« Ferme les yeux, ouvre la bouche, avale » publié en 2017 peut être considéré comme un réquisitoire face à tous les fléaux qui encombrent une couche de la population mondiale qui vit dans la crasse, l’indignité, l’opprobre, les déceptions, la mendicité, l’incertitude et des formes de prostitutions les unes plus infamantes que les autres. Avec des sous-titres cinglants, Frédéric Boisrond affirme son intronisation dans la sociologie de l’action en mettant le cap sur des inconduites macabres d’une élite en faillite. Paradoxalement, cette élite mène une politique de dérision, de mépris des droits humains et un flot d’outrances volontaires au nom des plus démunis.

Des sujets traités dans ce texte, on retiendra les percutantes réflexions autour des conflits d’intérêts entre les grandes puissances géopolitiques, l’obscurantisme des puissances religieuses, la monarchie absolue du droit divin, la monarchie démocratique sans oublier la démocratie par les armes qui rappellent les précautions d’usage des abêtis. Ces derniers, d’après l’auteur, façonnent leur fonds de commerce sur la misère, la pauvreté et l’humiliation des autres. Dans ce manifeste, Frédéric Boisrond présente un énoncé de principe instructif et une parole méthodique livrée avec sarcasme, ironie et humour. Grâce au style d’écriture lapidaire, satirique et incisif, sans détour, le sociologue analyse les faits et prend ouvertement position en identifiant les complices et les créateurs de la douleur humaine.