Devant un public chaleureux et compatissant à tour de rôle, l’invitée spéciale Marcna Andy Pierre, fondatrice de Demwazèl Haïti, a touché en plein dans le mille de cette première causerie.  A travers son histoire inspirante, elle s’est adressée à une assistance diversifiée et constituée de plusieurs dizaines de personnes émues et faisant preuve d’altruisme.

Le sujet commenté, à la fois perspicace et percutant, laissait sans voix l’assemblée majoritairement composée de jeunes femmes. « Tomber enceinte prématurément pour finalement accoucher d'un bébé mort-né. Comment avancer malgré les séquelles ? » Chez nous les haïtiens, le mot « séquelles » évoque des souvenirs liés à notre passé colonial. On parle toujours des traumatismes que vivent au quotidien l’ensemble de cette population à cause de notre histoire construite à partir de l’esclavage. Mais aujourd’hui, une équipe de onze jeunes femmes de vingt-deux à vingt-cinq ans se sont réappropriées de ce terme dans une dimension esthétique pour se libérer de leur handicap et des violences subies sur le plan psychique.