Nos enfants  – pas tous  –  ont repris le chemin de l’école. Sans uniforme, la peur au ventre, ils se sont retrouvés après plus de deux mois de « peyi lòk » dans leurs établissements, heureux de goûter à un peu de liberté. Ils ont remis le pied à l’étrier pour donner corps au rêve de la mobilité sociale via l’éducation caressée par leurs parents.

Nos enfants, beaucoup de nos enfants, ceux des quartiers  achetés argent comptant par les gangs armés, des brutes instrumentalisées par des politiques, sont restés chez eux. Il y aussi ceux dont les parents sont trop pauvres pour payer les frais d’écolage ici où l’offre scolaire publique, en deçà de 30 %, n’en finit pas de souligner le caractère délinquant de l’État et l’indifférence scandaleuse de couches aisées et moins aisées de la société qui acceptent qu’il y ait une « république » et plusieurs écoles, qui ne se battent pas pour garantir le droit à l’éducation de qualité pour tous les enfants.