Ces derniers jours, des familles du Bel-Air et des quartiers avoisinants ont dû se réfugier dans des stations-service ou sur des places publiques pour échapper à la fureur des bandits armés. La seule faute commise par ces familles est celle d’habiter des quartiers populaires où des chefs de gangs font la loi. Quand ils le souhaitent. 15 personnes sont mortes et plusieurs autres blessées dans les attaques armées, selon un bilan du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). 21 maisons et 11 véhicules ont aussi été incendiés. Le nommé Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », est pointé du doigt dans ces attaques. Son nom avait déjà été cité dans le massacre de La Saline. Ici, les suspects, supportés par des gros bras politiques, sont rarement inquiétés. Ce ne sont pas les autorités judiciaires qui diront le contraire.

Bien avant ces attaques au Bel-Air, il y a eu les morts de Grand-Ravine, de La Saline, de Village-de-Dieu. Il y a évidemment ceux dont on ne parle pas. Des morts parfois que l’on côtoie au centre-ville, sur les immondices et un peu partout. Les morts de tous les jours, les morts invisibles. Comme le décès rapporté au journal d’une femme enceinte aux Cayes. Elle s'en est allée à bord de l’ambulance qui la transportait à l’hôpital. Des protestataires ont catégoriquement interdit le passage à l’ambulance. Des infirmières qui accompagnaient la victime ont tout tenté, mais en vain. La femme est morte, ainsi que les deux enfants qu’elle portait. Si elle avait eu le choix, cette femme n'aurait pas choisi un tel destin. Elle aurait refusé cette mort cruelle. Des cas similaires existent sûrement. On va déplorer, personne ne sera puni, la vie continue.