Nous sommes le 14 mai 2019. Le Sénat, dans son infinie créativité, a produit un des piteux spectacles dont seul le Parlement a le secret. L’exécutif a été incapable de promulguer un décret décent pour nommer le futur gouvernement. Le dollar américain vaut plus de 90 gourdes pour les montants conséquents. La Banque mondiale insère le pays dans une nouvelle classification regroupant des pays dits fragiles, en conflit et violents. Les Américains nous maintiennent en catégories 4 et K. Aucun Haïtien n’estime que demain sera meilleur qu’hier. Quel mardi !

En 1992, l’historien Roger Gaillard a publié « La déroute de l’intelligence ». L’ouvrage traite sur 280 pages d’une courte période, de mai à juillet de l’année 1902, qui voit le général Nord Alexis terrasser l’intellectuel Anténor Firmin dans une lutte sans merci pour le pouvoir. Sous la plume du professeur Gaillard, tout est étalé : nos turbulences incessantes, le poids des agents de ce qui s’appellera plus tard la communauté internationale, la prévarication comme système, les alliances contre-nature et la fourberie. On peut sans peine reprendre le titre et parler d’aujourd’hui.