En passant en revue les deux séances de présentation de politique générale du Premier ministre Lapin avortées au Sénat de la République, le président du Grand Corps, Carl Murat Cantave, n’écarte pas la possibilité que le Sénat soit fermé pour restructuration si aucun accord n’est trouvé entre les 4 sénateurs de l’opposition et le pouvoir sur ce dossier brûlant de l’actualité. En qualité d’invité du jour de Radio Vision 2000 lundi matin, le sénateur Cantave est allé droit au but : trouver un accord entre les protagonistes ou utiliser la force avant de fixer une date pour la troisième présentation du Premier ministre au Sénat en compagnie de son cabinet ministériel. De son côté, le groupe des 4 sénateurs reste ferme sur ses positions.
De Louis Noisin à Joseph Lambert, aucun président du Sénat n’avait tenté d’utiliser les forces de police pour organiser une séance au sein de la Chambre haute. Pendant les moments les plus sombres du coup d’Etat de 1991, quand deux groupes politiques revendiquaient le bureau en février 1993, aucun des deux présidents, en l’occurrence Thomas Eddy Dupiton de l’Alliance pour la cohésion parlementaire et Firmin Jean-Louis du Bloc constitutionnaliste, n’avait fait appel aux forces de police pour organiser une séance. Cette position exprimée par le sénateur Carl Murat Cantave montre sa méconnaissance du fonctionnement de l’institution parlementaire, de son histoire et des moyens permettant de résoudre les conflits. Incapable d’utiliser le règlement intérieur qui définit le comportement d’un sénateur en séance plénière et en commission, le président du Sénat se rabat sur l’usage de la force.





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