombre, mais aussi leur offrir un espace de liberté posthume. « Je ne fais pas des portraits réalistes de femmes »,a-t-elle renchéri avant de préciser qu’elle voulait dans sa création communiquer l’émotion féminine, celle qui accompagne les femmes en général dans notre société et dans le monde. « Voilà pourquoi je parle par exemple d’Ève dans la culture judéo-chrétienne, et dans la nôtre de Fréda, de Fanm Pa Dra, de Fanm se Potomitan et de Fanm pa lavyèj. » Une mise en scène de récits mémoriels de femmes religieuses, contestataires, parfois radicales, souvent courageuses.