« En raison des exonérations, de la contrebande voulue, du choix de ne pas réformer l’Électricité d’Haïti (EDH) et de la subvention des produits pétroliers, le pays perd annuellement plus de 990 millions de dollars américains », soutient l’économiste Enomy Germain dans son ouvrage intitulé « Pourquoi Haïti peut réussir ?» paru cette année chez C3 Éditions. Il s’agit d’une évaluation qui, d’après l’auteur, est loin d’être exhaustive puisque, dit-il, les pertes de l’État sont beaucoup plus importantes. Il y a d’autres pertes qu’il n’arrive pas à documenter. L’économiste a effectué cet exercice qui consiste à chiffrer les pertes du pays en essayant d’apporter une réponse à cette question: « Combien d’argent pour sauver Haïti ? »
Enomy Germain a fait le point sur les pertes fiscales et douanières qui résultent de la faible pression fiscale que connaît le pays. La pression fiscale gravite autour de 13% ces dernières années en Haïti, pourtant la moyenne régionale est de 22,8%. L’économiste évoque deux facteurs pour expliquer cette faiblesse au niveau de la pression fiscale : les exonérations fiscales et douanières et la contrebande. « De 2012 à 2018, le pays a concédé des droits totalisant 63,5 milliards de gourdes, soit plus de 750 millions de dollars américains (taux indicatif, avril 2019), d’après les données du MEF… Suivant les données de la Banque mondiale, Haïti a perdu, entre autres, 14% des recettes d’impôts perçues sur la frontière en raison d’exonérations. Annuellement, la contrebande entraîne un manque à gagner pour le Trésor public estimé à 500 millions de dollars américains », lit-on dans l’ouvrage.






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