Dans un regard rétrospectif de l’évolution des conditions de vie de la population haïtienne, les faits socioéconomiques du pays prouvent sans l’ombre d’un doute qu’elles étaient caractérisées par une instabilité politique récurrente exceptionnelle notamment avec le slogan « pays lock ». Cette situation spontanée a paralysé littéralement l’ensemble des activités sociales et économiques du pays. Du reste, quand on tient compte de l’évolution des indices de pauvreté et macroéconomiques du pays, nous pouvons constater qu’ils étaient tous en rouge. Ajouter à cela, le phénomène de kidnapping a empêché la libre circulation des personnes et des marchandises à travers le pays.
Par conséquent, les institutions haïtiennes étaient inaptes à assurer les fonctions traditionnelles assignées à l’État wébérien, notamment le contrôle du territoire national, la production de services de base aux populations (eau, éducation, santé, etc.) ce qui a ancré une crise de non-confiance chez la population à l’encontre de ces dirigeants. La situation dans laquelle nous vivons avec le COVID-19, nécessite un État puissant et légitime capable de faire preuve d’autorité, de réagir efficacement pour protéger sa population face à cette guerre qualifiée « d’ennemie invisible ».
Nombreux gouvernements sont obligés de confiner leur pays pour limiter la propagation de cette pandémie. Une action qui demande un État responsable, digne de confiance et capable de faire preuve d’autorité. En revanche, là où il n’existe pas de chefs, l’autorité, en effet est inexercée. Mais là où de mauvais chefs l’exercent, alors c’est l’autorité qui est corrompue (Garro, 2012). Du coup, la gestion de cette crise par le gouvernement haïtien revient à construire des ponts et des autoroutes sur un trajet où de nombreux accidents ont lieu. Au demeurant, le non-respect du confinement par la population haïtienne n’est pas une chose hasardeuse,en tenant compte d’un État qui n’oriente jamais la société haïtienne vers des finalités correspondant globalement à son bien, et incapable d’apporter au corps social sa cohésion, son unité, sa paix relative. Du coup, l’ État haïtien est devenu un étranger dans le corps social, par ses mœurs et sa psychologie corruptible qui l’ont dépouillé de toute capacité d’exercer son autorité sur la population. Dans leur rationalité instrumentale, il essaie d'estimer les coûts économiques du maintien du confinement et les coûts politiques du déconfinement. En tenant compte de nouvelles revendications à huit-clos dans la société haïtienne, le déconfinement sera néfaste pour les dirigeants haïtiens au risque d'apercevoir un très grave désordre social se répandre dans la société. C’est pourquoi, le gouvernement sait parfaitement que le confinement n’est pas respecté ni les mesures barrières, mais ose d’annoncer le prolongement de ce confinement virtuel. Est-ce pour protéger la population haïtienne face à cette pandémie, ou pour éviter toutes formes de manifestations ou soulèvements sociaux qui pourraient faire irruption dans la société pour exiger leur départ ? Pourquoi pas de préférence le rendre effectif ? Du reste, seul le positivisme sédimenté comme forme de pensée peut justifier le confinement dans la société haïtienne qui est/était déjà vulnérable socioéconomiquement tant qu'elle est dirigée par ces dirigeants qualifiés « menteurs par action et par omission » qui cherchent à maintenir par tous les moyens leur pourvoir et craignent que leur pouvoir ne soit remis en cause par des revendications sociales.





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