Parmi les intervenants de la première journée de cette conférence, le Dr Willy Lubin, vice-procureur à Nîmes en France et ex-directeur de l’Ecole de la magistrature de Port-au-Prince, a rectifié pour l’assistance qu’il n’existe pas un dossier PetroCaribe mais une affaire politique PetroCaribe. « Traiter PetroCaribe comme un dossier unique est la meilleure façon d’étouffer et d’enterrer cette affaire», estime le Dr Lubin. Élargissant le cadre technique de son approche, le procureur a rappelé que PetroCaribe est une affaire à deux dimensions : une branche politique et une branche judiciaire. Pour créer les conditions favorables à un procès, il faut d’abord une volonté politique avant d’arriver à une procédure judiciaire. Mettant l’accent sur le système judiciaire haïtien qu’il qualifie de complètement défaillant, le Dr Willy Lubin a rappelé que la corruption a un lien étroit avec le système judiciaire, « Comment peut-on demander à un seul juge de fournir des informations sur un dossier aussi complexe impliquant six gouvernements et quatre chefs d’État ? », s’est-il interrogé.

Selon le Dr Willy Lubin, le système judiciaire haïtien n’est non seulement pas en mesure de traiter cette affaire, mais aussi le deuxième rapport qui a traité 77% du dossier que la Cour des comptes et du contentieux administratifs a publié récemment n’est pas une procédure. « Pour réaliser un procès, il faut une procédure », souligne-t-il.