En Haïti, un dossier chasse un autre. Depuis deux semaines, Arnel Joseph est le nom à la mode dans les médias. Il a volé la vedette au Premier ministre nommé Fritz William Michel. Et depuis l’arrestation du chef de gang le plus recherché du pays, les langues se délient. Des noms sont cités, des soupçons éveillés ou (r)éveillés. Des parlementaires qui seraient de connivence avec l’ancien chef de terreur de Village de Dieu sont dans le collimateur de la police judiciaire. Le sénateur Garcia Delva est pointé du doigt pour son implication présumée dans des actes d’enlèvement. Il a anticipé une éventuelle action judiciaire en annonçant son indisponibilité à continuer à siéger en tant que vice-questeur du bureau du Sénat de la République, comme l’avait souhaité son collègue Patrice Dumont. Et après ? Laissons le temps au temps.

On peut compter sur les doigts de la main les enquêtes sur les dossiers sensibles qui ont abouti. Quand la police a fini souvent par faire son travail, la justice ne fait pas le sien. Et quand cette justice décide de poursuivre, des vices de procédure ou d’autres erreurs produites parfois à dessein se dressent comme obstacles.